Tendons du pied · Podologue à Bron, près de Lyon

Tendinite du tibial postérieur : reconnaître, traiter, éviter le pied plat

Une douleur à l'intérieur de la cheville, derrière l'os qui dépasse, et l'impression que votre pied s'affaisse ou tourne vers l'intérieur ? C'est souvent le tendon tibial postérieur qui s'épuise.

  • Sans ordonnance
  • Bilan podologique 70 €
  • Semelles fabriquées au cabinet
Comprendre

Le tendon tibial postérieur, pilier de la voûte plantaire

Le muscle tibial postérieur prend naissance à l'arrière de la jambe, entre le tibia et le péroné. Son tendon descend le long de la face interne de la cheville, passe juste derrière la malléole interne, puis s'insère sous le pied, principalement sur l'os naviculaire.

À chaque pas, il tient la voûte plantaire et empêche la cheville de s'affaisser vers l'intérieur. C'est aussi lui qui « verrouille » le pied quand on se hisse sur la pointe. Son rôle est encore plus sollicité sous charge, comme nous l'avons observé en mesurant la voûte plantaire pendant le squat.

Les soignants parlent de dysfonction du tendon tibial postérieur (DTTP) : le mot désigne toute l'évolution, de la simple tendinite douloureuse à la perte de fonction du tendon. En anglais, on trouve PTTD.

Quand ce tendon s'use, il se détend et soutient moins bien l'arche : le pied s'aplatit, la cheville s'affaisse vers l'intérieur et l'avant-pied s'écarte vers l'extérieur. On parle alors de pied plat acquis de l'adulte, que les chirurgiens appellent depuis 2020 « déformation progressive en effondrement du pied ».

Le test clé

La montée sur la pointe d'un seul pied

C'est le geste qui révèle le mieux un tendon tibial postérieur fatigué. Nous le faisons systématiquement au bilan ; vous pouvez l'observer chez vous, sans forcer.

  1. Se placer

    Debout face à un mur, les mains appuyées pour l'équilibre. Levez le pied sain.

  2. Monter sur la pointe

    Sur le pied douloureux seul, montez le talon le plus haut possible, puis redescendez lentement, plusieurs fois.

  3. Observer

    Normalement, vu de dos, le talon se redresse en montant. Si la montée est douloureuse, impossible, ou si le talon ne se redresse pas, le tendon est probablement en cause.

Autre signe, vu de dos : quand le pied s'est affaissé, on voit dépasser plus d'orteils sur le côté externe du pied atteint que du côté sain. Ce test ne remplace pas un examen : il vous aide à décider de consulter.

Évolution

Les 4 stades de la DTTP, du tendon douloureux au pied déformé

La classification de Johnson et Strom (1989), complétée par Myerson, reste la plus utilisée pour expliquer l'évolution. Ce qui compte le plus pour le traitement : la déformation est-elle absente, souple ou rigide ?

I

Tendon douloureux

Douleur et gonflement le long du tendon, pas de déformation. La montée sur pointe est possible mais douloureuse.

Traitement conservateur, souvent efficace
II

Pied plat souple

Le tendon s'est allongé, la voûte s'affaisse en charge mais se corrige à la main. La montée sur pointe devient difficile.

Traitement conservateur en première intention
III

Pied plat rigide

La déformation ne se corrige plus. Une douleur peut apparaître aussi sur le côté externe de la cheville.

Avis chirurgical le plus souvent
IV

Cheville atteinte

La cheville elle-même s'incline et s'use. C'est le stade le plus avancé, devenu rare quand la prise en charge est précoce.

Relève de la chirurgie

En 2020, un groupe d'experts a proposé un nouveau nom et une nouvelle classification, plus détaillés, car les anciennes n'avaient jamais été validées (Myerson 2020). Pour vous, le message ne change pas : plus on agit tôt, plus on a de chances d'éviter la chirurgie.

Est-ce bien ça ?

Ce qui peut y ressembler

Une douleur de cheville ou de voûte n'est pas toujours le tibial postérieur. Le lieu exact de la douleur oriente.

AffectionCe qui la distingue
Tendinite du tibial antérieurDouleur sur le dessus du pied et de la cheville, à l'avant, pas à l'intérieur.
Pied valgus ou pied plat ancienPied plat depuis toujours, souvent des deux côtés, sans douleur le long du tendon.
Fasciite plantaireDouleur sous le talon, surtout aux premiers pas du matin.
Entorse de cheville ou sinus du tarseDouleur sur le côté externe, après un traumatisme. Au stade III, la tendinite du tibial postérieur peut aussi donner une douleur externe.
Syndrome du canal tarsienFourmillements ou brûlures sous le pied, par irritation d'un nerf à l'intérieur de la cheville.
Fracture de fatigue du naviculaireDouleur sur le dessus du milieu du pied chez le sportif, qui augmente avec l'effort.
Consultez un médecin sans attendre si :
  • la douleur est apparue brutalement, avec une sensation de claquement, et le pied s'est affaissé d'un coup : une rupture du tendon est possible ;
  • vous êtes diabétique et votre pied devient chaud, rouge, gonflé ou se déforme rapidement, même sans douleur : c'est une urgence médicale ;
  • la cheville est rouge, chaude, avec de la fièvre ;
  • vous ne pouvez plus appuyer sur le pied.
Idée reçue

« Ce n'est qu'une tendinite, le repos suffira »

Faux : contrairement à beaucoup de tendinites, celle-ci ne se contente pas de faire mal. Le tendon qui s'épuise laisse la voûte s'affaisser, et la déformation peut s'installer si rien ne soulage le tendon.

Vrai : le repos relatif aide en phase douloureuse. Mais c'est l'association d'un soutien de la voûte, d'exercices de renforcement et d'un chaussage adapté qui donne les meilleurs résultats aux stades précoces.

Au cabinet

Comment nous prenons en charge la tendinite du tibial postérieur

Objectif : soulager le tendon pour qu'il récupère, puis limiter l'affaissement du pied dans la durée. Nous travaillons avec votre médecin et votre kinésithérapeute.

  1. Le bilan

    Examen du pied debout et à la marche, montée sur pointe, souplesse de la déformation, mesure des pressions sous le pied. Le bilan podologique situe le stade et oriente vers le médecin si besoin.

  2. Les semelles

    Semelles orthopédiques sur mesure qui soutiennent la voûte et limitent l'affaissement de la cheville vers l'intérieur, pour décharger le tendon. Thermoformées ou imprimées en 3D, fabriquées au cabinet.

  3. Le chaussage

    Chaussures qui tiennent bien le talon, contrefort ferme, semelle stable, petit talon plutôt que semelle plate. Pas de ballerines ni de tongs pour marcher longtemps.

  4. Le renforcement et le suivi

    Exercices progressifs du tibial postérieur, souvent avec un kinésithérapeute. Contrôle des semelles et de la douleur après quelques semaines. Si la déformation progresse, nous vous orientons vers un médecin pour un avis spécialisé.

Tarifs : bilan podologique 70 € ; semelles de 185 à 200 €, bilan compris, remises lors d'un second rendez-vous, généralement sous 3 à 10 jours. Sur prescription, l'Assurance maladie rembourse au plus 17,31 € la paire adulte : voir le remboursement des semelles et nos tarifs.

Ce que dit la science

  • Chez 47 patients aux stades I et II, un programme associant orthèse et exercices a donné un bon résultat chez 83 % d'entre eux, en une durée médiane de 4 mois ; 11 % ont finalement été opérés (Alvarez 2006).
  • Dans un essai randomisé sur 36 adultes aux stades précoces, semelles et étirements ont amélioré la douleur et la fonction en 12 semaines ; l'ajout d'exercices de renforcement, surtout excentriques, a fait mieux encore (Kulig 2009).
  • Une revue de 4 essais randomisés conclut que les semelles peuvent réduire la douleur aux stades précoces, et que celles qui soutiennent la voûte de façon personnalisée font mieux que des semelles plates ou standard. Les auteurs soulignent le risque de biais des études (Gómez-Jurado 2021).
  • Johnson KA, Strom DE. Tibialis posterior tendon dysfunction. Clin Orthop Relat Res, 1989;(239):196-206. PubMed
  • Alvarez RG, et al. Stage I and II posterior tibial tendon dysfunction treated by a structured nonoperative management protocol: an orthosis and exercise program. Foot Ankle Int, 2006;27(1):2-8. PubMed
  • Kulig K, et al. Nonsurgical management of posterior tibial tendon dysfunction with orthoses and resistive exercise: a randomized controlled trial. Phys Ther, 2009;89(1):26-37. PubMed
  • Myerson MS, et al. Classification and Nomenclature: Progressive Collapsing Foot Deformity. Foot Ankle Int, 2020;41(10):1271-1276. PubMed
  • Gómez-Jurado I, et al. Orthotic treatment for stage I and II posterior tibial tendon dysfunction (flat foot): a systematic review. Clin Rehabil, 2021;35(2):159-168. PubMed
  • Rhim HC, et al. Characteristics and Future Direction of Tibialis Posterior Tendinopathy Research: A Scoping Review. Medicina (Kaunas), 2022;58(12):1858. PubMed
Questions fréquentes

Vos questions sur la tendinite du tibial postérieur

Tendinite ou tendinopathie du tibial postérieur : quelle différence ?
C'est la même affection. « Tendinite » est le mot courant ; les soignants disent « tendinopathie », car le tendon est surtout usé et désorganisé, plus qu'enflammé. On parle aussi de dysfonction du tendon tibial postérieur (DTTP), ou de pied plat acquis de l'adulte quand la voûte s'est affaissée.
Qu'est-ce que la DTTP, la dysfonction du tendon tibial postérieur ?
DTTP signifie dysfonction du tendon tibial postérieur. C'est le terme médical qui englobe toute l'évolution de l'atteinte : d'abord une tendinite douloureuse, puis un tendon qui s'allonge et ne tient plus la voûte, jusqu'au pied plat acquis de l'adulte. On le classe en 4 stades ; aux deux premiers, le traitement par semelles et exercices est proposé en première intention.
Combien de temps dure une tendinite du tibial postérieur ?
Plusieurs mois, le plus souvent. Dans une étude sur 47 patients aux stades précoces, le programme associant orthèse et exercices a duré en médiane 4 mois, avec un bon résultat chez 83 % d'entre eux. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances d'éviter l'affaissement du pied.
Peut-on continuer le sport ?
Tant que le tendon est douloureux à la marche, les sports d'impact (course, sauts) sont à suspendre. Le vélo et la natation sont en général mieux tolérés. La reprise se fait progressivement, avec les semelles, quand la montée sur pointe redevient possible sans douleur.
La tendinite du tibial postérieur peut-elle rendre le pied plat ?
Oui, c'est son principal risque. Aux stades précoces, la déformation est absente ou encore souple, et les semelles aident à la contrôler. Quand elle devient rigide, les semelles seules ne suffisent plus et un avis chirurgical est souvent nécessaire.
Les infiltrations sont-elles utiles ?
C'est une décision médicale, qui revient à votre médecin. Beaucoup de spécialistes évitent les infiltrations de corticoïdes autour de ce tendon, par crainte de fragiliser un tendon déjà abîmé. Notre rôle est la prise en charge mécanique : semelles, chaussage, et lien avec votre médecin et votre kinésithérapeute.
Faut-il faire une IRM ou une échographie ?
Pas toujours : l'examen clinique suffit souvent. Votre médecin prescrit une échographie ou une IRM en cas de doute sur le diagnostic, de suspicion de rupture ou d'aggravation malgré le traitement.
Quelles chaussures porter ?
Des chaussures qui tiennent bien le talon, avec un contrefort ferme, une semelle stable et un petit talon plutôt qu'une semelle totalement plate. Évitez les ballerines, les tongs et les chaussures très souples, surtout pour marcher longtemps.
Les semelles orthopédiques sont-elles remboursées ?
En partie. Sur prescription d'un médecin ou d'un pédicure-podologue, l'Assurance maladie rembourse 60 % d'une base fixée selon la pointure, soit au plus 17,31 € pour une paire adulte. Le reste dépend de votre mutuelle. Au cabinet, les semelles coûtent de 185 à 200 €, bilan compris.

Une douleur à l'intérieur de la cheville ?

Plus la tendinite du tibial postérieur est prise tôt, plus on a de chances de garder un pied bien soutenu. Un bilan au cabinet, à Bron, permet de situer le stade et d'agir.

Cette page informe sur la tendinite du tibial postérieur et ne remplace pas une consultation. Le diagnostic repose sur l'examen clinique, complété si besoin par l'imagerie prescrite par votre médecin. Les résultats cités sont ceux des études référencées ; ils ne constituent pas une garantie individuelle.