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Périostite tibiale : la douleur du tibia du coureur

Une douleur le long du bord interne du tibia quand vous courez, souvent après avoir augmenté l'entraînement ? C'est très souvent une périostite tibiale. Voici comment la distinguer d'une fracture de fatigue, et ce que les semelles et l'adaptation de la charge apportent, selon les études.

  • Analyse de la foulée
  • Semelles validées contre placebo
  • Sans ordonnance
Comprendre

Un tibia qui encaisse plus qu'il ne récupère

À chaque foulée, le tibia encaisse l'impact et la traction des muscles de la jambe qui s'attachent sur son bord interne. Quand la charge augmente plus vite que l'os ne s'adapte, une douleur de surcharge s'installe : c'est la périostite tibiale, ou syndrome de stress tibial médial.

D'après une méta-analyse, les plus exposés sont les femmes, les personnes plus lourdes, celles dont la voûte s'affaisse beaucoup en charge et celles qui ont déjà eu une blessure de course (Reinking 2017). L'augmentation rapide de l'entraînement, les surfaces dures et des chaussures usées jouent aussi.

Périostite tibialeFracture de fatigue douleur étendue, diffusedouleur sur un point précis
Jambe droite vue par le côté interne, tibia en transparence. La périostite donne une douleur étendue le long du bord interne du tibia ; la fracture de fatigue, une douleur sur un point précis.
Fracture de fatigue ?

Deux douleurs à ne pas confondre

IndicePlutôt périostitePlutôt fracture de fatigue
ÉtenduePlusieurs centimètres le long du bord interneUn point précis
Au reposSe calmePersiste, parfois la nuit
À cloche-piedPeu douloureuxDouleur vive
Les semelles

Soutenir la voûte, plutôt qu'amortir

Les études sont favorables aux semelles qui soutiennent la voûte :

  • Pour soigner : chez 50 coureuses atteintes de périostite, des semelles de soutien de voûte ajoutées au traitement réduisaient la douleur et la gravité plus tôt qu'une semelle plate placebo, à 6 et 12 semaines ; à 18 semaines, les deux groupes allaient bien (Naderi 2022).
  • Pour prévenir : une méta-analyse retrouve un effet préventif des semelles anti-pronation et du travail neuromusculaire, mais pas des semelles simplement amortissantes (Marques 2025).
  • Le mécanisme : chez les coureurs atteints, ces semelles rééquilibrent la répartition des pressions sous le pied (Naderi 2019).
La charge

Continuer à bouger, en dosant

Aucun traitement n'a été démontré de façon solide comme le plus efficace : les essais sont peu nombreux et de qualité limitée (Winters 2013). La démarche repose donc sur le bon sens de la charge, le renforcement et une semelle adaptée.

  1. Réduire, pas forcément arrêter

    Moins de volume et d'intensité, surfaces souples, vélo ou natation en complément.

  2. Renforcer

    Mollets, muscles de la jambe et du pied, avec un kinésithérapeute si besoin.

  3. Revoir la course

    Chaussures non usées, cadence un peu plus élevée si la foulée est très longue.

  4. Reprendre par paliers

    Une douleur légère, disparue le lendemain, est acceptable ; sinon, on revient au palier précédent.

Questions fréquentes

Vos questions sur la périostite tibiale

Périostite ou fracture de fatigue : comment les distinguer ?
La périostite donne une douleur étendue sur plusieurs centimètres le long du bord interne du tibia, qui se calme au repos. La fracture de fatigue fait mal sur un point précis, parfois la nuit ou au repos, et à cloche-pied. Dans ce cas, on arrête de courir et on consulte un médecin pour une imagerie.
Les semelles sont-elles utiles ?
Oui. Dans un essai chez 50 coureuses, des semelles de soutien de voûte ajoutées au traitement réduisaient la douleur plus tôt qu'une semelle plate placebo, à 6 et 12 semaines. Pour la prévention, les semelles anti-pronation sont efficaces, contrairement aux semelles simplement amortissantes.
Faut-il arrêter de courir ?
Pas forcément. On réduit le volume et l'intensité, on évite les surfaces dures et on garde des activités sans impact comme le vélo ou la natation. La reprise est progressive, guidée par la douleur. En cas de suspicion de fracture de fatigue, l'arrêt s'impose jusqu'au diagnostic.
Qui est le plus exposé ?
D'après une méta-analyse, les femmes, les personnes plus lourdes, celles dont la voûte s'affaisse beaucoup en charge et celles qui ont déjà eu une blessure de course. Une augmentation rapide de l'entraînement joue aussi.
Combien de temps dure une périostite ?
Souvent plusieurs semaines à quelques mois. Aucun traitement n'a été démontré de façon solide comme le plus efficace ; l'adaptation de la charge, le renforcement et une semelle de soutien de voûte permettent souvent de soulager plus vite.

Nos sources

  • Naderi A, et al. Foot orthoses enhance the effectiveness of exercise, shockwave, and ice therapy in the management of medial tibial stress syndrome. Clin J Sport Med, 2022;32(3):e251-e260. PubMed
  • Marques TBT, et al. Preventive interventions for medial tibial stress syndrome: systematic review and meta-analysis. Gait Posture, 2025;122:92-98. PubMed
  • Naderi A, et al. Arch-support foot-orthoses normalize dynamic in-shoe foot pressure distribution in medial tibial stress syndrome. Eur J Sport Sci, 2019;19(2):247-257. PubMed
  • Reinking MF, et al. Medial tibial stress syndrome in active individuals: a systematic review and meta-analysis of risk factors. Sports Health, 2017;9(3):252-261. PubMed
  • Winters M, et al. Treatment of medial tibial stress syndrome: a systematic review. Sports Med, 2013;43(12):1315-1333. PubMed

Votre tibia vous arrête ?

Nous écartons les signes d'une fracture de fatigue, analysons votre foulée et vos appuis, et construisons avec vous une reprise progressive, avec une semelle si elle est utile.

Cette page informe sur la périostite tibiale et ne remplace pas une consultation. Une douleur du tibia sur un point précis, au repos ou la nuit, doit être vue par un médecin. Les résultats cités sont ceux des études référencées ; ils ne constituent pas une garantie individuelle.