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Maladie de Sinding-Larsen-Johansson : douleur sous la rotule chez l'enfant sportif

Votre enfant a mal juste sous la rotule, pas sur la bosse du tibia, quand il saute ou court ? C'est souvent la maladie de Sinding-Larsen-Johansson, une douleur de croissance qui guérit. Voici comment la reconnaître et comment l'accompagner sans arrêter le sport.

  • Guérit avec la croissance
  • Adapter le sport plutôt que l'arrêter
  • Sans ordonnance
Comprendre

Même tendon qu'Osgood-Schlatter, autre extrémité

Le tendon rotulien relie la rotule au tibia. En bas, il s'attache sur la bosse du tibia : c'est là qu'agit la maladie d'Osgood-Schlatter. En haut, il part de la pointe inférieure de la rotule : c'est là qu'agit la maladie de Sinding-Larsen-Johansson.

Pendant la croissance, cette pointe de la rotule est encore en cours d'ossification, donc plus fragile. Les tractions répétées du tendon, à chaque saut, sprint ou réception, l'irritent. On parle de douleur « de traction ».

La bonne nouvelle : elle est bénigne et guérit avec la fin de la croissance de cette zone (Medlar 1978). L'enjeu est de traverser cette période en restant actif, sans arrêt sportif prolongé.

Elle reste peu étudiée : une revue de 2024 montre que l'essentiel des connaissances vient de cas isolés (Wilczyński 2024).

Reconnaître

Sous la rotule ou sur la bosse du tibia ?

OrigineOù ça fait mal
Sinding-Larsen-JohanssonJuste sous la rotule, à la pression de sa pointe.
Osgood-SchlatterPlus bas, sur la bosse du tibia, parfois gonflée.
Syndrome fémoro-patellaireAutour et derrière la rotule, de façon diffuse, assis longtemps ou dans les escaliers.
Tendon du quadricepsAu-dessus de la rotule, plutôt chez l'adulte.

Les deux maladies de croissance peuvent coexister chez le même enfant. La douleur est réveillée par les sauts, la course, la position à genoux, la descente des escaliers, et calmée par le repos.

La prise en charge

Adapter la charge, renforcer, revenir par étapes

Pour cette maladie, les études publiées décrivent une évolution favorable avec un traitement conservateur, en deux à huit mois (Wilczyński 2024). Pour Osgood-Schlatter, qui touche le même tendon, un programme de 12 semaines associant adaptation de l'activité, suivi de la douleur et renforcement a amélioré 80 % des adolescents à 12 semaines et 90 % à un an ; 69 % avaient repris leur sport à un an (Rathleff 2020). Nous appliquons ces principes.

  1. Comprendre

    Expliquer à l'enfant et aux parents que la douleur n'abîme pas le genou et qu'elle guérit, pour sortir de la peur du mouvement.

  2. Adapter l'activité

    Réduire ce qui fait mal, sauts, sprints, matchs rapprochés, et garder ce qui est bien toléré : natation, vélo, entraînement technique.

  3. Renforcer

    Exercices progressifs de la cuisse et de la hanche, avec le kinésithérapeute, d'abord statiques puis dynamiques.

  4. Revenir au sport

    Retour par paliers aux sauts et aux matchs, guidé par la douleur du lendemain.

ZoneDouleurQue faire
Verte3 sur 10 au plus, disparue le lendemainOn continue et on progresse doucement.
Orange4 à 6 sur 10, ou encore là le lendemainOn réduit le volume et les sauts, on garde les activités non douloureuses et le renforcement.
Rouge7 sur 10 ou plus, ou douleur au reposPause relative de quelques jours, puis reprise depuis la zone verte.
Les semelles

Un complément, selon le pied de votre enfant

Aucune étude n'a testé les semelles dans la maladie de Sinding-Larsen-Johansson, et nous ne les présentons pas comme un traitement. Elles peuvent en revanche moduler les contraintes transmises au genou pendant cette période de fragilité.

Au bilan, nous regardons l'appui du pied, l'axe des jambes, la façon dont votre enfant se réceptionne et l'amorti de ses chaussures de sport. Si l'appui est déséquilibré ou si les réceptions sont mal amorties, une semelle peut alléger la charge pendant que l'adaptation de l'activité et le renforcement font leur travail.

Quand elle est utile, la semelle est thermoformée ou imprimée en 3D au cabinet, et adaptée aux chaussures de sport.

Au cabinet

Le déroulé du bilan

  1. Le sport de votre enfant

    Sports pratiqués, volume par semaine, compétitions, poussée de croissance récente. Orientation vers le médecin si un signe d'alerte est présent.

  2. L'examen

    Localisation précise de la douleur, souplesse de la cuisse, axe des jambes, appui du pied.

  3. Le mouvement

    Marche, course, réceptions de saut, appuis sur plateforme de pression.

  4. Le plan

    Échelle d'activité adaptée au sport de l'enfant, lien avec l'entraîneur et le kinésithérapeute, semelles si le pied participe, suivi à 6 semaines par e-mail.

Questions fréquentes

Les questions des parents

Qu'est-ce que la maladie de Sinding-Larsen-Johansson ?
C'est une douleur de croissance à la pointe inférieure de la rotule, là où s'attache le tendon rotulien. Pendant la croissance, cette zone est encore fragile, et les tractions répétées du tendon lors des sauts et des courses l'irritent. Elle touche surtout les enfants et adolescents sportifs et guérit avec la fin de la croissance.
Quelle est la différence avec Osgood-Schlatter ?
L'endroit de la douleur. Les deux touchent le tendon rotulien, mais à ses deux extrémités. Dans Sinding-Larsen-Johansson, la douleur est juste sous la rotule. Dans Osgood-Schlatter, elle est plus bas, sur la bosse du tibia. Le principe de prise en charge est le même : adapter la charge sans arrêter le sport.
Faut-il arrêter le sport ?
En général non. On adapte l'activité à la douleur : on réduit ce qui la provoque, on garde ce qui est bien toléré, et on renforce progressivement. Pour Osgood-Schlatter, qui touche le même tendon, un programme de ce type a amélioré 80 % des adolescents en 12 semaines. Un arrêt complet ne se discute qu'en cas de douleur forte ou de douleur au repos.
Combien de temps dure-t-elle ?
Elle guérit avec la fin de la croissance de cette zone. Dans les cas publiés, l'évolution sous traitement conservateur était favorable en deux à huit mois. La durée varie selon l'âge, le volume de sport et la façon dont la charge est adaptée.
Faut-il faire une radio ou une échographie ?
Le diagnostic est le plus souvent clinique. Si un examen est utile, l'échographie et l'IRM sont les plus informatives, la radiographie pouvant montrer une irrégularité de la pointe de la rotule. Après une chute ou une douleur brutale, le médecin vérifie l'absence de fracture.
Mon enfant peut-il jouer en compétition ?
Oui si la douleur reste faible pendant le match et a disparu le lendemain. Si elle augmente ou persiste, on réduit le temps de jeu plutôt que de forcer pendant des semaines.
Les semelles peuvent-elles aider ?
Aucune étude ne les a testées dans cette maladie. Elles peuvent moduler les contraintes transmises au genou quand le bilan retrouve un appui déséquilibré, un défaut d'amorti ou des réceptions mal contrôlées. Elles complètent l'adaptation de la charge et le renforcement, sans les remplacer.

Nos sources

  • Wilczyński B, et al. Sinding-Larsen-Johansson disease. Clinical features, imaging findings, conservative treatments and research perspectives: a scoping review. PeerJ, 2024;12:e17996. PubMed
  • Medlar RC, Lyne ED. Sinding-Larsen-Johansson disease. Its etiology and natural history. J Bone Joint Surg Am, 1978;60(8):1113-1116. PubMed
  • Rathleff MS, et al. Activity modification and knee strengthening for Osgood-Schlatter disease: a prospective cohort study. Orthop J Sports Med, 2020;8(4):2325967120911106. PubMed

Votre enfant a mal sous la rotule en faisant du sport ?

Au cabinet, nous précisons d'où vient la douleur, analysons l'appui et les réceptions de votre enfant, et construisons avec vous un plan pour qu'il reste actif pendant sa croissance.

Cette page informe sur la maladie de Sinding-Larsen-Johansson et ne remplace pas une consultation. Une douleur brutale après une chute, un genou gonflé et chaud, de la fièvre ou une douleur nocturne doivent être vus rapidement par un médecin. Les résultats cités sont ceux des études référencées ; ils ne constituent pas une garantie individuelle.