Genu varum Lyon | Jambes arquées, gonarthrose médiale & Semelles — Cabinet Olagnier
Genou — Désaxation en varus

Genu varum
Jambes arquées — Podologue à Lyon / Bron

Le genu varum déplace l’axe de charge vers l’intérieur du genou, surchargeant progressivement le compartiment médial à chaque pas. Sans correction, il constitue le principal facteur mécanique de la gonarthrose médiale et de la méniscopathie médiale.

Surcharge compartiment médial Moment d’adduction augmenté Principal facteur de gonarthrose médiale

L’axe du genou : quand la ligne de force bascule vers l’intérieur

Axe mécanique du membre inférieur : de la hanche au sol

En situation normale, la ligne de Mikulicz — droite reliant le centre de la tête fémorale au centre de la cheville — passe légèrement en dedans du centre de l’interligne du genou. Le compartiment médial supporte alors environ 60 à 65 % des forces. Dans le genu varum, cette ligne bascule franchement en dedans, jusqu’à passer entièrement sur le plateau tibial médial.

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Mesure clinique : distance intercondylienne (DIC) — espace entre les condyles fémoraux internes, talons joints, debout. Normale : < 2 cm chez l'adulte. Entre 2 et 5 cm : varus modéré. Au-delà de 5 cm : varus sévère nécessitant un bilan radiologique.
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Angle fémoro-tibial : angle formé entre l’axe mécanique du fémur et celui du tibia sur une radiographie panoramique debout (goniométrie). Normal : légèrement valgus (2–6°). En varus pathologique : angle ≥ 0° (neutre) ou négatif (varus franc).
🦴
Origine de la déformation : peut être fémorale (déformation de l’épiphyse distale du fémur), tibiale (tibia vara, déformation proximale du tibia) ou mixte. La distinction est essentielle pour décider entre traitement fonctionnel (semelles) et correction chirurgicale (ostéotomie).
🦶
Contribution du pied : un varus calcanéen (pied creux ou supinateur) génère un varus tibial fonctionnel ascendant qui s’additionne à la déformation osseuse. C’est la composante modifiable par semelles — indépendamment du degré de déformation structurelle.
60–65%
des forces au genou portées par le compartiment médial en axe normal
4%
d’augmentation du moment d’adduction par degré de varus supplémentaire
risque de gonarthrose médiale multiplié en cas de varus > 5°

Du varus à l’arthrose : une chaîne que la semelle peut interrompre

Le genu varum n’est pas seulement une question esthétique. C’est un facteur biomécanique actif qui progresse silencieusement, dégradant les structures médiales du genou à chaque pas. La semelle orthopédique intervient précisément dans cette chaîne — non pas pour corriger la déformation osseuse, mais pour réduire la contrainte mécanique sur le compartiment médial avant que les lésions ne s’installent ou s’aggravent.

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Cause
Genu varum
Axe de charge dévié vers l’intérieur du genou
⬆️
Mécanisme
Moment d’adduction ↑
Force qui comprime le compartiment médial à chaque appui
🦴
Pathologie 1
Gonarthrose médiale
Usure progressive du cartilage fémoro-tibial interne
Voir la page →
🔄
Pathologie 2
Méniscopathie médiale
Surcharge chronique du ménisque interne, dégénérescence accélérée
Voir la page →
Levier d’action
Semelle coin latéral
Réduit le moment d’adduction de 6 à 8 % à chaque pas

La semelle n’attend pas l’apparition de la douleur — elle est pertinente dès la mise en évidence d’un varus significatif, comme outil de prévention de la dégradation articulaire, en particulier chez le sportif ou le patient actif avec terrain familial d’arthrose.

Gonarthrose médiale : le genu varum est son principal facteur mécanique. Une correction précoce par semelles valgisantes peut ralentir significativement la progression de la dégradation cartilagineuse médiale. → En savoir plus sur la gonarthrose médiale

Méniscopathie médiale : le ménisque interne absorbe 50 à 70 % des forces transmises au compartiment médial. En varus, cette surcharge chronique accélère sa dégénérescence dès la 4e–5e décennie, souvent de façon silencieuse avant le premier épisode douloureux. → En savoir plus sur la méniscopathie médiale

Semelles orthopédiques : réduire le moment d’adduction

La stratégie podologique principale dans le genu varum est la talonnette en coin latéral (valgisante) : en relevant le bord externe du talon, elle induit un léger valgus calcanéen qui réduit l’axe de charge vers la médiale et diminue le moment d’adduction. À cette correction s’ajoute, lorsqu’elle est présente, la correction du varus calcanéen fonctionnel contribuant à la désaxation totale.

✓ Réduction moment d’adduction documentée (Shimada et al.) ⚡ Efficacité sur la douleur variable selon patient

Coin latéral talonnier (valgisant)

Talonnette relevée côté externe — induit un valgus calcanéen qui réduit l’axe de charge médial. Réduction du moment d’adduction de 6 à 8 % selon Shimada et al. — soit des milliers de newton-mètres en moins sur le cartilage médial chaque jour.

Correction du varus calcanéen fonctionnel

Un pied creux ou supinateur génère un varus calcanéen qui s’additionne à la déformation structurelle. Sa correction par l’orthèse réduit la composante fonctionnelle du désaxage total — souvent la part la plus facilement modifiable.

Réentraînement de la foulée

Augmenter la cadence de 5 à 10 % et élargir légèrement le pas réduit le moment d’adduction à chaque appui — complémentaire à la correction orthopédique. Analysé en séance avec retour vidéo sur tapis ou en extérieur.

Analyse baropodométrique

Cartographie des pressions plantaires dynamiques pour objectiver la surcharge médiale, guider le dosage de la correction et suivre l’évolution. Permet d’ajuster l’orthèse sur la base de données mesurées, non d’estimations cliniques seules.

Honnêteté EBP : la méta-analyse Cochrane de Parkes et al. (2013) confirme que les coins latéraux réduisent significativement le moment d’adduction (preuve biomécanique solide — Shimada et al., réduction de 6 à 8 %). Leur supériorité sur la douleur versus semelle neutre est modeste et variable selon les patients. L’indication est d’autant plus pertinente que le varus est avéré, la douleur médiale documentée et l’activité maintenue. En prévention primaire (varus sans douleur, terrain à risque), la décision est discutée au cas par cas. Les semelles sont remises lors d’un second rendez-vous, généralement sous 3 à 10 jours, après analyse posturale et baropodométrique complète.

Varus structurel, varus fonctionnel : une distinction qui change tout

Tous les genu varum ne sont pas identiques. La part structurelle (déformation osseuse réelle) et la part fonctionnelle (contribution du pied et de la chaîne cinétique) doivent être distinguées — car seule la seconde est directement accessible à la correction podologique.

Deux mécanismes, une même surcharge médiale

Varus osseux
fémoral ou tibial
Axe de charge
médial
Moment
d’adduction ↑
Surcharge
compartiment médial
Pied creux / supinateur
varus calcanéen fonctionnel
Varus tibial
fonctionnel ↑
Moment
d’adduction ↑
Surcharge
médiale majorée
🧬

Varus constitutionnel

Déformation osseuse présente depuis l’enfance, souvent familiale. Non modifiable par semelles mais la composante fonctionnelle (varus calcanéen surajouté) reste corrigeable.

🦶

Pied creux varus

Varus calcanéen + arche plantaire élevée. Génère un varus tibial fonctionnel pur — la part la plus directement accessible et efficacement corrigée par l’orthèse podologique.

🔨

Profession et mode de vie

Travail debout prolongé, port de charges, station debout sur surfaces inégales — aggravent la contrainte mécanique sur un genou déjà en varus. Impact cumulatif sur la dégradation cartilagineuse.

⚖️

Surpoids

Amplifie la résultante des forces médiales — chaque kilo supplémentaire multiplie la charge sur le compartiment interne déjà surexposé par l’axe de varus.

🏃

Antécédent de fracture

Fracture tibiale ou fémorale en malunion (consolidation en mauvaise position) peut créer un varus secondaire acquis — à distinguer du varus constitutionnel pour l’orientation du traitement.

🕐

Âge

La dégradation cartilagineuse médiale liée au varus s’accumule avec les années. L’intervention précoce (avant arthroplastie) a un impact sur l’évolution à long terme.

Ce qu’on entend souvent… et ce que dit la biomécanique

✗ Idée reçue
« J’ai les jambes arquées de naissance, on ne peut rien faire sans opération. »
✓ Ce que dit la clinique
La déformation osseuse elle-même ne se corrige que chirurgicalement (ostéotomie). Mais la contrainte mécanique sur le compartiment médial — ce qui cause la douleur et la dégradation cartilagineuse — est partiellement modifiable par semelles et réentraînement de la foulée, souvent de façon significative sur la qualité de vie.
✗ Idée reçue
« Je n’ai pas encore mal, les semelles ne servent à rien. »
✓ Ce que dit la prévention
L’absence de douleur ne signifie pas l’absence de dégradation. Le cartilage médial s’use silencieusement pendant des années avant d’être symptomatique. L’intervention préventive — réduction du moment d’adduction par semelles dès la mise en évidence du varus — est la stratégie la plus efficace pour retarder l’arthrose.

Genu varum : ne pas confondre

Déformation Axe Compartiment surchargé Remarque
Genu varum Varus (jambes arquées) Médial (interne) Gonarthrose médiale + méniscopathie médiale
Genu valgum Valgus (genoux en X) Latéral (externe) Gonarthrose latérale, syndrome TFL
Genu varum physiologique enfant Varus jusqu’à 2 ans Aucun (physiologique) Se corrige spontanément avant 3–4 ans
Maladie de Blount Varus tibial proximal sévère Médial Pathologique, enfant > 3 ans, unilatéral souvent

Renforcement musculaire : soutenir l’axe sans le corriger

Le renforcement ne corrige pas le varus osseux, mais il réduit la contrainte dynamique sur le compartiment médial en améliorant le contrôle de l’axe lors des activités. La priorité va aux abducteurs et rotateurs externes de hanche qui contrôlent le valgum dynamique, et aux ischio-jambiers qui modulent le moment d’adduction.

1

Fessier moyen & abducteurs

Clamshell avec élastique, abductions debout en appui unipodal, pont fessier unilatéral. Améliore le contrôle de l’axe fémoral en charge et réduit le varus dynamique aggravé par l’affaissement pelvin en appui monopodal.

2

Ischio-jambiers

Curl couché, pont avec isométrie en fin de course. Les ischio-jambiers réduisent le moment d’adduction lors de la marche en modulant la rotation interne tibiale. Souvent négligés dans la rééducation du varus au profit du seul quadriceps.

3

Proprioception d’axe

Équilibre monopodal en contrôlant activement l’alignement genou-pied. Le biofeedback visuel (miroir) aide à corriger le recurvatum et l’effondrement en varus à l’appui. Automatiser ce contrôle réduit les pics de contrainte médiale lors de la marche.

Pathologies liées au genu varum

Genu varum : ce que nos patients demandent

Les semelles peuvent-elles vraiment agir sur mes jambes arquées ?

Les semelles ne redressent pas les os — elles ne corrigent pas la déformation structurelle du varus. En revanche, elles agissent sur ce que le varus provoque : la surcharge mécanique du compartiment médial. En induisant un léger valgus calcanéen (coin latéral), elles réduisent le moment d’adduction — la force de rotation qui comprime le genou interne à chaque pas — de 6 à 8 % selon les études (Shimada et al.).

Sur 10 000 pas par jour, c’est une réduction considérable de la contrainte cumulée sur le cartilage et le ménisque médial. L’objectif n’est pas de « redresser les jambes » mais de retarder ou limiter la dégradation articulaire.

Quel est le lien entre genu varum et gonarthrose médiale ?

Le lien est direct et bien documenté. Le genu varum est le principal facteur mécanique de la gonarthrose médiale : en déviant l’axe de charge vers l’intérieur, il concentre les pressions sur le compartiment médial à chaque pas, accélérant l’usure du cartilage fémoro-tibial interne.

Un varus de 5° ou plus multiplie par environ 5 le risque de gonarthrose médiale cliniquement significative. La relation est progressive : plus le varus est marqué, plus la dégradation cartilagineuse est rapide. C’est pourquoi la correction podologique précoce — même sans douleur — a une logique préventive réelle.

Pourquoi le ménisque interne est-il aussi concerné ?

Le ménisque médial absorbe entre 50 et 70 % des forces transmises au compartiment interne. En varus, cette charge est chroniquement augmentée à chaque appui. Avec le temps, la surcharge répétée entraîne une dégénérescence méniscale — des fissures horizontales, des déchirures en anse de seau, souvent sans traumatisme déclenchant identifiable.

La méniscopathie médiale dégénérative et la gonarthrose médiale sont souvent associées et se potentialisent : la dégradation du ménisque réduit sa capacité à absorber les chocs, accélérant l’usure cartilagineuse, qui elle-même aggrave la surcharge méniscale.

Faut-il opérer un genu varum ?

L’ostéotomie tibiale de valgisation (OTV) est une option chirurgicale pour les patients jeunes et actifs présentant un varus significatif avec gonarthrose médiale débutante — elle corrige l’axe osseusement et redistribue les forces vers le compartiment latéral intact. Son indication est posée par l’orthopédiste en fonction de l’âge, du niveau d’activité, du degré de varus et de l’état cartilagineux global.

Pour la grande majorité des patients, le traitement conservateur bien conduit — semelles, réentraînement de foulée, renforcement musculaire, gestion de la charge — suffit à maintenir une qualité de vie satisfaisante et à ralentir la progression articulaire pendant de nombreuses années.

Genu varum : bilan podologique à Bron

L’analyse baropodométrique et de la foulée permet de mesurer la surcharge médiale réelle et d’adapter les semelles correctrices à votre profil. Les orthèses sont fabriquées sur mesure et remises lors d’un second rendez-vous, sous 3 à 10 jours.

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