Hanche · Podologue à Bron, près de Lyon

Tendinite du moyen fessier : la douleur sur le côté de la hanche

Une douleur sur le côté de la hanche, qui vous réveille quand vous dormez dessus, gêne dans les escaliers ou quand vous restez debout ? C’est souvent le tendon du moyen fessier.

  • Sans ordonnance
  • Bilan podologique 70 €
  • En lien avec votre kinésithérapeute
Comprendre

Un tendon écrasé contre l’os

Les muscles moyen et petit fessiers stabilisent le bassin à chaque pas : ce sont eux qui l’empêchent de tomber du côté de la jambe levée. Leurs tendons s’attachent sur le grand trochanter, la bosse que l’on sent sur le côté de la hanche.

Ces tendons supportent bien la traction, beaucoup moins l’écrasement. Quand la cuisse passe vers l’intérieur, le tendon est comprimé contre l’os par une bande fibreuse, le fascia lata. Répété, cet écrasement associé à des efforts trop brusques finit par le rendre douloureux (Grimaldi 2015).

Les médecins parlent de tendinopathie glutéale ou de syndrome douloureux du grand trochanter. Le mot « bursite » est resté dans le langage courant, mais la bourse n’est le plus souvent qu’irritée à côté du tendon.

Au quotidien

Les positions qui écrasent le tendon, et comment les éviter

C’est le premier geste du traitement, et il ne coûte rien : réduire la compression du tendon.

  1. Pour dormir

    Évitez de dormir sur le côté douloureux. Sur l’autre côté, placez un coussin entre les genoux pour que la jambe du dessus ne tombe pas vers l’avant.

  2. Debout

    Évitez de vous appuyer sur une seule jambe, hanche sortie sur le côté. Répartissez le poids sur les deux pieds.

  3. Assis

    Ne croisez pas les jambes. Évitez les sièges très bas, où les genoux montent plus haut que les hanches.

Et le sport ? Mieux vaut l’adapter que l’arrêter : moins de volume, moins de descentes et de terrains en dévers, des pas un peu plus courts. Les étirements qui tirent la jambe vers l’intérieur, comme les étirements de la bandelette, compriment le tendon : mieux vaut les éviter pendant la phase douloureuse.

Est-ce bien ça ?

Ce qui peut y ressembler

Une douleur de hanche n’est pas toujours tendineuse. Deux tests simples, la palpation du tendon et la résistance à l’écartement de la jambe, confirment ou écartent le plus souvent le diagnostic : positifs tous les deux, ils le rendent très probable ; négatifs tous les deux, peu probable (Kinsella 2024).

AffectionCe qui la distingue
Arthrose de la hancheDouleur plutôt dans l’aine, raideur pour mettre ses chaussettes, hanche qui tourne mal.
Tendinopathie du psoasDouleur profonde de l’aine quand on lève la jambe.
Douleur venant du dosDouleur qui descend sous le genou, fourmillements, lien avec les mouvements du dos. Voir aussi la cruralgie.
Syndrome du piriformeDouleur dans la fesse plutôt que sur le côté, parfois vers l’arrière de la cuisse.
Consultez un médecin rapidement si :
  • la douleur est apparue après une chute ou un choc ;
  • elle est intense la nuit, avec fatigue, amaigrissement ou fièvre ;
  • la hanche est chaude et vous ne pouvez plus appuyer ;
  • la douleur descend dans la jambe avec une faiblesse ou une perte de sensibilité.
Idées reçues

« Il faut du repos et une infiltration »

Faux : le repos complet affaiblit le tendon, et attendre sans rien changer donne les moins bons résultats. À un an, l’éducation et les exercices font mieux que l’infiltration sur l’amélioration globale (Mellor 2018).

Faux aussi : « il faut étirer ». Les étirements qui tirent la jambe vers l’intérieur écrasent le tendon et peuvent entretenir la douleur.

Vrai : un tendon se soigne en le chargeant progressivement, en évitant ce qui l’écrase. C’est le principe du programme qui a donné les meilleurs résultats.

Le traitement

Ce qui marche le mieux : éducation et exercices

C’est le traitement de référence, conduit le plus souvent par un kinésithérapeute.

L’essai LEAP (Mellor 2018)

  • 204 patients souffrant depuis plus de 3 mois, répartis en trois groupes : éducation et exercices (14 séances sur 8 semaines), une infiltration de corticoïdes, ou simple attente.
  • À 8 semaines, se disaient améliorés : 77 % du groupe éducation et exercices, 58 % du groupe infiltration, 29 % du groupe attente.
  • À un an : 78 %, 57 % et 52 %. L’éducation et les exercices restent supérieurs sur l’amélioration globale ; sur la douleur, ils ne diffèrent plus de l’infiltration, les deux restant meilleurs que l’attente.
Au cabinet

Le rôle du podologue

Il ne remplace pas le programme d’exercices, et nous préférons être clairs : ni les semelles ni la talonnette n’ont fait la preuve de leur efficacité pour ce tendon. Notre rôle est ailleurs.

  1. Le bilan

    Questions sur vos positions et votre activité, tests du tendon, recherche des signes d’alerte. Le bilan podologique oriente vers le médecin si besoin.

  2. Les positions et l’activité

    Nous passons en revue avec vous ce qui écrase le tendon au quotidien : sommeil, station debout, sièges, escaliers, et nous vous orientons vers un kinésithérapeute pour le programme d’exercices.

  3. La marche et la course

    Observation de la marche et, chez le coureur, analyse de la foulée : largeur du pas, bassin qui tombe, appuis.

  4. Le chaussage, et les semelles seulement si besoin

    Chaussures stables pour marcher longtemps. Des semelles ne sont proposées que pour un autre problème du pied, pas pour soigner ce tendon. Une grande inégalité de longueur, rare, se discute au cas par cas.

Tarifs : bilan podologique 70 € ; semelles de 185 à 200 €, bilan compris, remises lors d’un second rendez-vous, généralement sous 3 à 10 jours. Voir nos tarifs.

Et les semelles ?

  • Chez 53 femmes atteintes, des semelles avec un coin interne anti-pronation n’ont pas modifié la mécanique de la hanche à la marche ; la baisse de douleur, très faible, n’avait pas d’intérêt clinique. Des semelles sur mesure, portées plus longtemps, n’ont pas encore été testées (Hunter 2023).
  • Chez 1 482 adultes, une jambe plus longue d’au moins 1 cm n’était pas plus fréquente en cas de tendinopathie du moyen fessier. Être une femme multipliait en revanche le risque par 3 environ (Segal 2008).
  • La seule étude ancienne sur les orthèses était trop biaisée pour conclure (Barratt 2017).
  • Mellor R, et al. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy: prospective, single blinded, randomised clinical trial. BMJ, 2018;361:k1662. PubMed
  • Grimaldi A, et al. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med, 2015;45(8):1107-19. PubMed
  • Kinsella R, et al. Diagnostic Accuracy of Clinical Tests for Assessing Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Systematic Review With Meta-analysis. J Orthop Sports Phys Ther, 2024;54(1):26-49. PubMed
  • Hunter J, et al. Do posted foot orthoses alter hip biomechanics and pain during walking in women with greater trochanteric pain syndrome? Gait Posture, 2023;99:35-43. PubMed
  • Segal NA, et al. Leg-length inequality is not associated with greater trochanteric pain syndrome. Arthritis Res Ther, 2008;10(3):R62. PubMed
  • Barratt PA, et al. Conservative treatments for greater trochanteric pain syndrome: a systematic review. Br J Sports Med, 2017;51(2):97-104. PubMed
Questions fréquentes

Vos questions sur la tendinite du moyen fessier

Tendinite du moyen fessier ou bursite trochantérienne : quelle différence ?
On a longtemps parlé de bursite trochantérienne. On sait aujourd’hui que la douleur vient le plus souvent des tendons des muscles moyen et petit fessiers, la bourse n’étant qu’irritée à côté. Les médecins parlent de tendinopathie glutéale ou de syndrome douloureux du grand trochanter. Le traitement est le même.
Pourquoi la douleur est-elle pire la nuit, couché sur le côté ?
Couché sur le côté douloureux, le tendon est écrasé contre l’os. Couché sur le côté sain, la jambe du dessus tombe vers l’avant et le tendon est étiré et comprimé. Un coussin entre les genoux, ou dormir sur le dos, soulage souvent.
Combien de temps dure une tendinite du moyen fessier ?
Souvent plusieurs mois si rien ne change. Dans l’essai LEAP, 77 % des patients se disaient améliorés après 8 semaines d’éducation et d’exercices, contre 29 % de ceux qui attendaient simplement. Le bénéfice se maintenait à un an.
Faut-il faire une infiltration ?
C’est une décision médicale. Dans l’essai LEAP, l’infiltration soulageait mieux que l’attente à 8 semaines, mais moins que l’éducation et les exercices, qui restaient supérieurs à un an sur l’amélioration globale. Les recommandations actuelles placent l’éducation et les exercices en premier.
Faut-il une IRM ?
Pas pour commencer. Deux tests simples, la palpation du tendon et la résistance à l’écartement de la jambe, suffisent souvent à confirmer ou à écarter le diagnostic. Le médecin prescrit une imagerie en cas de doute ou si la douleur ne s’améliore pas.
Les semelles suffisent-elles à soigner une tendinite du moyen fessier ?
Non, et les études disponibles ne plaident pas pour elles : des semelles anti-pronation n’ont pas modifié la mécanique de la hanche ni apporté de soulagement notable, et une jambe plus longue n’est pas associée à cette tendinopathie. Le traitement de base, ce sont l’éducation et les exercices. Le podologue confirme le diagnostic, conseille positions, chaussage et course, et ne propose des semelles que pour un autre motif du pied.
Peut-on continuer à courir ?
Souvent, en adaptant : réduire le volume et les descentes, éviter les pentes en dévers, raccourcir un peu la foulée. Si la douleur augmente pendant ou le lendemain de la course, il faut réduire davantage. L’analyse de la foulée aide à repérer ce qui charge la hanche.
Les semelles sont-elles remboursées dans ce cadre ?
En partie, si des semelles sont indiquées. Sur prescription d’un médecin ou d’un pédicure-podologue, l’Assurance maladie rembourse 60 % d’une base fixée selon la pointure, soit au plus 17,31 € pour une paire adulte. Au cabinet, les semelles coûtent de 185 à 200 €, bilan compris.

Mal sur le côté de la hanche ?

Un bilan au cabinet, à Bron, vérifie le diagnostic, fait le point sur ce qui écrase le tendon au quotidien et vous oriente vers le bon programme, avec votre kinésithérapeute.

Cette page informe sur la tendinite du moyen fessier et ne remplace pas une consultation. Le diagnostic repose sur l’examen clinique ; l’imagerie est prescrite par votre médecin si nécessaire. Les résultats cités sont ceux des études référencées ; ils ne constituent pas une garantie individuelle.