Verrue plantaire : la reconnaître, et surtout ne pas la confondre avec un cor
Des petits points noirs, une douleur quand on pince, des lignes de peau qui s’interrompent : c’est une verrue, pas un cor. Ce qui change tout pour le traitement.
Une infection de la peau par un virus — bénigne, mais tenace.
La verrue plantaire est due au papillomavirus humain (HPV). On la reconnaît à ses points noirs (de minuscules vaisseaux), à l’interruption des lignes de la peau et à une douleur au pincement — trois signes qui la distinguent du cor. Bonne nouvelle : chez l’enfant, la moitié des verrues disparaissent seules en un an. On traite (kératolytiques, cryothérapie) quand elle fait mal, gêne la marche ou se multiplie. Le premier réflexe : ne jamais la couper ni la gratter, au risque de la disséminer.
Verrue plantaire ou cor ? Trois repères qui ne trompent pas
C’est la confusion la plus fréquente — et elle change le traitement du tout au tout : on ne soigne pas un virus comme on décape une corne. Voici comment les distinguer.
| Repère | Verrue plantaire | Cor / durillon |
|---|---|---|
| Origine | Virale (HPV) | Mécanique (frottement, pression) |
| Points noirs | Oui (petits vaisseaux) | Non |
| Lignes de la peau | Interrompues par la lésion | Conservées, passent par-dessus |
| Douleur | Au pincement latéral | À la pression directe |
| Traitement | Antiviral / cryothérapie / kératolytiques | Soin de pédicurie (décapage) |
Un point noir sous le pied qui fait mal : est-ce une verrue ?
Souvent, oui : les petits points noirs d’une verrue sont de minuscules vaisseaux. Mais un point noir peut aussi être une écharde ou un petit corps étranger, un cor ou un durillon au cœur plus sombre, ou une tache de la peau. L’examen tranche : le podologue retire la corne et regarde ce qu’il y a dessous.
Myrmécie ou verrue mosaïque
La myrmécie
Une verrue unique, ronde et profonde, souvent douloureuse à l’appui. C’est la forme la plus fréquente, entourée d’un anneau de corne et ponctuée de points noirs.
La verrue mosaïque
Un groupe de petites verrues superficielles qui se rejoignent en plaque. Souvent moins douloureuse mais plus étendue, et plus tenace à traiter.
Dans les deux cas, l’origine est virale et la contagion possible — d’où l’intérêt d’un diagnostic précis avant de traiter.
Confirmer le diagnostic, puis choisir le bon traitement
Aucun traitement n’est « magique » sur les verrues : on choisit selon la forme, la douleur, l’âge et le contexte. Le rôle du podologue est d’abord de poser le bon diagnostic, puis d’adapter.
Le diagnostic
Décapage prudent de la corne, recherche des points noirs et de l’interruption des lignes de la peau, test de la douleur au pincement. C’est ce qui évite de traiter un cor comme une verrue — ou l’inverse.
Les kératolytiques
À base d’acide salicylique, ils ramollissent et éliminent progressivement la verrue. Au cabinet, nous retirons la corne puis appliquons l’acide sous pansement, en protégeant la peau saine, avec un suivi tous les 15 jours. C’est le traitement le mieux étayé, patient et bien toléré.
La cryothérapie
L’application d’azote liquide gèle la verrue et stimule une réaction immunitaire locale. En général 2 à 4 séances espacées de 2 à 3 semaines, souvent associées à l’acide entre les séances. Voir : la cryothérapie au cabinet.
L’ionophorèse (champs verruqueux)
Pour les verrues mosaïques étendues ou un champ verruqueux résistant, l’ionophorèse au salicylate de sodium — un courant de faible intensité dans un bain — traite toute la surface en même temps, en général sans douleur, avec quelques picotements. Objectif : réduire le nombre et la taille des verrues, puis finir à l’acide ou au froid.
Nos tarifs : première consultation (soin) 42 € ; ensuite, acide sous pansement 20 € tous les 15 jours, ou cryothérapie 45 € toutes les 3 semaines, ou ionophorèse 20 € la séance. Chaque séance de traitement d’une verrue est remboursée 19,97 € par l’Assurance maladie, sans ordonnance, dans la limite de 4 séances par patient. Tous nos tarifs.
- L’acide salicylique est le traitement le mieux étayé : il fait mieux qu’un placebo, avec un effet modeste, un peu moindre au pied qu’à la main (Cochrane 2012, 85 essais).
- Sur une verrue plantaire, la cryothérapie ne fait pas mieux que l’acide : 14 % de verrues disparues à 12 semaines dans les deux groupes, et environ un tiers à 6 mois (essai EVerT, 240 patients, Cockayne 2011). Elle est en revanche plus efficace sur les verrues de la main (Bruggink 2010).
- Associer l’acide et le froid fait un peu mieux que l’acide seul (Cochrane 2012) — c’est pourquoi nous les combinons souvent.
- Le type de virus compte : certaines verrues plantaires guérissent très bien, d’autres résistent à tout (Bruggink 2013).
- L’ionophorèse au salicylate n’a été évaluée que dans une petite étude : la surface des verrues a diminué chez 15 patients sur 19 (Soroko 2002). Un niveau de preuve faible, mais un traitement peu douloureux pour les grandes surfaces.
- Sans traitement, chez l’enfant, la moitié des verrues disparaissent en un an (Bruggink 2013, 1 099 enfants) — d’où la place légitime d’une simple surveillance quand la verrue ne gêne pas.
Limiter la transmission, à soi et aux autres
Le virus aime les sols humides et la peau ramollie. Quelques réflexes simples réduisent nettement le risque :
Portez des sandales dans les piscines, vestiaires et douches collectives ; séchez bien vos pieds, surtout entre les orteils ; ne partagez pas serviettes, chaussettes ni chaussures ; évitez de toucher la verrue puis une autre zone de peau. À la maison, couvrir la verrue pendant les activités pieds nus limite la transmission aux proches. Une hyperhidrose (transpiration excessive) favorise les verrues : la traiter aide aussi à la prévention.
Ce que les patients demandent
Verrue plantaire ou cor : comment faire la différence ?
Un point noir sous le pied qui fait mal : est-ce une verrue ?
Combien coûte le traitement d’une verrue plantaire ?
Peut-on traiter une verrue plantaire soi-même ?
La verrue plantaire est-elle contagieuse ?
Pourquoi plusieurs séances, et pourquoi ça récidive ?
Faut-il obligatoirement traiter une verrue ?
Le traitement des verrues est-il remboursé ?
Pathologies et traitements liés
- Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev, 2012;(9):CD001781. PubMed
- Cockayne S, et al. Cryotherapy versus salicylic acid for the treatment of plantar warts (verrucae): a randomised controlled trial. BMJ, 2011;342:d3271. PubMed
- Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care: randomized controlled trial. CMAJ, 2010;182(15):1624-1630. PubMed
- Bruggink SC, et al. HPV type in plantar warts influences natural course and treatment response. J Clin Virol, 2013;57(3):227-232. PubMed
- Bruggink SC, et al. Natural course of cutaneous warts among primary schoolchildren: a prospective cohort study. Ann Fam Med, 2013;11(5):437-441. PubMed
- Massing AM, Epstein WL. Natural history of warts: a two-year study. Arch Dermatol, 1963;87:306-310. PubMed
- Soroko YT, et al. Treatment of plantar verrucae using 2% sodium salicylate iontophoresis. Phys Ther, 2002;82(12):1184-1191. PubMed
- Soon SL, et al. Acral lentiginous melanoma mimicking benign disease: the Emory experience. J Am Acad Dermatol, 2003;48(2):183-188. PubMed
Un doute sur une lésion du pied ?
Mieux vaut faire confirmer le diagnostic tôt que de traiter à l’aveugle. Examen et soins au Cabinet Olagnier, à Bron — sans ordonnance préalable.
ou au 04 72 37 17 31
Cette page est fournie à titre d’information et ne remplace pas une consultation. Toute lésion du pied qui saigne, change d’aspect, ne guérit pas ou survient chez une personne diabétique ou immunodéprimée doit être examinée sans tarder.