Gonarthrose médiale Lyon | Arthrose genou interne & Semelles — Cabinet Olagnier
Genou — Arthrose du compartiment interne

Gonarthrose médiale
Podologue à Lyon / Bron

L’arthrose du compartiment interne du genou est la plus fréquente des arthroses du membre inférieur. Sa prise en charge conservatoire repose avant tout sur l’exercice et la gestion de la charge mécanique.

Cartilage médial Fortement lié au genu varum Cause n°1 d’arthrose du genou

Le cartilage médial : un amortisseur qui s’use progressivement

Le genou : trois compartiments sous contrainte inégale

Le genou est divisé en trois compartiments articulaires : fémoro-tibial médial (interne), fémoro-tibial latéral (externe) et fémoro-patellaire (rotule). En station debout et à la marche, le compartiment médial supporte 60 à 75 % du total des forces transmises au genou — ce déséquilibre explique pourquoi l’arthrose y est trois fois plus fréquente que dans le compartiment latéral.

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Cartilage : tissu avasculaire de 4 à 6 mm sur le condyle médial. Sa régénération naturelle est nulle — chaque millimètre perdu est définitif. La dégradation est lente et souvent silencieuse pendant des années.
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Moment d’adduction : le paramètre biomécanique clé de la gonarthrose médiale. Il représente la force de rotation qui comprime le compartiment interne à chaque pas. Le genu varum l’amplifie — chaque degré de varus supplémentaire augmente ce moment d’environ 4 %.
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Ménisque médial : absorbe initialement une partie des contraintes. À un stade avancé, sa dégradation concomitante (méniscopathie dégénérative) accélère la perte cartilagineuse — les deux pathologies se potentialisent.
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Os sous-chondral : l’os qui supporte le cartilage subit lui aussi un remodelage (sclérose, ostéophytes). Ces « becs osseux » visibles à la radio ne causent pas directement la douleur — la synovite (inflammation de la capsule) joue un rôle majeur.

Grades de Kellgren-Lawrence

0
Normal
Interligne préservé, pas d’ostéophyte
1
Douteux
Ostéophyte minime, interligne normal
2
Léger
Pincement discret, ostéophytes nets
3
Modéré à sévère
Pincement marqué, sclérose, déformation

La sévérité radiologique ne prédit pas toujours la douleur : certains patients en grade 3 sont peu invalidés, d’autres en grade 2 souffrent beaucoup. Le traitement se base sur la clinique, pas uniquement sur la radio.

Genu varum : le principal facteur mécanique aggravant

Le genu varum (jambes arquées) déplace l’axe de charge vers l’intérieur du genou, amplifiant le moment d’adduction à chaque pas. Ce mécanisme peut être structurel (déformation osseuse) ou fonctionnel — la pronation excessive du pied contribue via la chaîne cinétique ascendante.

Chaîne cinétique : du pied au compartiment médial

Deux mécanismes peuvent converger vers une surcharge médiale :

Genu varum
axe de charge médial
Moment d’adduction ↑
Compression
compartiment médial
Usure cartilage
médial accélérée
Pied supinateur
varus calcanéen fonctionnel
Varus tibial
fonctionnel ↑
Moment d’adduction ↑
Surcharge médiale
60–75%
des forces au genou portées par le compartiment médial
4%
d’augmentation du moment d’adduction par degré de varus supplémentaire
plus fréquente dans le compartiment médial que latéral
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Genu varum

Principal facteur mécanique — structural ou fonctionnel. Chaque degré de varus augmente la charge médiale.

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Surpoids

Chaque kilo supplémentaire génère ~4 kg de force au genou par pas. 10 kg de perte → bénéfice majeur sur le cartilage.

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Âge & usure

Prévalence multipliée après 50 ans. La qualité du cartilage diminue avec l’âge, indépendamment de la charge.

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Profession physique

Travail à genoux, port de charges lourdes répétitif — maçons, plombiers, agriculteurs.

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Antécédent de lésion

Rupture LCA, méniscectomie médiale antérieure : accélèrent significativement la dégradation cartilagineuse.

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Génétique

Terrain familial d’arthrose, morphotype varus constitutionnel — facteurs non modifiables mais à intégrer dans le plan.

Ce qu’on entend souvent… et ce que dit la science

✗ Idée reçue
« Je ne dois plus marcher ni faire de sport pour préserver mon cartilage. »
✓ Ce que dit l’EBP
L’exercice modéré régulier est le traitement de niveau de preuve le plus élevé (Cochrane, Fransen 2015). L’immobilité accélère la dégradation cartilagineuse et affaiblit les muscles stabilisateurs.
✗ Idée reçue
« C’est os contre os, il n’y a plus rien à faire avant la prothèse. »
✓ Ce que dit l’EBP
La douleur et la radio ne sont pas corrélées. Un traitement conservateur bien conduit (exercice + gestion de charge + semelles) retarde significativement ou évite le recours à la prothèse dans de nombreux cas.

Douleur interne du genou : ne pas confondre

Pathologie Localisation Signe clinique clé Facteur caractéristique
Gonarthrose médiale Interligne + os sous-chondral Dérouillage matinal, crépitements Genu varum, radio anormale
Méniscopathie médiale Interligne fémoro-tibiale interne McMurray médial positif Traumatisme ou dégénérescen. isolée
Tendinopathie patte d’oie Face interne tibia (3 cm sous interligne) Douleur nocturne, palpation tibia Obésité, OA associée, cyclisme
Ostéonécrose condyle médial Condyle fémoral médial Douleur nocturne intense soudaine Après 60 ans, femme, corticoïdes

Gestion de la charge : le pilier incontournable

L’exercice thérapeutique et la gestion de la charge mécanique constituent le traitement de niveau de preuve le plus élevé dans la gonarthrose — supérieur à l’anti-inflammatoire seul (méta-analyse Fransen et al., Cochrane 2015, 54 études, 3 913 patients). L’objectif est de maintenir la charge articulaire dans une zone qui stimule le cartilage sans l’agresser.

Zone verte
≤ 3 / 10
Charge bénéfique — maintenir
  • Marche en terrain plat
  • Vélo en selle (faible résistance)
  • Natation, aquagym
  • Renforcement en piscine
  • Tai-chi, yoga adapté
Zone orange
4 – 6 / 10
Adapter la durée et l’intensité
  • Réduire la distance de marche
  • Éviter les terrains accidentés
  • Surveiller la douleur post-activité
  • Privilégier la surface plane
Zone rouge
≥ 7 / 10
Charge excessive — adapter
  • Arrêter l’activité en cours
  • Glaçage 10-15 min
  • Basculer vers activité aquatique
  • Revoir le programme avec le kiné

Perte de poids : chaque kilogramme perdu réduit la force compressive sur le genou de ~4 kg par pas. Sur 10 000 pas par jour, 10 kg de perte équivaut à 400 000 kg de force en moins sur le compartiment médial chaque jour. L’effet sur la douleur et la progression est documenté.

Exercices : renforcer sans aggraver

Le renforcement musculaire réduit la charge nette sur le cartilage en améliorant l’absorption active des chocs et la stabilisation articulaire. La priorité va au quadriceps (chef médial / VMO) et aux muscles de hanche.

1

Renforcement quadriceps

Leg press en piscine ou à faible charge, extension genou en décharge, demi-squat jusqu’à 60° de flexion (éviter 90°+ douloureux). Priorité au VMO (vaste médial oblique) pour centrer la rotule.

2

Ischio-jambiers & fessiers

Renforcement des ischio-jambiers et fessiers moyens pour réduire le moment d’adduction lors de la marche. Pont fessier, clamshell avec élastique, extensions unilatérales.

3

Proprioception & équilibre

Équilibre monopodal, exercices en surface instable. Améliore le contrôle neuromusculaire du genou et réduit les pics de contrainte lors des activités de la vie quotidienne.

Semelles orthopédiques : réduire le moment d’adduction

La stratégie podologique principale pour la gonarthrose médiale est la talonnette en coin latéral (élévation du bord externe du talon) : en induisant un léger valgus calcanéen, elle réduit l’axe de charge médial et, en conséquence, le moment d’adduction à chaque pas.

✓ Preuve biomécanique solide ⚡ Preuve clinique variable selon patient

Coin latéral (valgisant)

Talonnette relevée sur le bord externe — réduit le moment d’adduction de 6 à 8 % selon Shimada et al. Indication principale en cas de genu varum et de surcharge médiale documentée.

Correction du pied supinateur

Un pied creux varus génère un varus tibial fonctionnel qui amplifie la surcharge médiale. La correction de l’axe calcanéen participe à la réduction du moment d’adduction.

Absorption des chocs

Matériaux viscoélastiques à la zone talonière pour réduire les pics de force d’impact transmis au cartilage médial — bénéfice sur terrain dur (carrelage, béton, asphalte).

Redistribution de la pression plantaire

Modulation de la répartition des appuis pour orienter la résultante des forces vers un axe plus neutre — analyse par baropodométrie pour personnaliser la correction.

Honnêteté EBP : la méta-analyse Cochrane de Parkes et al. (2013) a montré que les coins latéraux réduisent significativement le moment d’adduction (biomécanique solide), mais leur supériorité sur la douleur par rapport à une semelle neutre reste modeste et variable selon les patients. L’indication est donc posée au cas par cas : elle est particulièrement pertinente en cas de genu varum avéré avec douleur médiale. Les semelles ne se substituent pas à l’exercice — elles s’y associent. Elles sont remises lors d’un second rendez-vous, généralement sous 3 à 10 jours, après fabrication sur mesure.

Pathologies liées du genou

Gonarthrose médiale : ce que nos patients demandent

Peut-on encore marcher et faire du sport avec une gonarthrose médiale ?

Oui — c’est même recommandé. L’exercice physique modéré et régulier est le traitement de premier rang dans la gonarthrose, avec le niveau de preuve le plus élevé (GRADE A, Cochrane 2015). Le cartilage a besoin de contraintes mécaniques raisonnables pour maintenir ses propriétés.

La marche en terrain plat, le vélo en selle, la natation et l’aquagym sont particulièrement adaptés car ils maintiennent la mobilité et le renforcement musculaire tout en limitant les pics de contrainte. L’objectif est de rester dans la zone verte (≤ 3/10 de douleur) pendant et après l’effort.

Est-ce que les semelles orthopédiques peuvent vraiment aider l’arthrose du genou ?

Les semelles orthopédiques, notamment les coins latéraux, réduisent de façon documentée le moment d’adduction — la force de rotation qui comprime le compartiment interne à chaque pas. Cette réduction biomécanique est bien établie (6 à 8 % selon Shimada et al.).

En revanche, leur supériorité sur la douleur par rapport à une semelle neutre est modeste dans les études et variable selon les patients (Parkes, Cochrane 2013). L’indication est plus pertinente en cas de genu varum avéré et de surcharge médiale documentée par l’analyse podologique. Les semelles s’inscrivent dans une approche multimodale avec l’exercice, jamais seules.

Quand envisager une prothèse de genou ?

La prothèse totale de genou (PTG) est indiquée lorsque le traitement conservateur bien conduit (exercice, gestion de charge, semelles, kiné, voire infiltrations ou viscosupplémentation) ne permet plus de maintenir une qualité de vie acceptable. Il n’y a pas de délai fixe — la décision est individuelle, partagée avec l’orthopédiste, et basée sur la gêne fonctionnelle réelle plutôt que sur la radio seule.

Une préparation musculaire avant l’intervention (« préhabilitation ») améliore significativement la récupération post-opératoire — le bilan podologique peut s’intégrer dans ce parcours.

La gonarthrose médiale peut-elle s’améliorer ?

La dégradation cartilagineuse elle-même est irréversible — le cartilage perdu ne repousse pas. Mais les symptômes (douleur, raideur, limitation fonctionnelle) peuvent s’améliorer significativement grâce au traitement conservateur. Réduction de la charge mécanique, renforcement musculaire, perte de poids et semelles adaptées peuvent permettre une vie active, parfois pendant de nombreuses années.

Des phases de poussée inflammatoire (synovite) sont courantes — elles se traitent par glaçage, repos relatif et parfois anti-inflammatoires sur courte durée, sans modifier le traitement de fond.

Faut-il arrêter la course à pied en cas de gonarthrose médiale ?

Pas systématiquement — les études n’ont pas établi que la course aggrave la gonarthrose chez des coureurs réguliers pratiquant des distances raisonnables. En revanche, pour des patients débutant ou reprenant la course avec une arthrose déjà évoluée, une adaptation progressive est essentielle.

Des semelles adaptées, une analyse de la foulée et un travail de renforcement permettent souvent de maintenir la course en zone acceptable. La décision est individuelle, en tenant compte du grade radiologique, de l’axe et des objectifs du patient.

Arthrose du genou interne : bilan podologique à Bron

Un bilan complet permet d’analyser votre axe de charge, votre moment d’adduction et d’adapter les semelles à votre profil. Les orthèses sont fabriquées sur mesure et remises lors d’un second rendez-vous, sous 3 à 10 jours.

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