Podologie de la personne âgée
La podologie adaptée au pied qui vieillit. Notre objectif : garder des pieds sains, soignés et indolores — pour préserver la marche et l’autonomie — et prévenir les complications, sans surpromettre sur les chutes.
c’est continuer à marcher
et la prévention des chutes
plaies à éviter
À quoi sert la podologie chez la personne âgée ?
Avec l’âge, le pied devient plus fragile : peau sèche, ongles épaissis, cors, sensibilité ou circulation diminuées, déformations. La podologie de la personne âgée (ou podogériatrie) vise d’abord à garder des pieds sains et indolores — pour préserver la marche et l’autonomie — et à prévenir les complications (plaies, surtout en cas de diabète). Le pied compte aussi dans l’équilibre : il fait partie, avec la vue, les muscles et les traitements, d’une approche globale de prévention des chutes — sans qu’une semelle, à elle seule, suffise à les éviter.
Qu’est-ce que la podogériatrie ?
La podogériatrie est la branche de la podologie qui prend en compte les spécificités du pied qui vieillit. Au fil des années, la peau s’amincit et se dessèche, les ongles s’épaississent et deviennent difficiles à couper, le capiton plantaire qui amortit les appuis diminue, et des déformations s’installent (hallux valgus, orteils en griffe). S’y ajoutent souvent une baisse de la sensibilité et de la circulation, qui rendent le pied plus vulnérable aux plaies.
Le rôle du podologue est alors double : soigner et entretenir des pieds fragiles (ongles, cors, peau), et prévenir — éviter la plaie, repérer ce qui doit alerter, conseiller le bon chaussage, et intégrer le pied dans le maintien de la marche et de l’équilibre. Tout cela se fait en lien avec le médecin traitant, et sans sur-traiter : on agit sur ce qui gêne ou met en danger, pas sur ce qui n’a pas besoin de l’être.
Les situations qui amènent à consulter
Quelques motifs fréquents — souvent, plusieurs se combinent :
Peau fragile & pieds secs
Sécheresse, fissures aux talons, peau fine qui se blesse facilement : hydratation et soin adaptés.
Ongles épaissis ou incarnés
Ongles durs, déformés (onychogryphose) ou difficiles à couper soi-même : un soin régulier évite douleurs et plaies.
Cors & durillons
Zones d’hyperappui douloureuses qui gênent la marche ; on soulage et on cherche la cause (appui, chaussage).
Pied « à risque »
Diabète, artérite, baisse de sensibilité ou de circulation : un suivi préventif pour éviter la plaie avant qu’elle survienne.
Équilibre & peur de tomber
Douleur, déformation ou instabilité qui modifient la marche : à évaluer dans une démarche globale (voir plus bas).
Déformations & chaussage
Hallux valgus, orteils en griffe : soulager les conflits et trouver un chaussage adapté et sûr.
La place réelle du pied dans la prévention des chutes
La chute n’a presque jamais une seule cause : la vue, la force musculaire, l’équilibre, les médicaments, l’environnement et l’état des pieds y contribuent ensemble. La prévention efficace est donc multifactorielle — le pied en est un maillon utile, pas la solution miracle.
Ce que la podologie peut apporter dans cette démarche : traiter les douleurs de pied qui modifient la marche, conseiller un chaussage stable, proposer des exercices pied-cheville et, quand c’est indiqué, des orthèses. Une semelle ne « rééquilibre » pas à elle seule ; mais lorsqu’elle agit sur l’appui plantaire, nous en vérifions l’effet objectivement sur notre plateforme de stabilométrie normée (posturographie, par un praticien titulaire d’un DIU dédié), au cas par cas et à chaque renouvellement.
→ Comment prévenir les chutes : le rôle du pied et des semelles · Les semelles améliorent-elles l’équilibre ?
🔬 Ce que dit la science
Chez des personnes âgées souffrant de douleurs de pied invalidantes, une prise en charge podologique complète (soin des pieds, conseils de chaussage, exercices du pied et de la cheville, et orthèses si besoin) a réduit le nombre de chutes par rapport au soin habituel (Spink et coll., BMJ, 2011). C’est le programme global qui agit, pas un seul de ses éléments.
Pour l’équilibre, nous préférons mesurer plutôt que promettre : l’effet d’une semelle sur la stabilité est évalué objectivement sur notre plateforme de stabilométrie normée (posturographie, dans le cadre HAS, par un praticien titulaire d’un DIU de posturologie), au cas par cas et revérifié à chaque renouvellement. Le pied reste un maillon d’une prévention multifactorielle, en lien avec le médecin. Voir nos références scientifiques →
Notre bilan dédié : EQUILIBR’AGE. Pour aller au-delà des conseils généraux, nous proposons une évaluation structurée du risque de chute (~25-40 min) : force, équilibre, marche, vue, proprioception. Elle repère les mécanismes déficitaires et oriente la prise en charge, avec un compte rendu transmis à votre médecin et votre kinésithérapeute.
« Avoir mal aux pieds, c’est l’âge » & « des semelles suffisent à éviter les chutes »
Faux : la douleur du pied n’est pas une fatalité de l’âge. Cors, ongles, déformations, appuis : la plupart des douleurs se soulagent. On ne « fait pas avec ».
Faux : « des semelles suffisent à empêcher les chutes ». La prévention des chutes est multifactorielle ; une semelle seule ne suffit pas.
Vrai : garder des pieds sains et indolores, un chaussage adapté et de la marche, c’est l’un des leviers concrets pour rester mobile et autonome.
Ce que nous faisons pour les pieds fragiles
Le soin régulier
Coupe et entretien des ongles épaissis ou incarnés, soin des cors et durillons, traitement de la peau sèche : des pieds confortables, sans douleur.
La prévention des plaies
Repérage des zones à risque, surveillance du pied diabétique ou mal vascularisé, conseils d’autosurveillance et orientation vers le médecin au bon moment.
Chaussage & orthèses
Conseils pour un chaussage stable et sûr ; semelles ou orthoplasties seulement si elles soulagent une douleur ou protègent une zone fragile.
Quand des semelles sont indiquées, elles sont remises lors d’un second rendez-vous (généralement sous 3 à 10 jours) et remboursées à 60 % sur prescription médicale. Les soins de pédicurie de confort ne sont, eux, en général pas remboursés — sauf le suivi du pied diabétique à risque, pris en charge dans un cadre de prévention sur prescription.
Les signaux qui doivent faire consulter rapidement
⚠️ Avis médical sans attendre si…
- Une plaie du pied qui ne cicatrise pas, surtout en cas de diabète ou d’artérite.
- Un pied (ou un orteil) chaud, rouge, gonflé, ou une plaie qui coule : possible infection.
- Une douleur au repos ou la nuit, des orteils froids ou pâles : possible trouble circulatoire.
- Une perte de sensibilité récente ou une difficulté nouvelle à marcher.
- Une chute récente avec douleur persistante ou impossibilité de prendre appui.
En cas de plaie infectée chez une personne diabétique, c’est une urgence. Dans le doute, l’avis médical prime ; le podologue intervient en complément.
Pour aller plus loin
Podologie de la personne âgée : vos questions
Qu’est-ce que la podologie de la personne âgée (podogériatrie) ?
À quelle fréquence une personne âgée doit-elle voir un podologue ?
Les semelles empêchent-elles les chutes chez la personne âgée ?
Le podologue peut-il s’occuper d’un pied diabétique chez une personne âgée ?
Les soins de pédicurie et les semelles sont-ils remboursés ?
Comment se déroule une première consultation pour une personne âgée ?
Prendre soin des pieds, pour rester autonome
Un bilan fait le point sur la peau, les ongles, la sensibilité, la marche et le chaussage — pour des pieds confortables, sûrs, et sans complication.
Tél. 04 72 37 17 31 · du lundi au vendredi 8h–19h30, samedi 8h–12h30
Page d’information à visée générale ; elle ne remplace pas un avis individuel. En présence d’un signal d’alerte (plaie qui ne cicatrise pas, pied chaud ou gonflé, douleur de repos, perte de sensibilité), consultez un médecin en priorité.