Douleurs de hanche à Lyon :
le pied, acteur méconnu
Coxarthrose, tendinopathie du moyen fessier, syndrome pyramidal, cruralgie, douleur à l'aine : certaines douleurs de hanche ont une composante mécanique liée au pied. Au Cabinet Olagnier, nous cherchons ces facteurs, nous les mesurons, et nous n'agissons que quand le bilan le confirme.
Le pied peut-il être en cause dans une douleur de hanche ?
Une douleur de hanche peut avoir une composante mécanique liée au pied : rotation du membre inférieur, pronation, inégalité de longueur des membres. Au Cabinet Olagnier, à Bron, le bilan mesure d'abord ces facteurs. Les semelles ne guérissent pas la hanche et n'ont pas d'efficacité démontrée dans la coxarthrose, la tendinopathie du moyen fessier ou du psoas et la pubalgie. Elles ont leur place quand le bilan trouve une cause qu'elles peuvent traiter : une vraie différence de longueur de jambes (y compris après une prothèse), un pied qui s'affaisse fortement ou un pied douloureux qui fait boiter.
- Pédicure-podologue D.E.RPPS 10006118557
- DU Podologie du sportUniversité Lyon 1
- DIU Posturologie cliniqueUniversité Grenoble Alpes
- DU Recherche cliniqueDe l'idée à la publication · Université Lyon 1
- EnseignantIFPP de Lyon (campus Rockefeller)
- Formateur et expert scientifiqueCollège des Hautes Études en Médecine (CHEM)
- Recherche sur les semelles imprimées en 3Davec les Hospices Civils de Lyon
Mis à jour le 18 octobre 2026. Cette page ne remplace pas une consultation.
Comment le pied influence la hanche à chaque pas
La hanche n'est pas une articulation isolée. Elle reçoit à chaque pas une partie des contraintes que le pied génère via la chaîne cinétique ascendante : rotation, compression, asymétrie. Modifier les appuis peut, dans certains cas, réduire les contraintes plus haut.
Pied
Pronation /
supination
Tibia / Fémur
Rotation interne
ou externe propagée
Hanche
Charge sur cartilage,
tendons, nerfs
Bassin
ILMI → bascule
asymétrique
Rachis / Genou
Répercussions
en cascade
La chaîne cinétique ascendante : une perturbation au sol peut remonter à chaque étage.
Concrètement, deux mécanismes relient le pied à la hanche. Le premier : un pied en pronation excessive entraîne une rotation interne du tibia et du fémur, modifiant la position de la tête fémorale dans son cotyle et pouvant surcharger tendons, nerfs et cartilage selon la pathologie. Le second : une inégalité de longueur des membres inférieurs (ILMI), fait basculer le bassin et rend le travail des deux hanches asymétrique. De quel côté la hanche souffre le plus ? Les études se contredisent : sur près de 4 600 personnes, l'arthrose de hanche est plus fréquente du côté de la jambe la plus courte, surtout au-delà de 2 cm (Kim 2018), alors qu'une petite cohorte finlandaise suivie 29 ans compte trois fois plus de prothèses du côté long (Tallroth 2017). D'où l'intérêt de mesurer plutôt que de présumer.
Ces deux mécanismes ne sont ni constants ni universels. C'est pourquoi un bilan objectif, et pas une simple mesure, est indispensable avant toute prescription.
La relation entre le pied et la hanche est biomécaniquement plausible et discutée dans la littérature pour plusieurs pathologies. Elle n'explique pas toutes les douleurs de hanche : les causes inflammatoires (arthrite), tumorales, infectieuses ou chirurgicales relèvent d'autres spécialistes. Pour la coxarthrose, la tendinopathie du moyen fessier, la tendinopathie du psoas et la pubalgie, les semelles n'ont pas d'efficacité démontrée. Notre rôle : identifier si un facteur mécanique d'origine basse est présent, le mesurer, et n'agir dessus que quand le bilan le justifie.
Elle est utile quand le bilan trouve une cause qu'elle peut traiter. Une vraie différence de longueur de jambes, y compris après une prothèse de hanche : la compensation est intégrée à la semelle, jamais une simple talonnette, et sa hauteur est réglée au test de Bassani, qui cherche la hauteur qui équilibre le tonus des muscles du dos (aucune règle chiffrée ne fait consensus, Campbell 2018). Un pied qui s'affaisse fortement et entretient la rotation de la jambe, ou un pied douloureux qui fait boiter. Dans la coxarthrose, un petit essai encourage à poursuivre : avec des semelles contournées, les patients marchaient environ 2 600 pas de plus par jour qu'avec des semelles plates, sans différence de douleur (King 2024, 27 patients, étude préliminaire).
Quelle pathologie correspond à ce que vous ressentez ?
Chacune a ses mécanismes propres, mais toutes partagent le même fil conducteur : un bilan biomécanique avant toute prescription, jamais de semelle sans analyse de la chaîne cinétique.
Pubalgie
Douleur à l'aine et à la symphyse pubienne, aggravée par les changements de direction, les tirs et les sprints. Fréquente chez les footballeurs et les coureurs.
Coxarthrose
Douleur inguinale profonde, raideur matinale, limitation de la rotation interne. L'usure du cartilage de hanche progresse souvent de façon asymétrique.
Tendinopathie du moyen fessier
Douleur externe de hanche (grand trochanter), aggravée en montant les escaliers, pire la nuit couché sur le côté atteint. Touche surtout les femmes : après 50 ans, 15 % d'entre elles contre 6,6 % des hommes (Segal 2007).
Cruralgie
Douleur irradiant de la région lombaire vers la face antérieure de la cuisse. Signe de Léri positif, possible faiblesse du quadriceps.
Tendinopathie du psoas
Douleur profonde à l'aine, aggravée à la flexion de hanche : monter les escaliers, pédaler, courir. Parfois un ressaut audible (coxa saltans interna).
Syndrome pyramidal
Douleur fessière profonde irradiant dans la jambe, difficile à supporter assis plus d'une demi-heure. IRM lombaire normale. Signe de Lasègue absent ou atypique.
Antétorsion fémorale exagérée
Marche en dedans, position assise en W, douleur à l'avant du genou. Enfant ou adulte. Régresse spontanément dans plus de 8 cas sur 10 au cours de la croissance.
Pourquoi toutes ces pathologies partagent le même protocole
Que vous consultiez pour une coxarthrose, un syndrome pyramidal ou une douleur à l'aine, le bilan podologique explore toujours les mêmes paramètres mécaniques fondamentaux, car c'est leur combinaison qui oriente vers la structure surchargée.
Mesure clinique de l'ILMI
Mesure des membres (épine iliaque → malléole), comparaison droite-gauche, distinction entre inégalité anatomique et fonctionnelle. Point de départ, jamais suffisant seul pour prescrire.
Baropodométrie statique et dynamique
Cartographie des pressions plantaires, répartition de charge entre les deux membres, analyse de la pronation en dynamique. Objectivation des asymétries à chaque pas.
Analyse rotatoire du membre inférieur
Torsion tibiale, angle de progression du pas, pronation ou supination de l'arrière-pied. Détermine le sens de la rotation dominante et son impact sur la hanche concernée.
Analyse posturale globale
Axe frontal et sagittal en charge, antéversion ou rétroversion pelvienne, chaîne de rotation dans le plan transversal. Vérifie que la correction locale ne déséquilibre pas la posture haute.
Lecture des documents médicaux
IRM, radiographies (de préférence en charge), échographies, comptes-rendus de consultation. L'imagerie oriente le niveau à traiter et exclut les causes graves nécessitant un autre spécialiste.
Validation avant prescription
La semelle n'est prescrite que si le bilan identifie un facteur mécanique objectivable ET si la correction simulée améliore les paramètres sans créer de déséquilibre secondaire.
La semelle réduit une contrainte mécanique : elle ne guérit pas une pathologie.
Aucune semelle orthopédique ne guérit une coxarthrose, ne supprime une compression nerveuse, ni ne corrige une antétorsion fémorale. Ce que la semelle peut faire : réduire une contrainte mécanique modifiable, quand le bilan en identifie une. C'est un levier biomécanique parmi d'autres : sa valeur dépend de la qualité du bilan qui le précède et de la prise en charge pluridisciplinaire qui l'accompagne.
Ce que nous ne faisons pas
- Promettre de guérir ou de stopper une coxarthrose
- Traiter une compression nerveuse sans diagnostic médical préalable
- Corriger une antétorsion fémorale avec des semelles
- Prescrire sans identifier le mécanisme précis en cause
- Intervenir sans coordination avec vos autres soignants
Ce que nous faisons
- Bilan biomécanique instrumenté complet (ILMI, baropodométrie, rotations)
- Lecture de vos imageries disponibles intégrée au bilan
- Prescription ciblée sur le facteur mécanique identifié
- Transmission du compte-rendu à vos autres soignants
- Suivi à 6 semaines par questionnaire e-mail, revu au cabinet si un ajustement est utile
Questions fréquentes sur la hanche et la podologie
Les questions que nos patients posent avant de consulter pour une douleur de hanche.
Un podologue peut-il vraiment agir sur une douleur de hanche ?
Toutes les douleurs de hanche ont-elles une cause podologique ?
Quelle est la différence entre syndrome pyramidal et sciatique ?
La pronation du pied peut-elle vraiment causer une douleur de hanche ?
Faut-il une ordonnance pour consulter pour une douleur de hanche ?
Mon enfant marche en dedans : faut-il consulter en urgence ?
Quels signes doivent faire consulter un médecin rapidement pour une douleur de hanche ?
Les études citées
- Kim C, et al. Leg Length Inequality and Hip Osteoarthritis in the Multicenter Osteoarthritis Study and the Osteoarthritis Initiative. Arthritis Rheumatol, 2018;70(10):1572-1576. PubMed
- Tallroth K, et al. Is a long leg a risk for hip or knee osteoarthritis? Acta Orthop, 2017;88(5):512-515. PubMed
- Campbell TM, et al. Shoe lifts for leg length discrepancy in adults with common painful musculoskeletal conditions: a systematic review of the literature. Arch Phys Med Rehabil, 2018;99(5):981-993. PubMed
- King MG, et al. Prefabricated contoured foot orthoses to reduce pain and increase physical activity in people with hip osteoarthritis: a randomised feasibility trial. Physiother Res Int, 2024;29(4):e2118. PubMed
- Segal NA, et al. Greater trochanteric pain syndrome: epidemiology and associated factors. Arch Phys Med Rehabil, 2007;88(8):988-992. PubMed
- Grimaldi A, Fearon A. Gluteal Tendinopathy: Integrating Pathomechanics and Clinical Features in Its Management. J Orthop Sports Phys Ther, 2015;45(11):910-922. PubMed
- Hopayian K, Danielyan A. Four symptoms define the piriformis syndrome: an updated systematic review of its clinical features. Eur J Orthop Surg Traumatol, 2018;28(2):155-164. PubMed
- Svenningsen S, et al. Regression of femoral anteversion: a prospective study of intoeing children. Acta Orthop Scand, 1989;60(2):170-173. PubMed
Douleur de hanche persistante ? Un bilan biomécanique pour y voir clair
Si votre douleur de hanche revient malgré les traitements (kiné, infiltrations, médicaments), les facteurs mécaniques méritent d'être recherchés. Aucune compensation sans bilan. Aucun bilan sans identification précise du mécanisme. Apportez votre imagerie disponible : nous l'intégrons dès le premier rendez-vous.
Cabinet Olagnier à Bron · 04 72 37 17 31
Cette page fait partie du silo pathologies articulaires et musculaires, lui-même rattaché au hub pathologies. Le bilan qui précède toute prise en charge est décrit sur la page bilan podologique.