Tendinopathie de la
patte d’oie
Podologue à Lyon / Bron
Douleur sur le bord interne du genou, surtout à la montée des escaliers ou après une sortie de course à pied ? La patte d’oie est souvent en cause — et la biomécanique du pied joue un rôle direct.
Pathologies du genou → Nos semelles 3D →en confluence
Comprendre la pathologie
Trois tendons, un même point de fragilité
La patte d’oie désigne la confluence de trois tendons sur la face interne du tibia, à environ 4 à 6 cm en dessous de l’interligne articulaire du genou :
- Le sartorius, le plus long muscle du corps, qui descend de la hanche
- Le gracilis (droit interne), tendu depuis le pubis
- Le semi-tendineux, l’un des trois muscles ischio-jambiers
Cette insertion commune subit des contraintes en traction et en friction à chaque flexion du genou. Lorsque ces contraintes répétées dépassent la capacité d’adaptation locale — en volume, en intensité ou sous l’effet d’un désaxement du membre inférieur — une réaction tendineuse et/ou bursale s’installe.
Une bourse séreuse (sac de glissement) est logée entre les tendons et le ligament collatéral médial. Son inflammation — la bursite de la patte d’oie — peut s’y associer à la tendinopathie, avec un gonflement local parfois visible.
Signes à reconnaître
Comment se manifeste la douleur ?
La douleur est typiquement localisée sur le bord interne du genou, quelques centimètres sous l’interligne. Elle se distingue de la douleur méniscale, qui siège exactement sur l’interligne.
- Douleur à la montée et surtout à la descente des escaliers
- Douleur au démarrage après un temps de repos (lever de chaise, sortie du lit)
- Gêne en fin de sortie de course à pied, surtout en descente ou sur terrain dur
- Sensibilité marquée à la palpation directe de l’insertion
- Parfois gonflement local chaud en cas de bursite associée
À distinguer : une douleur exactement sur l’interligne médial évoque plutôt une méniscopathie médiale →. Un bilan clinique précis permet de différencier les deux.
Qui est concerné ?
Plusieurs profils, un mécanisme commun
La surcharge répétitive de la patte d’oie peut toucher des profils très différents. Dans tous les cas, le mécanisme central est le même : trop de contrainte répétée sur un tendon qui n’a pas eu le temps de s’adapter.
Coureur à pied
Augmentation rapide du kilométrage, terrain dur, dénivelé, genu valgum ou pronation excessive — chaque facteur amplifie la traction sur la patte d’oie.
Cycliste
Position de selle trop basse, cale-pieds mal orientée, pédalage en valgus — la flexion répétée sous contrainte sollicite l’insertion médiale du genou.
Patient avec gonarthrose médiale
La dégradation du compartiment médial modifie l’axe du genou et augmente la tension sur les structures internes, patte d’oie comprise. Les deux pathologies coexistent fréquemment.
Surpoids et sédentarité
L’excès de charge verticale répétée sur un genou déjà en valgus, combiné à des ischio-jambiers peu entraînés, crée les conditions d’une tendinopathie même sans sport.
Le lien biomécanique clé
Du pied au genou interne : la chaîne de transmission
La tendinopathie de la patte d’oie est l’une des pathologies du genou où la biomécanique du pied influe directement sur les contraintes locales — ce qui justifie pleinement l’évaluation podologique.
Un pied en pronation excessive entraîne une rotation interne du tibia à chaque appui. Cette rotation se transmet au genou sous forme d’un valgus fonctionnel : le genou s’effondre vers l’intérieur, augmentant la tension sur l’ensemble des structures médiales, patte d’oie comprise.
Un avant-pied varus, une inégalité de longueur des membres inférieurs ou un effondrement de l’arche médiale participent au même mécanisme.
Contrairement à la plupart des tendinopathies du genou, celle-ci présente un angle d’intervention podologique direct et traçable : corriger la pronation au sol, c’est réduire mécaniquement la contrainte en valgus sur la patte d’oie à chaque foulée.
Rôle des semelles
Ce que les semelles orthopédiques apportent
Lorsque le bilan podologique identifie un facteur biomécanique aggravant, les semelles sur mesure peuvent moduler efficacement les contraintes :
- Correction du valgus subtalar : un soutien médio-pied réduit la pronation dynamique et limite la rotation tibiale interne à chaque appui.
- Correction d’un avant-pied varus : une compensation de l’avant-pied supprime la torsion tibiale compensatoire qui surcharge le compartiment médial.
- Correction d’une inégalité de longueur : un côté plus court entraîne une bascule pelvienne et un valgus relatif du genou — une talonnette sur le côté court peut y remédier.
- Amortissement : réduire les pics d’impact au talon limite les contraintes transmises aux structures tendineuses du genou.
Les semelles sont fabriquées sur mesure et remises lors d’un second rendez-vous, généralement sous 3 à 10 jours.
Nos semelles 3D →Traitement — pilier principal
Gérer la charge mécanique sous le seuil douloureux
Les semelles s’inscrivent dans une prise en charge globale dont le pivot reste la quantification du stress mécanique. L’objectif n’est pas l’arrêt du sport, mais l’ajustement précis du volume et de l’intensité pour rester sous le seuil de douleur.
Entraînement maintenu
Douleur ≤ 3 / 10 pendant l’effort, disparue en moins de 24 h après
On continue, progression maximale de +10 % de volume par semaine
Charge à réduire
Douleur entre 4 et 6 / 10, ou persistante le lendemain matin
Réduire le volume (−30 %), éviter le dénivelé, remplacer la course par du vélo ou de la natation
Pause courte
Douleur ≥ 7 / 10, ou douleur de repos / nocturne
Repos relatif 48–72 h, glaçage local, puis reprise progressive depuis la zone verte
Phase aiguë : glaçage local
En phase d’irritation, 10 à 15 minutes de glace (jamais à peau nue) après l’effort peut moduler la réaction inflammatoire locale et réduire la douleur à court terme.
Renforcement en chaîne
Le renforcement excentrique des ischio-jambiers et l’amélioration de la force des abducteurs de hanche réduisent mécaniquement la contrainte en valgus sur le genou à chaque foulée.
Assouplissement ciblé
Des étirements réguliers du sartorius, du gracilis et du semi-tendineux diminuent la tension de repos sur l’insertion — à réaliser sans douleur, en dehors des phases aiguës.
Cas concret
Quand le genou « rentre » à la course : l’exemple d’Alain
Cas illustratif composite
Une douleur du bord interne du genou qui ne se voit qu’en mouvement
Alain, 66 ans, coureur de loisir de longue date, consulte pour une douleur du bord interne du genou gauche : une gêne quotidienne discrète (2/10) qui grimpe à 6/10 le lendemain de ses sorties de plus de 10 km. À la palpation, la patte d’oie gauche est douloureuse et reconnue ; le ménisque interne et la rotule, eux, sont indolores — ce qui oriente d’emblée le diagnostic.
En statique, rien d’alarmant. C’est en dynamique que tout se lit : au test en appui sur une jambe, genou fléchi, et surtout à l’analyse de course, son genou gauche part en rotation interne avec un valgus dynamique marqué — le genou « rentre » vers l’intérieur à chaque appui. Son équilibre, lui, n’était pas en cause (quotient de Romberg normal, non visuo-dépendant) : le problème n’est pas la stabilité, mais le contrôle du valgus dans le mouvement.
Autrement dit, la patte d’oie gauche est surchargée par un excès de rotation interne du genou, entretenu par la mécanique d’appui du pied. La douleur n’est pas la « maladie » : elle est le symptôme d’une contrainte répétée mal répartie.
Fait notable : ses chaussures (bien amorties) et ses semelles étaient déjà globalement adaptées. Il n’a donc pas été question de « tout refaire », mais d’agir sur la charge et la chaîne : réduire les sorties en descente et sur terrain dur le temps de calmer le tendon, travailler la mobilité et les étirements (triceps sural, ischio-jambiers), et surtout renforcer les abducteurs de hanche pour contrôler ce valgus dynamique — avec un ajustement mineur des semelles (renfort médio-pied) pour limiter la rotation interne à l’appui.
C’est tout l’intérêt d’objectiver le geste : l’analyse de la foulée et de la course révèle un valgus dynamique qu’aucun examen statique ne montre. Et lorsqu’une gonarthrose médiale coexiste — fréquent après 60 ans —, corriger ce valgus soulage à la fois le tendon et le compartiment interne du genou.
Cas illustratif composite, inspiré de situations cliniques courantes rencontrées au cabinet. Il ne reproduit pas un patient identifiable et ne constitue pas un témoignage : chaque prise en charge est individuelle et définie après examen.
Questions fréquentes
Ce qu’on nous demande le plus souvent
Dois-je arrêter de courir complètement ?
Pas nécessairement. Si la douleur reste ≤ 3/10 en course et disparaît dans les 24 heures, vous pouvez continuer en ajustant le volume. En revanche, il faut supprimer les sorties en descente et sur terrain dur dans un premier temps, et proscrire les augmentations de kilométrage brutales. Le vélo et la natation sont d’excellentes alternatives de maintien de condition physique.
Pourquoi mon podologue me parle du pied pour un problème de genou ?
Parce que la mécanique du pied conditionne directement la contrainte au genou. Un pied qui s’effondre vers l’intérieur à chaque appui génère une rotation tibiale interne qui met en tension les structures médiales du genou — dont la patte d’oie. Corriger l’appui au sol, c’est agir sur la source de la surcharge, pas seulement sur ses conséquences.
Pourquoi mon genou « rentre » vers l’intérieur quand je cours ?
C’est ce qu’on appelle un valgus dynamique : sous l’effet d’une pronation du pied et d’un déficit de contrôle des abducteurs de hanche, le genou s’effondre vers l’intérieur à chaque appui, ce qui met en tension les structures médiales comme la patte d’oie. Ce mouvement n’est souvent visible qu’en dynamique — au test en appui monopodal genou fléchi ou à l’analyse de course — et se corrige en associant renforcement de la hanche, gestion de la charge et, si besoin, une orthèse limitant la rotation tibiale interne.
Quelle est la différence avec une douleur méniscale ?
La localisation précise fait la différence. La douleur de la patte d’oie siège 4 à 6 cm en dessous de l’interligne articulaire médial. La douleur méniscale est exactement sur l’interligne. À la palpation, votre praticien peut distinguer les deux. Un bilan clinique — et si besoin une IRM — permet de trancher.
J’ai une gonarthrose : est-ce que ça complique le traitement ?
Les deux pathologies coexistent souvent chez le même patient. La gonarthrose médiale modifie l’axe du genou et amplifie les contraintes sur la patte d’oie. Dans ce contexte, les semelles orthopédiques présentent un double intérêt : réduire la contrainte sur l’insertion tendineuse et décharger le compartiment médial arthrosique. La prise en charge est identique mais la progressivité doit être encore plus rigoureuse.
Combien de temps dure la guérison ?
Variable selon l’ancienneté de la tendinopathie et la correction du ou des facteurs déclenchants. Une tendinopathie récente avec facteur biomécanique identifié et corrigé évolue favorablement en 4 à 8 semaines. Une tendinopathie négligée depuis plusieurs mois peut demander 3 à 6 mois de rééducation structurée.
Pour aller plus loin
Genou du coureur : ressources liées
Douleur sur le bord interne du genou ?
Un bilan podologique permet d’identifier si la biomécanique du pied contribue à la surcharge de la patte d’oie, et de proposer une orthèse adaptée à votre pratique sportive.
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