Biomécanique · Hanche · Lyon

Douleurs de hanche à Lyon :
le pied, acteur méconnu

Coxarthrose, tendinopathie du moyen fessier, syndrome pyramidal, cruralgie, douleur à l'aine : certaines douleurs de hanche ont une composante mécanique liée au pied. Au Cabinet Olagnier, nous cherchons ces facteurs, nous les mesurons, et nous n'agissons que quand le bilan le confirme.

7pathologies de hanche prises en charge
2 mécanismesrotation fémorale et ILMI
0semelle prescrite sans bilan
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En bref

Le pied peut-il être en cause dans une douleur de hanche ?

Une douleur de hanche peut avoir une composante mécanique liée au pied : rotation du membre inférieur, pronation, inégalité de longueur des membres. Au Cabinet Olagnier, à Bron, le bilan mesure d'abord ces facteurs. Les semelles ne guérissent pas la hanche et n'ont pas d'efficacité démontrée dans la coxarthrose, la tendinopathie du moyen fessier ou du psoas et la pubalgie. Elles ont leur place quand le bilan trouve une cause qu'elles peuvent traiter : une vraie différence de longueur de jambes (y compris après une prothèse), un pied qui s'affaisse fortement ou un pied douloureux qui fait boiter.

Comment le pied influence la hanche à chaque pas

La hanche n'est pas une articulation isolée. Elle reçoit à chaque pas une partie des contraintes que le pied génère via la chaîne cinétique ascendante : rotation, compression, asymétrie. Modifier les appuis peut, dans certains cas, réduire les contraintes plus haut.

La chaîne cinétique ascendante : une perturbation au sol peut remonter à chaque étage.

Concrètement, deux mécanismes relient le pied à la hanche. Le premier : un pied en pronation excessive entraîne une rotation interne du tibia et du fémur, modifiant la position de la tête fémorale dans son cotyle et pouvant surcharger tendons, nerfs et cartilage selon la pathologie. Le second : une inégalité de longueur des membres inférieurs (ILMI), fait basculer le bassin et rend le travail des deux hanches asymétrique. De quel côté la hanche souffre le plus ? Les études se contredisent : sur près de 4 600 personnes, l'arthrose de hanche est plus fréquente du côté de la jambe la plus courte, surtout au-delà de 2 cm (Kim 2018), alors qu'une petite cohorte finlandaise suivie 29 ans compte trois fois plus de prothèses du côté long (Tallroth 2017). D'où l'intérêt de mesurer plutôt que de présumer.

Ces deux mécanismes ne sont ni constants ni universels. C'est pourquoi un bilan objectif, et pas une simple mesure, est indispensable avant toute prescription.

Ce que nous affirmons avec honnêteté

La relation entre le pied et la hanche est biomécaniquement plausible et discutée dans la littérature pour plusieurs pathologies. Elle n'explique pas toutes les douleurs de hanche : les causes inflammatoires (arthrite), tumorales, infectieuses ou chirurgicales relèvent d'autres spécialistes. Pour la coxarthrose, la tendinopathie du moyen fessier, la tendinopathie du psoas et la pubalgie, les semelles n'ont pas d'efficacité démontrée. Notre rôle : identifier si un facteur mécanique d'origine basse est présent, le mesurer, et n'agir dessus que quand le bilan le justifie.

Quand la semelle a vraiment sa place

Elle est utile quand le bilan trouve une cause qu'elle peut traiter. Une vraie différence de longueur de jambes, y compris après une prothèse de hanche : la compensation est intégrée à la semelle, jamais une simple talonnette, et sa hauteur est réglée au test de Bassani, qui cherche la hauteur qui équilibre le tonus des muscles du dos (aucune règle chiffrée ne fait consensus, Campbell 2018). Un pied qui s'affaisse fortement et entretient la rotation de la jambe, ou un pied douloureux qui fait boiter. Dans la coxarthrose, un petit essai encourage à poursuivre : avec des semelles contournées, les patients marchaient environ 2 600 pas de plus par jour qu'avec des semelles plates, sans différence de douleur (King 2024, 27 patients, étude préliminaire).

Quelle pathologie correspond à ce que vous ressentez ?

Chacune a ses mécanismes propres, mais toutes partagent le même fil conducteur : un bilan biomécanique avant toute prescription, jamais de semelle sans analyse de la chaîne cinétique.

Sport

Pubalgie

Ce que vous ressentez

Douleur à l'aine et à la symphyse pubienne, aggravée par les changements de direction, les tirs et les sprints. Fréquente chez les footballeurs et les coureurs.

Angle podologique Pronation et ILMI peuvent créer des asymétries de charge sur le bassin et les adducteurs. Les semelles n'ont pas d'efficacité démontrée sur la pubalgie : la rééducation reste le traitement.
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Dégénératif

Coxarthrose

Ce que vous ressentez

Douleur inguinale profonde, raideur matinale, limitation de la rotation interne. L'usure du cartilage de hanche progresse souvent de façon asymétrique.

Angle podologique Une ILMI peut modifier la répartition de charge au niveau du bassin. Les semelles n'ont pas d'efficacité démontrée sur la douleur de coxarthrose. Quand une inégalité réelle est mesurée, la compenser reste justifié cliniquement, sans prétendre ralentir l'arthrose, en complément du traitement médical.
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Tendinopathie

Tendinopathie du moyen fessier

Ce que vous ressentez

Douleur externe de hanche (grand trochanter), aggravée en montant les escaliers, pire la nuit couché sur le côté atteint. Touche surtout les femmes : après 50 ans, 15 % d'entre elles contre 6,6 % des hommes (Segal 2007).

Angle podologique L'adduction de hanche en charge comprime le tendon sur le grand trochanter (Grimaldi et Fearon, 2015). Le rôle du pied n'est pas démontré et les semelles n'ont pas d'efficacité prouvée ici : la prise en charge repose sur la rééducation.
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Neurologique

Cruralgie

Ce que vous ressentez

Douleur irradiant de la région lombaire vers la face antérieure de la cuisse. Signe de Léri positif, possible faiblesse du quadriceps.

Angle podologique Une ILMI marquée modifie l'inclinaison du bassin et du rachis lombaire ; son rôle dans la cruralgie reste hypothétique. Toute intervention est adjuvante au traitement médical.
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Tendinopathie

Tendinopathie du psoas

Ce que vous ressentez

Douleur profonde à l'aine, aggravée à la flexion de hanche : monter les escaliers, pédaler, courir. Parfois un ressaut audible (coxa saltans interna).

Angle podologique Le rôle du pied reste hypothétique et les semelles n'ont pas d'efficacité démontrée sur cette tendinopathie. Le bilan recherche d'éventuels facteurs associés ; la rééducation reste centrale.
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Pseudo-sciatique

Syndrome pyramidal

Ce que vous ressentez

Douleur fessière profonde irradiant dans la jambe, difficile à supporter assis plus d'une demi-heure. IRM lombaire normale. Signe de Lasègue absent ou atypique.

Angle podologique Pied pronateur ou supinateur : deux profils opposés qui peuvent surcharger le piriforme par des mécanismes inverses. L'analyse rotatoire oriente la décision.
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Structurel

Antétorsion fémorale exagérée

Ce que vous ressentez

Marche en dedans, position assise en W, douleur à l'avant du genou. Enfant ou adulte. Régresse spontanément dans plus de 8 cas sur 10 au cours de la croissance.

Angle podologique Les semelles ne corrigent pas l'antétorsion : elles gèrent la pronation compensatrice et ses conséquences au genou et au pied. Correction volontairement partielle.
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Pourquoi toutes ces pathologies partagent le même protocole

Que vous consultiez pour une coxarthrose, un syndrome pyramidal ou une douleur à l'aine, le bilan podologique explore toujours les mêmes paramètres mécaniques fondamentaux, car c'est leur combinaison qui oriente vers la structure surchargée.

1

Mesure clinique de l'ILMI

Mesure des membres (épine iliaque → malléole), comparaison droite-gauche, distinction entre inégalité anatomique et fonctionnelle. Point de départ, jamais suffisant seul pour prescrire.

2

Baropodométrie statique et dynamique

Cartographie des pressions plantaires, répartition de charge entre les deux membres, analyse de la pronation en dynamique. Objectivation des asymétries à chaque pas.

3

Analyse rotatoire du membre inférieur

Torsion tibiale, angle de progression du pas, pronation ou supination de l'arrière-pied. Détermine le sens de la rotation dominante et son impact sur la hanche concernée.

4

Analyse posturale globale

Axe frontal et sagittal en charge, antéversion ou rétroversion pelvienne, chaîne de rotation dans le plan transversal. Vérifie que la correction locale ne déséquilibre pas la posture haute.

5

Lecture des documents médicaux

IRM, radiographies (de préférence en charge), échographies, comptes-rendus de consultation. L'imagerie oriente le niveau à traiter et exclut les causes graves nécessitant un autre spécialiste.

6

Validation avant prescription

La semelle n'est prescrite que si le bilan identifie un facteur mécanique objectivable ET si la correction simulée améliore les paramètres sans créer de déséquilibre secondaire.

Le principe commun à toutes les pathologies

La semelle réduit une contrainte mécanique : elle ne guérit pas une pathologie.

Aucune semelle orthopédique ne guérit une coxarthrose, ne supprime une compression nerveuse, ni ne corrige une antétorsion fémorale. Ce que la semelle peut faire : réduire une contrainte mécanique modifiable, quand le bilan en identifie une. C'est un levier biomécanique parmi d'autres : sa valeur dépend de la qualité du bilan qui le précède et de la prise en charge pluridisciplinaire qui l'accompagne.

Ce que nous ne faisons pas

  • Promettre de guérir ou de stopper une coxarthrose
  • Traiter une compression nerveuse sans diagnostic médical préalable
  • Corriger une antétorsion fémorale avec des semelles
  • Prescrire sans identifier le mécanisme précis en cause
  • Intervenir sans coordination avec vos autres soignants

Ce que nous faisons

  • Bilan biomécanique instrumenté complet (ILMI, baropodométrie, rotations)
  • Lecture de vos imageries disponibles intégrée au bilan
  • Prescription ciblée sur le facteur mécanique identifié
  • Transmission du compte-rendu à vos autres soignants
  • Suivi à 6 semaines par questionnaire e-mail, revu au cabinet si un ajustement est utile

Questions fréquentes sur la hanche et la podologie

Les questions que nos patients posent avant de consulter pour une douleur de hanche.

Un podologue peut-il vraiment agir sur une douleur de hanche ?
Oui, dans les cas où la douleur a une composante biomécanique d'origine basse. La rotation du membre inférieur générée par le pied, la pronation ou la supination de la sous-talienne et l'inégalité de longueur des membres peuvent influencer les contraintes exercées sur le cartilage, les tendons et les nerfs de la hanche. Le podologue identifie ces facteurs mécaniques modifiables et agit sur eux quand c'est pertinent, en complément du traitement médical, jamais à sa place. Son intervention est précédée d'un bilan objectif : si le bilan ne retrouve pas de facteur mécanique pertinent, aucune semelle n'est prescrite.
Toutes les douleurs de hanche ont-elles une cause podologique ?
Non. Certaines pathologies de hanche n'ont aucune composante mécanique d'origine basse : les arthrites inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite), les nécroses avasculaires, les fractures de stress, les tumeurs osseuses ou les infections (coxite septique) relèvent exclusivement d'une prise en charge médicale ou chirurgicale. Le bilan podologique sert précisément à distinguer les situations où une intervention mécanique est pertinente de celles où elle ne l'est pas. Nous redirigeons vers le bon spécialiste quand le bilan ne plaide pas pour une intervention podologique.
Quelle est la différence entre syndrome pyramidal et sciatique ?
Les deux provoquent une douleur irradiant dans la jambe, mais leurs origines sont différentes. La sciatique discale est causée par une compression radiculaire au niveau du rachis lombaire (L4-L5-S1), visible à l'IRM. Le syndrome pyramidal est une compression du nerf sciatique par le muscle piriforme dans la fesse, sans hernie discale, avec une IRM lombaire normale. Cliniquement, le signe de Lasègue est positif dans la sciatique discale ; le test FAIR est positif et la douleur est très aggravée en position assise prolongée dans le syndrome pyramidal.
La pronation du pied peut-elle vraiment causer une douleur de hanche ?
Elle peut y contribuer, via la chaîne cinétique ascendante. La pronation excessive entraîne une rotation interne du tibia et du fémur qui, selon les modèles biomécaniques, peut comprimer le tendon du moyen fessier contre le grand trochanter, surcharger le piriforme (syndrome pyramidal), modifier la répartition des charges sur le cartilage de hanche ou solliciter davantage le psoas. Cette plausibilité biomécanique est discutée dans la littérature, mais les semelles n'ont pas d'efficacité démontrée sur la tendinopathie du moyen fessier, la tendinopathie du psoas, la pubalgie ou la coxarthrose. La pronation n'est pas toujours en cause : seul le bilan permet de le dire.
Faut-il une ordonnance pour consulter pour une douleur de hanche ?
Non, la consultation podologique est en accès direct, sans ordonnance. En revanche, pour les pathologies avec une composante neurologique (cruralgie, syndrome pyramidal), nous demandons le bilan médical disponible (IRM, compte-rendu) afin d'exclure les causes urgentes et d'orienter le bilan. Pour le remboursement des semelles orthopédiques par la Sécurité sociale (60 % du tarif de convention, soit au plus 17,31 € la paire adulte), la prescription peut venir de votre médecin ou du pédicure-podologue lui-même. Si vous n'avez pas encore vu de médecin, nous pouvons vous remettre un compte-rendu à lui transmettre.
Mon enfant marche en dedans : faut-il consulter en urgence ?
Non, sauf si la marche en dedans est très asymétrique ou s'accompagne de douleurs. Dans la grande majorité des cas, la marche en dedans chez l'enfant est liée à une antétorsion fémorale exagérée, un phénomène physiologique qui se corrige spontanément dans plus de 8 cas sur 10 au cours de la croissance. Une consultation podologique est utile si la démarche génère des douleurs ou des chutes fréquentes. Un avis orthopédique est recommandé si elle persiste et s'aggrave après 8 ans. En aucun cas les semelles ne « corrigent » l'antétorsion : elles gèrent ses conséquences mécaniques.
Quels signes doivent faire consulter un médecin rapidement pour une douleur de hanche ?
Consultez un médecin sans attendre, ou les urgences, si : la hanche fait mal après une chute et vous ne pouvez plus vous appuyer sur la jambe (surtout après 65 ans) ; vous avez de la fièvre avec une hanche chaude, rouge ou très douloureuse ; la douleur réveille la nuit sans lien avec les mouvements ; vous perdez du poids sans raison ou avez un antécédent de cancer ; la jambe faiblit avec des troubles urinaires. Chez l'enfant ou l'adolescent, une boiterie avec fièvre, ou une douleur de hanche ou de genou qui fait boiter sans raison, doit être vue par un médecin le jour même. Ces situations ne relèvent pas d'abord du podologue.

Les études citées

  • Kim C, et al. Leg Length Inequality and Hip Osteoarthritis in the Multicenter Osteoarthritis Study and the Osteoarthritis Initiative. Arthritis Rheumatol, 2018;70(10):1572-1576. PubMed
  • Tallroth K, et al. Is a long leg a risk for hip or knee osteoarthritis? Acta Orthop, 2017;88(5):512-515. PubMed
  • Campbell TM, et al. Shoe lifts for leg length discrepancy in adults with common painful musculoskeletal conditions: a systematic review of the literature. Arch Phys Med Rehabil, 2018;99(5):981-993. PubMed
  • King MG, et al. Prefabricated contoured foot orthoses to reduce pain and increase physical activity in people with hip osteoarthritis: a randomised feasibility trial. Physiother Res Int, 2024;29(4):e2118. PubMed
  • Segal NA, et al. Greater trochanteric pain syndrome: epidemiology and associated factors. Arch Phys Med Rehabil, 2007;88(8):988-992. PubMed
  • Grimaldi A, Fearon A. Gluteal Tendinopathy: Integrating Pathomechanics and Clinical Features in Its Management. J Orthop Sports Phys Ther, 2015;45(11):910-922. PubMed
  • Hopayian K, Danielyan A. Four symptoms define the piriformis syndrome: an updated systematic review of its clinical features. Eur J Orthop Surg Traumatol, 2018;28(2):155-164. PubMed
  • Svenningsen S, et al. Regression of femoral anteversion: a prospective study of intoeing children. Acta Orthop Scand, 1989;60(2):170-173. PubMed

Douleur de hanche persistante ? Un bilan biomécanique pour y voir clair

Si votre douleur de hanche revient malgré les traitements (kiné, infiltrations, médicaments), les facteurs mécaniques méritent d'être recherchés. Aucune compensation sans bilan. Aucun bilan sans identification précise du mécanisme. Apportez votre imagerie disponible : nous l'intégrons dès le premier rendez-vous.

Cabinet Olagnier à Bron · 04 72 37 17 31

Cette page fait partie du silo pathologies articulaires et musculaires, lui-même rattaché au hub pathologies. Le bilan qui précède toute prise en charge est décrit sur la page bilan podologique.