Le pied diabétique : bilan, prévention et soins
Le diabète peut fragiliser le pied sans douleur. Un suivi podologique régulier repère le risque avant la plaie et aide à la prévenir. Cabinet engagé dans la recherche sur la décharge du pied diabétique avec les Hospices Civils de Lyon.
aux grades 2 et 3
du risque
de Lyon Sud
Dépister le risque, soigner tôt, protéger le pied.
Le diabète peut faire perdre la sensation du pied (neuropathie) et réduire la circulation (artériopathie) : une blessure passe alors inaperçue et cicatrise mal. Or plus de 8 amputations sur 10 commencent par une plaie. Le suivi podologique — gradation du risque (grades 0 à 3), soin sécurisé de la corne, chaussage adapté, décharge des pressions — sert à agir avant la plaie, à un rythme fixé par votre grade, en lien avec votre médecin.
- Pédicure-podologue D.E.RPPS 10006118557
- DU Podologie du sportUniversité Lyon 1
- DIU Posturologie cliniqueUniversité Grenoble Alpes
- DU Recherche cliniqueDe l'idée à la publication · Université Lyon 1
- EnseignantIFPP de Lyon (campus Rockefeller)
- Formateur et expert scientifiqueCollège des Hautes Études en Médecine (CHEM)
- Recherche sur les semelles imprimées en 3Davec les Hospices Civils de Lyon
Mis à jour le 16 octobre 2026. Cette page ne remplace pas une consultation.
Pourquoi le pied demande une attention particulière
Avec le temps, le diabète peut entraîner plusieurs complications au niveau du pied :
• une neuropathie sensitive — la perte de la sensation protectrice ;
• un retard de cicatrisation des plaies ;
• une moindre défense face à l'infection ;
• à terme, un risque d'amputation — le diabète en est la première cause non traumatique.
Le risque n'est pas théorique : une personne diabétique sur cinq à une sur trois aura une plaie du pied au cours de sa vie, et après une première plaie, 4 sur 10 récidivent dans l'année (Armstrong 2017). Dans 84 % des amputations, une plaie était en cause, le plus souvent après une petite blessure passée inaperçue (Pecoraro 1990).
C'est là que la prévention a prise : repérer le pied à risque, soigner la corne, adapter la chaussure et décharger les zones d'appui, avec un bon équilibre du diabète suivi par votre médecin.
Les grades de risque, de 0 à 3
Toutes les personnes diabétiques ne sont pas exposées de la même façon. On classe le risque selon la perte de sensation, la circulation et un éventuel antécédent de plaie. Ce grade détermine la fréquence de surveillance — et la prise en charge des soins.
Risque faible. Grade 0 : ni perte de sensation ni artériopathie, contrôle une fois par an. Grade 1 : l'une des deux, contrôle tous les 6 à 12 mois. Une consultation annuelle de prévention est prise en charge pour tous les diabétiques.
Risque modéré. Perte de sensation + artériopathie, ou l'un avec une déformation. Jusqu'à 5 séances/an de soins de prévention, remboursées à 100 %.
Risque élevé. Un antécédent de plaie ou d'amputation, ou une insuffisance rénale terminale, s'ajoute. 6 séances/an (jusqu'à 8 si plaie en cicatrisation), remboursées à 100 %.
Depuis 2024, le pédicure-podologue peut évaluer lui-même votre grade et prescrire les soins adaptés. → Suis-je à risque de plaie ? (le détail des grades)
Comment se déroule la première séance
Le dossier-bilan. Interrogatoire sur le suivi du diabète et vos antécédents, puis examen de l'état circulatoire et sensitif des pieds.
Les tests. Sensibilité (monofilament 10 g) et circulation (pouls) pour établir votre grade et le risque podologique.
Vous repartez avec un plan de surveillance personnalisé et, si besoin, un soin sécurisé des zones à risque — le tout transmis à votre médecin ou diabétologue.
Les bons gestes au quotidien
« Le meilleur moyen de traiter une plaie, c'est d'éviter de l'avoir. » De petits gestes réguliers réduisent fortement le risque de complication.
Surveiller chaque jour
Inspecter la plante (au besoin avec un miroir) et entre les orteils : rougeur, ampoule, fissure, corne.
Bien se chausser
Chaussures de qualité, à la bonne taille, dont on vérifie l'intérieur. Jamais pieds nus.
Confier le soin
Cors, durillons et ongles confiés au podologue : pas d'outils traumatisants ni de coricide soi-même.
→ Comment prévenir les plaies du pied diabétique ? (le guide complet)
Décharger les pressions : notre travail de fond
Là où une zone subit une pression répétée, la corne revient et une plaie peut se préparer en dessous. Des semelles sur mesure redistribuent l'appui pour soulager la zone à risque. La semelle ne « soigne » pas le diabète : elle modifie les contraintes mécaniques, au sein d'une prise en charge globale.
Notre recherche
Ce que montrent les études. Chez des personnes neuropathiques qui avaient déjà eu une plaie sous l'avant-pied, des semelles dessinées d'après la forme du pied et la mesure des pressions ont réduit nettement la récidive des plaies sous les têtes métatarsiennes, comparées à des semelles standard : 3,4 fois moins de risque (Ulbrecht 2014). Les recommandations internationales conseillent, après une plaie de la plante, des chaussures et semelles dont l'effet de décharge a été vérifié (IWGDF 2023).
Notre recherche. Dans notre phase pilote menée avec les Hospices Civils de Lyon (10 patients, non publiée), nos semelles 3D ont réduit les pics de pression plantaire jusqu'à −60 % par rapport à la marche sans semelle. Cette baisse de pression est mesurée : elle ne prouve pas, à elle seule, une réduction des plaies. C'est ce que nous cherchons à établir avec le service de diabétologie de Lyon Sud (HCL), pour valider une technique de semelle spécifique au patient diabétique. Nos recherches scientifiques →
Nos sources
- Armstrong DG, Boulton AJM, Bus SA. Diabetic foot ulcers and their recurrence. N Engl J Med, 2017;376(24):2367-2375. PubMed
- Pecoraro RE, Reiber GE, Burgess EM. Pathways to diabetic limb amputation: basis for prevention. Diabetes Care, 1990;13(5):513-521. PubMed
- Bus SA, et al. Guidelines on the prevention of foot ulcers in persons with diabetes (IWGDF 2023 update). Diabetes Metab Res Rev, 2024;40(3):e3651. PubMed
- Schaper NC, et al. Practical guidelines on the prevention and management of diabetes-related foot disease (IWGDF 2023 update). Diabetes Metab Res Rev, 2024;40(3):e3657. PubMed
- Ulbrecht JS, et al. Prevention of recurrent foot ulcers with plantar pressure-based in-shoe orthoses: the CareFUL prevention multicenter randomized controlled trial. Diabetes Care, 2014;37(7):1982-1989. PubMed
Découvrir le diabète de façon ludique
Notre plateau « jeu de l'oie du diabète ». Inspiré du célèbre jeu, il vous plonge au cœur du diabète et de ses retentissements sur le pied : facteurs protecteurs, éléments aggravants et complications possibles. Une façon instructive et conviviale d'apprendre les bons réflexes, en famille.
Les signes qui imposent un avis rapide
Avis médical sans attendre si…
- Une plaie, fissure, cloque ou rougeur qui ne guérit pas en quelques jours.
- Un cor ou durillon qui noircit, saigne ou suinte.
- Un pied chaud, rouge et gonflé (infection possible, ou pied de Charcot).
- Un écoulement, une mauvaise odeur ou de la fièvre.
Un pied diabétique infecté est une urgence : contactez votre médecin ou votre diabétologue immédiatement. En attendant, ne percez pas une cloque et n'appliquez pas de coricide.
Ressources liées
Le pied diabétique : vos questions
Qu'est-ce que le pied diabétique ?
Pourquoi consulter un podologue quand on est diabétique ?
Les soins du pied diabétique sont-ils remboursés ?
Comment se déroule la première consultation ?
Le diabète peut-il vraiment mener à l'amputation ?
Quand faut-il consulter en urgence ?
Faire le point sur vos pieds
Une consultation de prévention permet de graduer votre risque, de soigner ce qui doit l'être et d'adapter la surveillance — en lien avec votre médecin et votre diabétologue.