Notre programme de recherche sur les semelles 3D
Depuis quatre ans, le Cabinet Olagnier mène avec l’INSA Lyon et les Hospices Civils de Lyon un travail de validation de la semelle orthopédique imprimée en 3D. Une étude clinique démarre en septembre dans l’unité de diabétologie de Lyon Sud.
Un cabinet de ville peut-il faire de la recherche ?
En bref
Oui, en partenariat. Depuis quatre ans, le cabinet travaille avec l’INSA Lyon et les Hospices Civils de Lyon pour valider la conception des semelles imprimées en 3D : matériaux, procédé d’impression, méthode de prise d’empreinte et type de correction. Une étude clinique sur 40 patients débute en septembre 2026 à Lyon Sud. Les résultats ne sont pas encore publiés.
Une technologie récente, des questions sans réponse
L’impression 3D est arrivée en podologie plus vite que les données qui permettent de l’utiliser correctement. Fabriquer une semelle imprimée est aujourd’hui à la portée de nombreux ateliers. Savoir quels réglages produisent quel effet mécanique, et lesquels tiennent dans le temps, est une question différente — et beaucoup moins documentée.
C’est ce décalage qui a motivé le programme. Avant de prétendre qu’une semelle 3D apporte quelque chose à un patient, il fallait vérifier que chaque maillon de sa fabrication était maîtrisé. Ce travail n’a rien de spectaculaire : il consiste à tester méthodiquement, à écarter ce qui ne tient pas, et à ne conserver que ce qui se reproduit.
Quatre ans plus tard, cette étape est achevée. Elle rend possible ce qui commence maintenant : une évaluation chez le patient.
Quatre volets de validation
Chaque volet répond à une question de méthode. Aucun ne concerne le patient directement : ils conditionnent la fiabilité de tout ce qui vient ensuite.
Matériaux et paramétrage
Quels matériaux, et réglés comment, produisent un comportement mécanique stable et reproductible ? C’est le volet qui détermine la dureté réellement obtenue sous le pied — et sa tenue dans le temps.
Procédé et machine d’impression
Toutes les imprimantes ne produisent pas la même pièce à partir du même fichier. Ce volet a consisté à identifier les conditions d’impression qui donnent un résultat conforme au dessin, série après série.
Méthode de prise d’empreinte
Une semelle ne vaut que par la mesure dont elle part. Nous avons comparé les méthodes de captation du pied pour retenir celles dont le résultat ne dépend pas de l’opérateur ni du jour de la mesure.
Conception de la correction
Quel type de correction, et quelle architecture interne de la semelle, pour quel effet mécanique recherché ? C’est le volet qui relie l’intention clinique à un objet fabricable.
Où nous en sommes
Phase de validation méthodologique
Travaux menés avec l’INSA Lyon et les Hospices Civils de Lyon sur les quatre volets ci-dessus. Objectif : garantir qu’une semelle produite au cabinet corresponde à ce qui a été conçu.
Première comparaison baropodométrique — 10 patients
Mesure des pressions plantaires à la marche chez 10 patients, dans trois conditions : sans semelle, avec semelle thermoformée, avec semelle 3D. Capteurs placés sous le pied, dans la même chaussure.
Étude clinique — 40 patients, unité de diabétologie de Lyon Sud
Passage de la mesure ponctuelle à une évaluation chez des patients à risque, dans un cadre hospitalier. C’est l’étape qui permettra de dire si l’effet mécanique observé se traduit par un bénéfice pour le patient.
Analyse et publication
Les résultats feront l’objet d’une publication scientifique. Cette page sera mise à jour à chaque étape franchie.
Des mesures, pas des promesses
La phase pilote a porté sur la comparaison de nos semelles 3D avec des semelles thermoformées, chez 10 patients. Les capteurs étaient collés sous le pied et non sous la semelle : c’est une mesure exigeante, qui tend à sous-estimer l’effet plutôt qu’à le flatter.
Comment lire ces chiffres — et comment ne pas les lire
- Ce sont des résultats préliminaires, obtenus sur 10 patients. Un effectif de cette taille indique une direction ; il ne démontre rien à lui seul.
- Une pression n’est pas un résultat clinique. Réduire l’hyperpression est un objectif biomécanique cohérent, mais la pression est un indicateur intermédiaire : elle ne prouve pas, à elle seule, moins de douleur ni moins de plaies.
- Ce sont des moyennes. Le bénéfice réel dépend du pied, de la pathologie, de la chaussure. Aucun chiffre ne peut être promis à titre individuel.
- Ils ne sont pas encore publiés, donc pas encore relus par des pairs indépendants. C’est précisément l’objet de l’étude qui démarre.
Ce que nous ne pouvons pas encore dire
Une qualification à faire de la recherche
Mener une recherche impliquant des personnes ne s’improvise pas : cela suppose une formation spécifique, un cadre réglementaire et des partenaires institutionnels.
Formation à la recherche
- DU de Recherche clinique — Faculté de médecine de Lyon
- Attestation de formation aux Bonnes Pratiques Cliniques (BPC), requise pour participer à une recherche impliquant la personne humaine
- DIU de Posturologie clinique — Université Grenoble Alpes
- DU de Podologie du sport — Faculté de médecine de Lyon
- Enseignant à la faculté de médecine Lyon Est, campus Rockefeller
Partenaires du programme
- INSA Lyon — ingénierie des matériaux et du procédé d’impression
- Hospices Civils de Lyon — mesure des pressions plantaires
- Centre hospitalier Lyon Sud, unité de diabétologie — étude clinique à venir chez le patient à risque de plaie
Ressources liées
Ce que les patients nous demandent
Le cabinet fait-il vraiment de la recherche ?
Oui, en partenariat avec des institutions. Depuis quatre ans, le cabinet travaille avec l’INSA Lyon et les Hospices Civils de Lyon sur la validation des semelles imprimées en 3D. Une étude clinique sur 40 patients démarre en septembre 2026 dans l’unité de diabétologie de Lyon Sud. Les travaux sont conduits par un praticien titulaire d’un DU de recherche clinique et d’une attestation de Bonnes Pratiques Cliniques.
Sur quoi porte exactement ce programme ?
Sur quatre volets de méthode : les matériaux et leur paramétrage, le procédé et la machine d’impression, la méthode de prise d’empreinte, et la conception de la correction. L’objectif est de garantir qu’une semelle produite corresponde bien à ce qui a été conçu, de façon reproductible. C’est un préalable à toute évaluation clinique sérieuse.
D’où vient le chiffre de −32 % ?
D’une phase pilote de mesure baropodométrique menée avec les Hospices Civils de Lyon, sur 10 patients. Les pressions ont été mesurées à la marche dans trois conditions — sans semelle, avec semelle thermoformée, avec semelle 3D — avec des capteurs collés sous le pied. Ce sont des résultats préliminaires, non encore publiés.
Pourquoi ne publiez-vous pas tous vos résultats ?
Pour deux raisons. Une partie du travail est couverte par un accord de confidentialité avec nos partenaires jusqu’à publication. Et les résultats cliniques n’existent pas encore : l’étude qui doit les produire démarre en septembre 2026. Publier des conclusions avant d’avoir mené l’étude serait exactement ce que nous cherchons à éviter.
Une semelle 3D est-elle meilleure qu’une semelle thermoformée ?
Sur un point précis et mesurable — la répartition des pressions — nos mesures préliminaires sont favorables à la semelle 3D. Cela ne signifie pas qu’elle est supérieure pour toutes les indications ni pour tous les patients. La semelle thermoformée reste un excellent choix dans de nombreuses situations. Le choix se fait en fonction du pied et de l’objectif, pas de la technologie.
Puis-je participer à l’étude ?
L’étude qui démarre en septembre 2026 se déroule dans l’unité de diabétologie du Centre hospitalier Lyon Sud et concerne des patients suivis dans ce service. Le recrutement relève de l’équipe hospitalière, pas du cabinet. Si vous êtes diabétique et suivi à Lyon Sud, votre diabétologue est votre interlocuteur.
Ces travaux changent-ils quelque chose pour moi en consultation ?
Indirectement, oui : les choix de matériaux, de prise d’empreinte et de conception appliqués au cabinet découlent de ce programme de validation. En revanche, aucun résultat de recherche ne permet de promettre un bénéfice individuel. Votre prise en charge repose sur votre examen clinique, pas sur une moyenne d’étude.
Une semelle conçue sur des bases vérifiées
Le programme de recherche n’est pas un argument commercial : c’est ce qui nous permet de savoir ce que nous fabriquons, et de dire honnêtement ce que nous ignorons encore.
Cabinet Olagnier — 8 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny, 69500 Bron — 04 72 37 17 31