Peau · Verrue plantaire · HPV

Verrue plantaire : la reconnaître, et surtout ne pas la confondre avec un cor

Des petits points noirs, une douleur quand on pince, des lignes de peau qui s’interrompent : c’est une verrue, pas un cor. Ce qui change tout pour le traitement.

En bref

Une infection de la peau par un virus — bénigne, mais tenace.

La verrue plantaire est due au papillomavirus humain (HPV). On la reconnaît à ses points noirs (de minuscules vaisseaux), à l’interruption des lignes de la peau et à une douleur au pincement — trois signes qui la distinguent du cor. Bonne nouvelle : chez l’enfant, la moitié des verrues disparaissent seules en un an. On traite (kératolytiques, cryothérapie) quand elle fait mal, gêne la marche ou se multiplie. Le premier réflexe : ne jamais la couper ni la gratter, au risque de la disséminer.

Ne pas confondre

Verrue plantaire ou cor ? Trois repères qui ne trompent pas

C’est la confusion la plus fréquente — et elle change le traitement du tout au tout : on ne soigne pas un virus comme on décape une corne. Voici comment les distinguer.

Verrue plantaire lignes de peau interrompues · points noirs douleur au pincement Cor / durillon lignes de peau conservées · cœur central douleur à la pression
Vue de dessus. À gauche la verrue interrompt les lignes de la peau et montre des points noirs ; à droite le cor les laisse passer et possède un cœur central.
RepèreVerrue plantaireCor / durillon
OrigineVirale (HPV)Mécanique (frottement, pression)
Points noirsOui (petits vaisseaux)Non
Lignes de la peauInterrompues par la lésionConservées, passent par-dessus
DouleurAu pincement latéralÀ la pression directe
TraitementAntiviral / cryothérapie / kératolytiquesSoin de pédicurie (décapage)

Un point noir sous le pied qui fait mal : est-ce une verrue ?

Souvent, oui : les petits points noirs d’une verrue sont de minuscules vaisseaux. Mais un point noir peut aussi être une écharde ou un petit corps étranger, un cor ou un durillon au cœur plus sombre, ou une tache de la peau. L’examen tranche : le podologue retire la corne et regarde ce qu’il y a dessous.

Voyez un médecin ou un dermatologue si la tache est brune ou noire, s’étend, a des contours irréguliers, saigne, ou ne ressemble à aucune lésion habituelle. Un mélanome de la plante du pied peut imiter une lésion bénigne : dans une série de 53 cas, 18 avaient d’abord été pris pour autre chose, verrues comprises (Soon 2003).
Deux formes

Myrmécie ou verrue mosaïque

La myrmécie

Une verrue unique, ronde et profonde, souvent douloureuse à l’appui. C’est la forme la plus fréquente, entourée d’un anneau de corne et ponctuée de points noirs.

La verrue mosaïque

Un groupe de petites verrues superficielles qui se rejoignent en plaque. Souvent moins douloureuse mais plus étendue, et plus tenace à traiter.

Dans les deux cas, l’origine est virale et la contagion possible — d’où l’intérêt d’un diagnostic précis avant de traiter.

La prise en charge au cabinet

Confirmer le diagnostic, puis choisir le bon traitement

Aucun traitement n’est « magique » sur les verrues : on choisit selon la forme, la douleur, l’âge et le contexte. Le rôle du podologue est d’abord de poser le bon diagnostic, puis d’adapter.

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Le diagnostic

Décapage prudent de la corne, recherche des points noirs et de l’interruption des lignes de la peau, test de la douleur au pincement. C’est ce qui évite de traiter un cor comme une verrue — ou l’inverse.

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Les kératolytiques

À base d’acide salicylique, ils ramollissent et éliminent progressivement la verrue. Au cabinet, nous retirons la corne puis appliquons l’acide sous pansement, en protégeant la peau saine, avec un suivi tous les 15 jours. C’est le traitement le mieux étayé, patient et bien toléré.

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La cryothérapie

L’application d’azote liquide gèle la verrue et stimule une réaction immunitaire locale. En général 2 à 4 séances espacées de 2 à 3 semaines, souvent associées à l’acide entre les séances. Voir : la cryothérapie au cabinet.

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L’ionophorèse (champs verruqueux)

Pour les verrues mosaïques étendues ou un champ verruqueux résistant, l’ionophorèse au salicylate de sodium — un courant de faible intensité dans un bain — traite toute la surface en même temps, en général sans douleur, avec quelques picotements. Objectif : réduire le nombre et la taille des verrues, puis finir à l’acide ou au froid.

Nos tarifs : première consultation (soin) 42 € ; ensuite, acide sous pansement 20 € tous les 15 jours, ou cryothérapie 45 € toutes les 3 semaines, ou ionophorèse 20 € la séance. Chaque séance de traitement d’une verrue est remboursée 19,97 € par l’Assurance maladie, sans ordonnance, dans la limite de 4 séances par patient. Tous nos tarifs.

À ne jamais faire : couper, gratter ou brûler soi-même une verrue. Cela ne l’enlève pas, entretient la douleur et risque de la disséminer. Chez le patient diabétique ou immunodéprimé, toute lésion du pied doit être vue rapidement. Si la verrue résiste après plusieurs mois d’un traitement bien conduit, nous vous orientons vers votre médecin ou un dermatologue.
Ce que dit la science :
  • L’acide salicylique est le traitement le mieux étayé : il fait mieux qu’un placebo, avec un effet modeste, un peu moindre au pied qu’à la main (Cochrane 2012, 85 essais).
  • Sur une verrue plantaire, la cryothérapie ne fait pas mieux que l’acide : 14 % de verrues disparues à 12 semaines dans les deux groupes, et environ un tiers à 6 mois (essai EVerT, 240 patients, Cockayne 2011). Elle est en revanche plus efficace sur les verrues de la main (Bruggink 2010).
  • Associer l’acide et le froid fait un peu mieux que l’acide seul (Cochrane 2012) — c’est pourquoi nous les combinons souvent.
  • Le type de virus compte : certaines verrues plantaires guérissent très bien, d’autres résistent à tout (Bruggink 2013).
  • L’ionophorèse au salicylate n’a été évaluée que dans une petite étude : la surface des verrues a diminué chez 15 patients sur 19 (Soroko 2002). Un niveau de preuve faible, mais un traitement peu douloureux pour les grandes surfaces.
  • Sans traitement, chez l’enfant, la moitié des verrues disparaissent en un an (Bruggink 2013, 1 099 enfants) — d’où la place légitime d’une simple surveillance quand la verrue ne gêne pas.
Éviter la contagion

Limiter la transmission, à soi et aux autres

Le virus aime les sols humides et la peau ramollie. Quelques réflexes simples réduisent nettement le risque :

Portez des sandales dans les piscines, vestiaires et douches collectives ; séchez bien vos pieds, surtout entre les orteils ; ne partagez pas serviettes, chaussettes ni chaussures ; évitez de toucher la verrue puis une autre zone de peau. À la maison, couvrir la verrue pendant les activités pieds nus limite la transmission aux proches. Une hyperhidrose (transpiration excessive) favorise les verrues : la traiter aide aussi à la prévention.

Questions fréquentes

Ce que les patients demandent

Verrue plantaire ou cor : comment faire la différence ?
Trois repères. La verrue est virale : petits points noirs, lignes de la peau interrompues, douleur au pincement latéral. Le cor est mécanique : pas de points noirs, lignes de la peau conservées, douleur à la pression directe. En cas de doute, l’examen podologique tranche en décapant la corne.
Un point noir sous le pied qui fait mal : est-ce une verrue ?
Souvent, oui : les petits points noirs d’une verrue sont de minuscules vaisseaux, et elle fait mal surtout quand on la pince. Mais un point noir peut aussi être une écharde, un cor ou une tache de la peau. Le podologue retire la corne pour voir ce qu’il y a dessous. Une tache brune ou noire qui s’étend, aux contours irréguliers ou qui saigne doit être vue par un médecin ou un dermatologue.
Combien coûte le traitement d’une verrue plantaire ?
Au cabinet, la première consultation (soin) coûte 42 €. Ensuite, selon le traitement : acide sous pansement 20 € tous les 15 jours, cryothérapie 45 € toutes les 3 semaines, ou ionophorèse 20 € la séance. Chaque séance de traitement d’une verrue est remboursée 19,97 € par l’Assurance maladie, sans ordonnance, dans la limite de 4 séances par patient.
Peut-on traiter une verrue plantaire soi-même ?
Les préparations à l’acide salicylique (pharmacie) peuvent suffire pour une petite verrue récente, en protégeant la peau saine et avec de la patience. Il ne faut jamais couper ni gratter une verrue : cela risque de la disséminer. Si vous êtes diabétique, immunodéprimé, ou si la lésion est douloureuse, étendue ou inhabituelle, consultez d’emblée.
La verrue plantaire est-elle contagieuse ?
Oui, le HPV se transmet par contact, surtout dans les lieux humides fréquentés pieds nus. Portez des sandales en piscine et vestiaire, ne partagez pas serviettes et chaussures, séchez bien vos pieds. À la maison, une verrue peut se transmettre aux proches.
Pourquoi plusieurs séances, et pourquoi ça récidive ?
Parce qu’on traite une infection virale, pas seulement une lésion visible : le virus peut persister dans la peau et faire réapparaître la verrue. La cryothérapie et les kératolytiques agissent progressivement et demandent en général plusieurs applications espacées. La guérison dépend aussi de votre réponse immunitaire et du type de virus : dans un essai, certaines verrues plantaires guérissaient très bien avec l’acide, d’autres résistaient à tous les traitements. Dans le grand essai britannique EVerT, 14 % des verrues avaient disparu à 12 semaines, avec l’acide comme avec la cryothérapie.
Faut-il obligatoirement traiter une verrue ?
Pas toujours. Chez l’enfant, la moitié des verrues disparaissent sans traitement en un an, et environ deux tiers en deux ans. On traite si la verrue est douloureuse, gênante, si elle grossit ou se multiplie, ou chez les personnes fragiles (diabète, immunodépression). La décision se prend avec vous.
Le traitement des verrues est-il remboursé ?
Oui, en partie. Depuis 2024, chaque séance de traitement d’une verrue plantaire est remboursée 19,97 € par l’Assurance maladie, sans ordonnance, dans la limite de 4 séances par patient. Les patients diabétiques aux grades de risque 2 et 3 sont couverts à 100 % : jusqu’à 5 séances par an au grade 2, 6 au grade 3 et 8 en cas de plaie en cours de cicatrisation. Le soin des lésions des pieds liées à un traitement anticancéreux est remboursé 30 €, une fois par an. En dehors de ces cas, il n’y a pas de remboursement par l’Assurance Maladie : renseignez-vous auprès de votre mutuelle. Un devis clair vous est remis ; détail sur la page tarifs.
Nos sources
  • Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev, 2012;(9):CD001781. PubMed
  • Cockayne S, et al. Cryotherapy versus salicylic acid for the treatment of plantar warts (verrucae): a randomised controlled trial. BMJ, 2011;342:d3271. PubMed
  • Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care: randomized controlled trial. CMAJ, 2010;182(15):1624-1630. PubMed
  • Bruggink SC, et al. HPV type in plantar warts influences natural course and treatment response. J Clin Virol, 2013;57(3):227-232. PubMed
  • Bruggink SC, et al. Natural course of cutaneous warts among primary schoolchildren: a prospective cohort study. Ann Fam Med, 2013;11(5):437-441. PubMed
  • Massing AM, Epstein WL. Natural history of warts: a two-year study. Arch Dermatol, 1963;87:306-310. PubMed
  • Soroko YT, et al. Treatment of plantar verrucae using 2% sodium salicylate iontophoresis. Phys Ther, 2002;82(12):1184-1191. PubMed
  • Soon SL, et al. Acral lentiginous melanoma mimicking benign disease: the Emory experience. J Am Acad Dermatol, 2003;48(2):183-188. PubMed

Un doute sur une lésion du pied ?

Mieux vaut faire confirmer le diagnostic tôt que de traiter à l’aveugle. Examen et soins au Cabinet Olagnier, à Bron — sans ordonnance préalable.

ou au 04 72 37 17 31

Cette page est fournie à titre d’information et ne remplace pas une consultation. Toute lésion du pied qui saigne, change d’aspect, ne guérit pas ou survient chez une personne diabétique ou immunodéprimée doit être examinée sans tarder.