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Tendons du pied · Cabinet Olagnier Catégorie : Tendons

Tendinopathies
Fibulaires

Une douleur chronique derrière la malléole externe, souvent banalisée après une entorse. Seuls stabilisateurs actifs du versant externe de la cheville, les tendons fibulaires absorbent chaque contrainte en inversion — et finissent par en souffrir.

2 tendons Court et long fibulaire
> 50 % Des cas liés à une instabilité chronique
6–12 sem. Délai de récupération (phase réactive)

Les seuls stabilisateurs actifs externes de la cheville

Les ligaments stabilisent la cheville de façon passive — ils n’ont aucune capacité de contraction. Les tendons fibulaires, eux, sont les seuls éléments qui s’activent activement pour s’opposer à l’inversion du pied (le mouvement de l’entorse). Deux tendons, un rôle crucial : court fibulaire freine la bascule latérale, long fibulaire soutient la voûte. Ils courent tous deux derrière la malléole externe dans un couloir de friction — c’est là que la souffrance commence.

MALLÉOLE JAMBE PIED TALON Rétinaculum Maintien des tendons Zone de friction Compression maximale Long fibulaire ↳ soutient la voûte Malléole externe Repère osseux latéral Court fibulaire ↳ freine l’inversion LÉGENDE Court fibulaire Long fibulaire Rétinaculum Zone friction Vue latérale · pied droit face externe visible Trajet : jambe → malléole → pied RÔLE CLÉ Seuls stabilisateurs actifs externes de la cheville → Se contractent pour éviter l’entorse en inversion → Compensent les ligaments défaillants en cas d’instab. Les ligaments = passifs · les tendons = actifs → Surcharge chronique si instabilité non traitée Cf. LTFAI — lire la page dédiée

Vue latérale pied droit · schéma des tendons fibulaires (court = orange, long = vert) derrière la malléole externe

Pourquoi ces tendons sont-ils si souvent touchés ?

À chaque appui sur terrain instable, à chaque réception de saut, à chaque marche en pente latérale, les tendons fibulaires se contractent en urgence pour empêcher la cheville de basculer vers l’intérieur. Ce travail répété, accentué si le pied est naturellement en varus (supinateur), finit par dépasser leur capacité de récupération. Plus le pied est creux, plus l’instabilité est ancienne, plus le risque est élevé.

CF

Court fibulaire

Rôle principal
Freine le basculement du pied vers l’intérieur (éversion active)
Quand s’active-t-il ?
À chaque appui instable, chaque réception, chaque virage
Atteinte typique
Déchirure longitudinale (fissure dans la longueur), subluxation
Signal d’alarme
Claquement répété côté malléole externe
LF

Long fibulaire

Rôle principal
Stabilise la voûte médiale et participe à la propulsion
Quand s’active-t-il ?
À la phase d’appui terminal, lors des montées, à la marche rapide
Atteinte typique
Ténosynovite (inflammation de la gaine), syndrome os péroneum
Signal d’alarme
Douleur bord latéral du pied, jusque sous la voûte

Lien fort avec l’instabilité chronique de cheville

Les ligaments latéraux de la cheville (faisceau antérieur = LTFA) ont pour rôle de stabiliser passivement l’articulation. Après une entorse, s’ils ne cicatrisent pas complètement, la cheville devient instable. Les tendons fibulaires — seuls stabilisateurs actifs disponibles — prennent alors le relais à chaque appui. Ce surinvestissement permanent, multiplié par des années d’instabilité, est l’un des principaux mécanismes de la tendinopathie fibulaire.

Une tendinopathie fibulaire qui récidive sans cause évidente doit faire rechercher une instabilité chronique sous-jacente (LTFAI).

> 50 % des tendinopathies fibulaires
associées à une instabilité
+ de risque de récidive si
l’instabilité n’est pas traitée

Pourquoi ces tendons souffrent-ils ?

Toute situation qui multiplie les contraintes en inversion ou qui maintient les fibulaires en tension permanente peut déclencher la tendinopathie.

🤸

Entorses à répétition

Cause la plus fréquente. Chaque entorse en inversion impose une traction brutale aux fibulaires. Les microtraumatismes cumulés s’installent en tendinopathie chronique.

🦶

Pied varus / creux

Un pied supinateur place les fibulaires en tension permanente. Ils travaillent sans cesse contre un axe biomécanique défavorable — même à la marche normale.

📈

Surcharge sportive

Augmentation brutale du volume chez les coureurs, traileurs, basketteurs. Les tendons fibulaires se contractent à chaque appui sur terrain instable.

🏔️

Trail & terrain irrégulier

Sentiers, pierres, dévers : les microcontraintes en inversion-éversion s’accumulent. Le trail est la pratique à plus haut risque pour ces tendons.

🔓

Instabilité chronique (LTFAI)

Une cheville instable oblige les fibulaires à suppléer les ligaments défaillants. Ce surinvestissement finit par dépasser leur capacité de récupération.

👟

Chaussure inadaptée

Manque de maintien latéral, semelle trop rigide ou drop inadapté contraignent les fibulaires lors de chaque appui — surtout en terrain variable.

Comment reconnaître une tendinopathie fibulaire ?

La douleur rétro-malléolaire latérale est le signe cardinal — derrière la malléole externe, pas devant. Contrairement à l’Achille ou au tendon rotulien, les fibulaires ne font pas de tendinose classique (dégénérescence interne) : leur pathologie typique est la ténosynovite, puis la déchirure longitudinale, puis la subluxation.

Ténosynovite Inflammation de la gaine synoviale · phase réactive · réversible en 4–8 semaines
Déchirure longitudinale Fissure dans la longueur du court fibulaire · visible à l’IRM ou à l’écho · phase structurale
Subluxation Tendon qui sort de sa rainure · instable · rétinaculum déchiré · avis chirurgical
  • Douleur derrière la malléole externe
  • Douleur à l’inversion forcée
  • Gonflement rétro-malléolaire
  • Claquement ou glissement
  • Raideur matinale
  • Douleur bord latéral du pied
⚠️

Déchirure longitudinale et subluxation : ne pas attendre

Déchirure longitudinale du court fibulaire

Fissure dans le sens de la longueur — caractéristique de ce tendon. Confirmée à l’échographie ou à l’IRM. Peut nécessiter une réparation chirurgicale si la déchirure dépasse 50 % de la surface de section.

Subluxation

Le tendon sort de sa rainure rétro-malléolaire à chaque flexion dorsale. Le rétinaculum supérieur est rompu. Instabilité réelle, souvent traitée chirurgicalement si persistante.

Le rôle du podologue

Dans les formes non compliquées (ténosynovite, début de déchirure stable), la prise en charge podologique est centrale : elle corrige la cause biomécanique, réduit la mise en tension des tendons et accompagne la reprise.

1

Bilan podologique et baropodométrie

Analyse de la morphologie du pied (varus ? creux ?), mesure des pressions plantaires en statique et dynamique, évaluation de l’axe calcanéen. Objectif : quantifier le degré de supination fonctionnelle et identifier si une instabilité est associée.

2

Semelles orthopédiques avec coin latéral

L’élément clé du traitement conservateur. Un coin supinateur corrige l’axe calcanéen et réduit la mise en tension passive des fibulaires. Réalisées sur mesure en deux rendez-vous — bilan et empreintes au premier, remise des semelles généralement sous 3 à 10 jours.

3

Conseil chaussage et maintien latéral

Sélection d’une chaussure offrant un soutien latéral adapté (quarter rigide, tige haute si instabilité). Évaluation de la chaussure actuelle et recommandations selon la pratique sportive.

4

Coordination avec la kinésithérapie

Renforcement excentrique et concentrique des éverseurs (programme 8–12 semaines), rééducation proprioceptive de la cheville — indispensable si instabilité associée. Massages transverses profonds en phase subaiguë.

5

Gestion de la charge sportive

Réduction des surfaces irrégulières, substitution partielle de la course par vélo ou natation. Reprise progressive sur terrain stable, avec suivi de la douleur (EVA). Retour au trail ou sports pivotants en dernier.

💡

Taping fibulaire en phase aiguë

Un strapping kinésiologique ou taping rigide latéral peut soulager significativement dès les premiers jours — il décharge mécaniquement les tendons fibulaires et limite l’inversion douloureuse. Efficace en complément des semelles, insuffisant seul sur le long terme.

🦶
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Ce que demandent les patients

Une ténosynovite bien prise en charge (correction biomécanique, réduction de l’activité, renforcement) se résout souvent en 6 à 10 semaines. Une déchirure longitudinale partielle nécessite 3 à 6 mois. Le pronostic s’améliore nettement lorsque la cause biomécanique est traitée dès le début — pied varus non corrigé ou instabilité non traitée font récidiver la pathologie.
L’entorse atteint les ligaments (en avant et en dessous de la malléole externe) ; la tendinopathie fibulaire touche les tendons (en arrière de la malléole). Les deux peuvent coexister — l’entorse est d’ailleurs le principal facteur déclenchant. Une douleur qui persiste plus de 4 à 6 semaines après une entorse doit faire suspecter une atteinte tendineuse, surtout si elle est localisée en arrière de la malléole et aggravée par l’éversion contrariée.
Si la douleur reste légère (EVA inférieure à 3/10) et ne s’aggrave pas à l’effort ni les jours suivants, une reprise progressive est possible sur terrain stable et plat. Supprimez le trail, les dénivelés, les séances de vitesse. Si la douleur dépasse 4/10, si le tendon gonfle après la course ou si vous entendez un claquement, arrêtez et consultez — courir en force sur une déchirure partielle peut conduire à une déchirure complète ou une subluxation.
La chirurgie est réservée aux formes compliquées : subluxation instable persistante, déchirure longitudinale étendue (plus de 50 % de la surface de section), ou échec d’un traitement conservateur bien conduit après 6 mois. Dans la grande majorité des cas, une correction podologique et une rééducation adaptée suffisent.
La fracture de la styloïde du 5e métatarse (arrachement osseux à l’insertion du court fibulaire) survient après un traumatisme en inversion brutale : douleur immédiate, vive, à la pression osseuse directe. La tendinopathie s’installe progressivement, sans traumatisme net. Si vous avez subi une entorse récente et que la douleur persiste exactement à la base du petit orteil, une radiographie est indispensable avant tout traitement.

Douleur chronique derrière la malléole externe ?

Un bilan podologique identifie la cause biomécanique et agit avant que la tendinopathie ne s’installe durablement. Cabinet Olagnier à Bron, accessible depuis Lyon.

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