Posturologie · Test de Romberg

Test de Romberg quantifié : ce que révèle votre équilibre

Fermer les yeux, mesurer les oscillations : comment un test simple, rendu chiffré par la plateforme de force, éclaire la part de la vue et de la proprioception dans votre stabilité.

Yeux O → F
on compare
ouverts / fermés
Quotient
une valeur chiffrée,
pas une impression
Vue vs pied
quelle part pour
la proprioception
En bref

On mesure combien votre équilibre dépend de vos yeux.

Le test de Romberg quantifié enregistre vos oscillations les yeux ouverts puis fermés, sur une plateforme de posturographie. En comparant les deux, on calcule le quotient de Romberg : plus il est élevé, plus votre stabilité dépend de la vision (et moins de la proprioception, dont l’information plantaire). C’est un indice d’orientation — utile pour comprendre une instabilité, repérer un profil à risque de chute ou suivre une rééducation — qui s’interprète toujours avec l’examen clinique et d’autres tests, jamais isolément.

D’où ça vient

Du test neurologique au test quantifié

Le test de Romberg existe depuis le XIXᵉ siècle. La plateforme de force ne le remplace pas : elle le rend mesurable.

Le test classique

Debout, pieds joints, le praticien observe si vous vacillez davantage en fermant les yeux. C’est un examen neurologique précieux, mais l’appréciation reste visuelle et qualitative — « stable » ou « instable ».

Le test quantifié

Sur la plateforme, vos oscillations sont enregistrées en chiffres, yeux ouverts puis fermés. On obtient une valeur chiffrée, que l’on peut suivre dans le temps sur la même plateforme — c’est le quotient de Romberg.

Le calcul

Comment se calcule le quotient de Romberg

On mesure la vitesse des oscillations du centre de pression dans deux conditions, puis on les compare :

Quotient de Romberg = (vitesse yeux fermés ÷ vitesse yeux ouverts) × 100
Un quotient proche de 100 = fermer les yeux ne change presque rien. Plus il s’élève au-dessus de 100, plus votre équilibre s’appuie sur la vue.
Pourquoi c’est parlant : priver le corps de la vue isole le rôle des autres capteurs, en particulier la proprioception — dont l’information qui remonte de la plante du pied. Le quotient met un chiffre sur cet équilibre entre « piloter par les yeux » et « piloter par le corps ».
La lecture

Comment on l’interprète

Le quotient oriente vers un profil. Il ne se lit jamais seul : on le confronte à l’examen clinique, à votre âge, vos traitements et vos antécédents.

Une lecture d’orientation, sans seuil chiffré : aucun seuil n’a été validé dans la littérature pour en déduire un risque.
Quotient de RombergCe que cela suggère
Proche de 100Fermer les yeux change peu de chose : l’équilibre s’appuie surtout sur les pieds, les chevilles et l’oreille interne.
Nettement au-dessus de 100L’équilibre s’appuie davantage sur la vue (visuo-dépendance) : on cherche alors ce qui affaiblit les autres informations, en particulier celles du pied et de la cheville.
Évolution dans le tempsC’est souvent le plus parlant : comparer deux bilans sur la même plateforme, avant et après une rééducation ou des semelles.
Un chiffre n’est pas un verdict. Le quotient de Romberg est un indice d’orientation, sensible à de nombreux facteurs (fatigue, âge, médicaments). Chez la personne en bonne santé, il varie même d’un essai à l’autre (Tjernström 2015) : nous répétons donc les mesures et les complétons par l’équilibre sur une jambe. Sa valeur vient de sa cohérence avec l’examen clinique — c’est pourquoi il s’inscrit dans un bilan postural complet, jamais seul.
Pourquoi ça compte

Ce qu’un profil visuo-dépendant peut signaler

Mesurer la part de la vue dans l’équilibre n’est pas un détail : la littérature relie le contrôle postural à plusieurs situations concrètes. Ce sont des marqueurs associés ou prédictifs, pas des certitudes — ils justifient de mesurer pour repérer un profil.

  • Chez la personne âgée, l’oscillation mesurée sur plateforme prédit les chutes : chez 2 396 personnes de 70 ans, chaque centimètre carré d’oscillation en plus, yeux ouverts, augmentait le risque de chute de 6 % sur un an (Johansson 2019). Le quotient de Romberg entre aussi dans des batteries de mesures qui repèrent les personnes à risque (Panzer 2011).
  • Après une reconstruction du LCA, des déficits de stabilité posturale figurent parmi les facteurs prédictifs d’une nouvelle blessure (Paterno 2010).
  • Dans les maladies neurologiques, un quotient plus élevé accompagne un équilibre et une marche plus fragiles : chez 542 personnes atteintes de sclérose en plaques, il était plus haut chez celles qui chutaient (Kalron 2017).

Notre protocole d’évaluation est décrit sur la page validations scientifiques. La revue détaillée de ces travaux est sur notre page bilan postural sur plateforme de force.

Questions fréquentes

Le test de Romberg : vos questions

Qu’est-ce que le test de Romberg quantifié ?
C’est une version instrumentée du test de Romberg. Debout sur une plateforme de posturographie, on enregistre vos oscillations les yeux ouverts, puis les yeux fermés. En comparant les deux, on mesure objectivement la part que prend la vision dans votre équilibre — là où le test classique, à l’œil nu, reste qualitatif. Le résultat est exprimé par le quotient de Romberg.
Quelle différence avec le test de Romberg classique fait par le médecin ?
Le test de Romberg classique est un examen neurologique : le praticien observe si vous vacillez davantage en fermant les yeux. Il est utile mais subjectif. La version quantifiée sur plateforme mesure vos oscillations en chiffres, ce qui permet de comparer, de suivre l’évolution et d’objectiver un profil. Les deux sont complémentaires : le test quantifié ne remplace pas l’examen médical.
Comment se calcule le quotient de Romberg ?
On compare la vitesse des oscillations du centre de pression les yeux fermés à celle les yeux ouverts, puis on multiplie par 100. Un quotient proche de 100 signifie que fermer les yeux ne change presque rien. Plus le quotient s’élève, plus votre stabilité dépend de la vision. Le résultat varie selon le matériel et le protocole : il se compare d’un bilan à l’autre sur la même plateforme, pas avec une norme universelle.
Que signifie une « visuo-dépendance » ?
C’est le fait de s’appuyer beaucoup sur la vue pour tenir en équilibre : quand on ferme les yeux, la stabilité chute nettement. Cela peut traduire une information moins fiable venue des pieds, des chevilles ou de l’oreille interne. Aucun seuil chiffré n’a été validé dans la littérature pour en déduire un risque précis : ce profil se recoupe toujours avec l’examen clinique et d’autres tests, comme l’équilibre sur une jambe.
Le test de Romberg quantifié est-il fiable ?
Les mesures yeux ouverts et yeux fermés sont objectives. Le quotient, lui, varie d’un essai à l’autre chez la personne en bonne santé : dans une étude, sa reproductibilité était faible. C’est pourquoi nous répétons les essais, comparons avec les tests sur une jambe et interprétons toujours le résultat avec l’examen clinique. Il sert à orienter, jamais à poser seul un diagnostic.
À quoi sert concrètement ce test ?
À comprendre d’où vient une instabilité et à cibler la prise en charge : repérer une dépendance excessive à la vue, suivre l’évolution après rééducation ou pose de semelles, dépister un profil à risque de chute chez le senior, ou optimiser les appuis chez le sportif. Il s’inscrit dans le bilan postural complet réalisé au cabinet.
La mesure de l’équilibre sur plateforme prédit-elle les chutes ?
Oui, en partie. Chez 2 396 personnes de 70 ans suivies un an, chaque centimètre carré d’oscillation en plus, yeux ouverts, augmentait le risque de chute de 6 %. Le quotient de Romberg fait aussi partie de batteries de mesures qui repèrent les personnes à risque. Mais aucun chiffre isolé ne suffit : la plateforme complète l’examen et les tests fonctionnels, comme dans notre bilan EQUILIBR’AGE.
Nos sources
  • Tjernström F, et al. Romberg ratio in quiet stance posturography: test to retest reliability. Gait Posture, 2015;42(1):27-31. PubMed
  • Johansson J, et al. Predicting incident falls: relationship between postural sway and limits of stability in older adults. Hum Mov Sci, 2019;66:117-123. PubMed
  • Panzer VP, et al. Mobility assessment: sensitivity and specificity of measurement sets in older adults. Arch Phys Med Rehabil, 2011;92(6):905-912. PubMed
  • Kalron A. The Romberg ratio in people with multiple sclerosis. Gait Posture, 2017;54:209-213. PubMed
  • Paterno MV, et al. Biomechanical measures during landing and postural stability predict second anterior cruciate ligament injury after ACL reconstruction and return to sport. Am J Sports Med, 2010;38(10):1968-1978. PubMed

Un chiffre qui éclaire, un bilan qui décide

Le test de Romberg quantifié fait partie du bilan postural : il objective la part de la vue dans votre équilibre pour mieux orienter la prise en charge.

Cette page est fournie à titre d’information et ne remplace pas un avis médical. Le test de Romberg quantifié est un outil d’orientation ; en cas d’instabilité, de vertiges ou de chute d’apparition récente, consultez d’abord un médecin.