Pied diabétique · évaluation du risque

Suis-je à risque de plaie au pied (diabète) ?

Le risque n’est pas le même pour tous. Il dépend surtout de deux choses : ce que vous sentez et comment vous circulez. On l’évalue, et on le classe en grades 0 à 3.

Grades 0–3
votre niveau
de risque
Monofilament
le test de
la sensation
Remboursé
surveillance
grades 2-3, à 100 %
En bref

Deux facteurs décident : la sensation et la circulation.

Votre risque dépend surtout de deux choses : la perte de sensation protectrice (neuropathie) et la mauvaise circulation (artériopathie). S’y ajoutent les déformations du pied et, surtout, un antécédent de plaie ou d’amputation. Un pédicure-podologue évalue ce risque — notamment au monofilament de 10 g — et le classe en grades 0 à 3, qui déterminent la fréquence de surveillance.

Comprendre

Ce qui fait le risque

Tous les pieds diabétiques ne se valent pas face au risque de plaie. Deux mécanismes pèsent plus que les autres : la neuropathie (le pied ne ressent plus la pression ni les petites blessures — c’est l’élément le plus déterminant) et l’artériopathie (la circulation diminue, la peau se fragilise et cicatrise mal).

Plusieurs éléments aggravent ce risque : une déformation (orteils en griffe, hallux valgus, proéminence osseuse) qui crée des points d’hyperpression, une corne épaisse récidivante, un chaussage inadapté, l’ancienneté et l’équilibre du diabète, le tabac, une baisse de la vue ou de la mobilité qui empêche de voir et d’atteindre ses pieds. Et, par-dessus tout, un antécédent de plaie ou d’amputation, qui place d’emblée au niveau de risque le plus élevé.

La grille de référence

Les grades de risque, de 0 à 3

C’est la classification internationale utilisée par les professionnels (recommandations IWGDF). Elle croise la perte de sensation, l’artériopathie et l’antécédent de plaie pour déterminer à quelle fréquence surveiller le pied.

0Risque très faible

Ni perte de sensation protectrice, ni artériopathie.

Contrôle 1×/an
1Risque faible

Perte de sensation protectrice OU artériopathie (un seul des deux).

Tous les 6 à 12 mois
2Risque modéré

Les deux (sensation + artériopathie), ou l’un des deux avec une déformation du pied.

Tous les 3 à 6 mois
✓ Soins remboursés (jusqu’à 5 séances/an)
3Risque élevé

Grade 1 ou 2 + antécédent de plaie du pied ou d’amputation.

Tous les 1 à 3 mois
✓ Soins remboursés (6 séances/an, jusqu’à 8 si plaie)

Bon à savoir. Une consultation annuelle de prévention est prise en charge pour toutes les personnes diabétiques. Aux grades 2 et 3, les séances de soins de prévention sont remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie. Depuis 2024, le pédicure-podologue peut lui-même graduer le risque et prescrire ces soins.

Au cabinet

Comment on évalue votre risque

  • 1

    Vos antécédents. Ancienneté et équilibre du diabète, plaie ou amputation passées, tabac, vue, autonomie pour le soin des pieds.

  • 2

    La sensation — test au monofilament 10 g. Un fil de nylon calibré appliqué en plusieurs points : ne pas le sentir signe une perte de sensation protectrice. Complété par un diapason et la recherche des réflexes.

  • 3

    La circulation. Palpation des pouls du pied, recherche de signes d’artériopathie. En cas de doute, orientation vers le médecin pour des examens complémentaires.

  • 4

    La mécanique. Recherche des déformations, de la corne et des zones d’hyperpression, et examen du chaussage.

  • 5

    La conclusion. Un grade de 0 à 3, un plan de surveillance adapté et une synthèse transmise à votre médecin / diabétologue.

🔬 Ce que dit la science

La gradation du risque est au cœur des recommandations internationales : l’IWGDF 2023 structure la surveillance selon ces quatre niveaux, en fonction de la perte de sensation, de l’artériopathie et de l’antécédent de plaie (Bus et coll., IWGDF Guidelines, 2023).

Le monofilament de 10 g reste le test de dépistage de référence de la perte de sensation protectrice. Repérer le risque avant la première plaie est essentiel : une plaie précède la grande majorité des amputations chez les personnes diabétiques.

Idées reçues

« Je marche bien et je n’ai pas mal, donc je ne risque rien »

Faux : « pas de douleur, pas de risque ». C’est justement l’absence de douleur (neuropathie) qui constitue le principal danger.

Faux : « on n’est à risque qu’après une première plaie ». Une perte de sensation seule (grade 1) justifie déjà une surveillance.

Vrai : connaître son grade permet d’adapter la surveillance et d’agir avant la plaie.

Quand consulter sans tarder

Les signes qui imposent un avis rapide

⚠️ Avis médical sans attendre si…

  • Une plaie, fissure, cloque ou rougeur qui ne guérit pas en quelques jours.
  • Un cor ou durillon qui noircit, saigne ou suinte.
  • Un pied chaud, rouge et gonflé (infection possible, ou pied de Charcot).
  • Un écoulement, une mauvaise odeur ou de la fièvre.

Un pied diabétique infecté est une urgence : contactez votre médecin ou votre diabétologue immédiatement. En attendant, ne percez pas une cloque et n’appliquez pas de coricide.

Questions fréquentes

Votre risque : vos questions

Comment savoir si je risque une plaie au pied avec le diabète ?
En faisant évaluer deux choses par un professionnel : votre sensation au pied (test au monofilament de 10 g) et votre circulation (palpation des pouls, recherche d’artériopathie), complétées par l’examen des déformations, de la corne et de vos antécédents. Le pédicure-podologue en déduit un grade de risque de 0 à 3 et la fréquence de surveillance adaptée, en lien avec votre médecin.
Qu’est-ce que le test au monofilament ?
C’est un fil de nylon calibré (10 g) que le praticien applique en différents points de la plante du pied. Si vous ne le sentez pas à certains endroits, c’est le signe d’une perte de sensation protectrice (neuropathie) — le principal facteur de risque de plaie. Le test est indolore et rapide ; il est souvent complété par un diapason et la recherche des pouls du pied.
Que veulent dire les grades 0, 1, 2 et 3 ?
Ils classent votre risque de plaie selon deux éléments clés — la perte de sensation et l’état de la circulation — et un éventuel antécédent. Grade 0 : aucun des deux (risque très faible, contrôle annuel). Grade 1 : l’un des deux (surveillance tous les 6 à 12 mois). Grade 2 : les deux, ou l’un avec une déformation du pied (tous les 3 à 6 mois). Grade 3 : un antécédent de plaie ou d’amputation s’ajoute (tous les 1 à 3 mois). Plus le grade est élevé, plus la surveillance est rapprochée.
Les soins du pied diabétique sont-ils remboursés ?
En partie. Une consultation annuelle de prévention est prise en charge pour toutes les personnes diabétiques. Aux grades 2 et 3, des séances de soins de prévention sont remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie : jusqu’à 5 séances par an au grade 2 ; 6 au grade 3, et jusqu’à 8 en cas de plaie en cours de cicatrisation. Depuis 2024, le pédicure-podologue peut lui-même évaluer le grade et prescrire ces soins.
Je n’ai jamais eu de plaie : suis-je quand même concerné ?
Oui, possiblement. Le risque ne commence pas à la première plaie. Dès qu’il existe une perte de sensation protectrice ou une artériopathie — même sans aucun antécédent — vous êtes au moins au grade 1, qui justifie déjà une surveillance régulière. C’est tout l’intérêt du dépistage : repérer le risque avant la première plaie, pas après.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Sans tarder en cas de plaie, fissure, cloque ou rougeur qui ne guérit pas en quelques jours, de cor ou durillon qui noircit, saigne ou suinte, de pied chaud, rouge et gonflé, d’écoulement, de mauvaise odeur ou de fièvre. Un pied diabétique infecté est une urgence : contactez votre médecin ou votre diabétologue immédiatement. En attendant, ne percez pas une cloque et n’appliquez pas de coricide.

Connaître votre grade de risque

Une consultation de prévention permet de mesurer votre sensation et votre circulation, de fixer votre grade et d’adapter la surveillance — en lien avec votre médecin et votre diabétologue.

Cabinet Olagnier — 8 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 69500 Bron
Tél. 04 72 37 17 31 · du lundi au vendredi 8h–19h30, samedi 8h–12h30

Page d’information à visée générale ; elle ne remplace pas un avis individuel ni le suivi de votre diabète par votre médecin. La gradation du risque est un repère professionnel, pas un diagnostic à faire soi-même.