Sinus du tarse – Douleur post-entorse Lyon · Podologue Olagnier
③ Cheville & ligaments

Syndrome du sinus du tarse
à Lyon – Bron

Douleur antéro-latérale persistante après entorse — quand le canal entre talus et calcanéus devient un foyer de conflit ligamentaire et proprioceptif

70 %
de cas post-traumatiques
(entorse ou LTFAI)
Clé
infiltration anesthésique
= test diagnostique
Pronation
principal facteur
biomécanique modifiable

Le sinus du tarse : un canal riche en proprioception

JAMBE CALCANÉUS TALUS FIBULA Canal sinus tarsien Zone douleur CONTENU DU SINUS Ligament cervical LTCI (interosseux) Tissu adipeux Term. proprioceptives Vaisseaux sanguins Ouverture : ant-latérale, en avant de la malléole ext.
Canal sinus tarsien
Zone de douleur (ouverture latérale)
Ligament cervical
LTCI (interosseux)

Le sinus du tarse est un canal conique situé entre le talus (au-dessus) et le calcanéus (en dessous), ouvert vers l’avant et le dehors — juste en avant de la malléole externe. Il renferme deux ligaments majeurs (ligament cervical et ligament talo-calcanéen interosseux — LTCI), un tissu adipeux richement vascularisé et une densité élevée de terminaisons nerveuses proprioceptives. Ces récepteurs jouent un rôle clé dans la stabilité de la cheville.

Lorsque ce canal est le siège d’une inflammation — post-traumatique ou mécanique — les terminaisons nerveuses sont irritées, les ligaments fibrosent, et la douleur s’installe de façon chronique à l’ouverture latérale du sinus.

Trois origines distinctes

Post-traumatique (70 %)

Entorse latérale (lésion du LTFA) ou entorse haute (LTFAI). L’hémarthrose envahit le canal, se résorbe mal et laisse un tissu fibrotique comprimant les terminaisons nerveuses. Peut suivre une entorse considérée comme « banale » mais insuffisamment traitée.

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Hyperpronation chronique

En pronation excessive (pied valgus), le calcanéus bascule en valgus sous le talus — ce qui rétrécit mécaniquement l’espace latéral du sinus. La compression répétée crée une irritation chronique du tissu adipeux et des ligaments intra-sinus.

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Inflammatoire / idiopathique

Moins fréquent : polyarthrite rhumatoïde, spondyloarthropathie, ou absence de cause identifiée (forme idiopathique). Bilan biologique et rhumatologique à envisager si absence de traumatisme et de trouble de l’axe.

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Mécanique de la pronation sur le sinus du tarse

En pronation, l’axe sous-talien modifie la relation talus/calcanéus : le talus glisse en adduction-flexion plantaire tandis que le calcanéus s’éverse. Cette convergence progressive des deux os comprime le contenu du sinus sur son versant latéral — directement accessible à la correction podologique.

Pied valgus /
hyperpronation
Valgus calcanéen
sous le talus
Compression
sinus latéral
Correction
semelles ✓

Reconnaître le syndrome du sinus du tarse

La douleur est caractéristiquement antéro-latérale, reproductible à la pression directe de l’ouverture du sinus (juste en avant de la malléole externe). Elle est aggravée sur terrain irrégulier, en descente et lors des mouvements de pronation. L’entorse qui « ne guérit pas » malgré une cicatrisation ligamentaire normale est un tableau classique.

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Palpation du sinus
Douleur à la pression directe en avant de la malléole externe. Signe le plus sensible. Reproductible à chaque examen.
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Infiltration diagnostique
Injection anesthésique dans le sinus → soulagement immédiat de la douleur. Test diagnostique de référence. Valide aussi l’indication thérapeutique.
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IRM
Montre l’hypersignal T2 dans le sinus (inflammation, fibrose). Élimine une LODA associée. Peut être normal en cas de fibrose froide.
Diagnostics différentiels à éliminer

Tendinopathie des fibulaires (douleur plus postérieure, rétro-malléolaire), LODA (douleur profonde de cheville, blocage), instabilité chronique de cheville (giving way sans douleur systématiquement antéro-latérale), arthrose sous-talienne. L’infiltration diagnostique positive est l’argument le plus fiable pour distinguer le sinus du tarse des autres causes.

Corriger la cause, soulager le canal

Le traitement vise deux objectifs : réduire le conflit dans le canal (par décharge mécanique ou action locale) et corriger la cause (hyperpronation ou instabilité). Les deux sont nécessaires pour éviter les récidives.

1

Semelles podologiques anti-pronation + kinésithérapie

En cas d’hyperpronation associée, la correction orthopédique est la mesure conservatrice la plus efficace sur le long terme : elle ouvre mécaniquement l’espace latéral du sinus en corrigeant la relation talus/calcanéus. Associée à la rééducation proprioceptive (travail de l’équilibre et stabilisation dynamique), elle traite la cause biomécanique et réduit le risque de récidive.

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Infiltration corticoïde dans le sinus

Injection de corticoïde sous guidage échographique directement dans le canal. Réduit l’inflammation et la fibrose locale. Souvent efficace à court terme (semaines à mois). Peut être répétée une à deux fois si résultat partiel. Potentialisée par la correction podologique simultanée pour éviter la rechute mécanique.

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Débridement arthroscopique — en dernier recours

Ablation du tissu fibreux occupant le canal par voie arthroscopique. Indiqué après échec de 6 à 12 mois de traitement conservateur (semelles + infiltrations). Résultats globalement favorables, mais la correction de l’axe sous-jacent reste nécessaire pour prévenir la récidive.

La correction podologique au cœur du traitement conservateur

🎯 Pourquoi les semelles sont directement indiquées

Le sinus du tarse est l’une des rares pathologies de cheville où la semelle agit sur la cause mécanique directe de la compression. En corrigeant le valgus calcanéen et l’hyperpronation, elle modifie la géométrie sous-talienne et réduit la pression sur le contenu du sinus — de façon reproductible à chaque pas.

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Analyse de l’axe sous-talien

Mesure du valgus calcanéen en charge et hors charge, évaluation de la mobilité sous-talienne, baropodométrie statique et dynamique. Identification du morphotype pronateur et de son degré.

2

Semelles de correction de la pronation

Coin postéro-médial, soutien de l’arche longitudinale médiale, contrôle de l’éversion calcanéenne. Matériaux semi-rigides adaptés au chaussage sportif ou quotidien. Objectif : réduire l’excursion en pronation pour décompresser le canal sinus tarsien à chaque foulée.

3

Réévaluation à 6–8 semaines

Contrôle de l’efficacité clinique (EVA douleur, périmètre de marche) et podométrique. Ajustement de la correction si besoin. En l’absence d’amélioration malgré une correction bien adaptée, orientation vers infiltration ou consultation spécialisée.

Instabilité chronique de cheville (ICC) Souvent associée — déficit proprioceptif du sinus tarsi et giving way
LODA — lésion ostéochondrale du dôme talien Diagnostic différentiel principal — douleur profonde et blocage de cheville

Sinus du tarse — ce que les patients demandent

Non, ce n’est pas normal. Une douleur persistante en avant de la malléole externe, plusieurs semaines après une entorse dont les ligaments ont cicatrisé, doit faire évoquer un syndrome du sinus du tarse. Le ligament LTFA peut être intact à l’IRM alors que le canal sinus tarsien présente une fibrose douloureuse. C’est un diagnostic souvent méconnu qui explique les entorses « qui ne guérissent pas ». Une consultation spécialisée avec IRM et/ou test d’infiltration diagnostique est recommandée.
Cela dépend de la cause. Si la douleur est principalement entretenue par une hyperpronation chronique, la correction podologique est souvent suffisante sur 2 à 4 mois. Si la cause est post-traumatique (fibrose post-entorse), les semelles réduisent la contrainte mécanique mais ne dissolvent pas le tissu fibrotique déjà formé — une infiltration corticoïde locale est alors souvent nécessaire en complément. Les semelles et l’infiltration se potentialisent : la correction mécanique empêche la rechute après l’infiltration.
L’infiltration est réalisée sous guidage échographique par un médecin (rhumatologue, médecin du sport, radiologiste). Elle est généralement bien tolérée : une légère gêne lors de l’injection est possible, mais la procédure dure moins d’une minute. Un léger inconfort local peut persister 24 à 48 heures après l’injection avant que l’effet anti-inflammatoire ne s’installe (généralement dans les 5 à 10 jours).
Les sports à fort impact sur terrain irrégulier (trail, football sur pelouse naturelle) aggravent généralement les symptômes et doivent être limités en phase aiguë. La natation, le vélo et les sports portés sont mieux tolérés. La pratique avec semelles correctrices bien adaptées permet souvent une reprise progressive des activités sportives. Le retour complet au sport dépend de la réponse au traitement et est évalué au cas par cas.