Tendinopathie
Tibiale Postérieure
Une douleur persistante à l’intérieur de la cheville qui peut, si elle n’est pas prise en charge, conduire à un affaissement progressif de la voûte plantaire. Le diagnostic précoce change tout.
Prendre rendez-vous →Qu’est-ce que le tendon tibial postérieur ?
Le tendon tibial postérieur (TTP) est l’un des principaux stabilisateurs de la voûte plantaire. Il part du muscle tibial postérieur (face postérieure du tibia et du péroné), longe la face interne de la cheville en passant derrière la malléole interne, et vient s’insérer sur l’os naviculaire et les cunéiformes.
Son rôle est double : il soutient activement l’arche médiale du pied et permet l’inversion (rotation interne) du pied lors de la marche. Quand il dysfonctionne, l’arche s’effondre progressivement — c’est l’origine du pied plat acquis de l’adulte.
La tendinopathie tibiale postérieure désigne un processus dégénératif du tendon, souvent précédé d’une ténosynovite (inflammation de la gaine), qui évolue en 4 stades selon la classification de Johnson & Strom (1989, révisée par Myerson).
Schéma du trajet du tendon tibial postérieur (vue médiale)
Les 4 stades de Johnson & Strom
Cette classification clinique guide le choix du traitement. Plus le stade est avancé, moins la prise en charge conservatrice est efficace et plus un avis chirurgical s’impose.
Ténosynovite
Tendon encore intact, douleur péri-malléolaire interne. Montée sur pointe de pied possible (douloureuse). Traitement conservateur très efficace.
Élongation
Tendon allongé et affaibli. Pied plat souple (corrigible). Montée sur pointe difficile ou impossible. Déformation progressive. Traitement conservateur souvent suffisant.
Rupture partielle
Pied plat rigide (non corrigible). Douleurs aussi à l’extérieur de la cheville (conflit sous-fibulaire). Chirurgie souvent nécessaire.
Atteinte articulaire
Arthrose de la cheville associée. Valgus talo-crural. Stade Myerson. Chirurgie incontournable (arthrodèse).
Reconnaître une TTP
La tendinopathie tibiale postérieure s’installe souvent insidieusement. Les patients consultent fréquemment trop tard, quand le pied plat est déjà installé.
Test de la montée sur pointe unipodal — le test essentiel
Simple, reproductible et très révélateur de l’intégrité du tendon tibial postérieur.
- Patient debout, face à un mur (pour l’équilibre). Pied sain légèrement en flexion.
- Montée sur la pointe du pied atteint uniquement, talon décollé au maximum.
- Un tendon sain permet 5 montées complètes sans douleur, avec inversion du talon en phase haute.
- Résultat positif : montée impossible, ou talon qui ne part pas en inversion (reste en valgus). → Consulter.
Qui est concerné ?
La TTP touche surtout les femmes de plus de 40 ans, mais peut survenir chez tout sportif ou travailleur en station debout prolongée. Plusieurs facteurs fragilisent le tendon.
Ne pas attendre : la TTP est une pathologie évolutive
Contrairement à d’autres tendons, le tibial postérieur se répare difficilement une fois dégénéré. Un diagnostic au stade I ou II permet un traitement conservateur efficace. Au stade III-IV, la chirurgie devient souvent inévitable. Si vous ressentez une douleur persistante à l’intérieur de la cheville, consultez rapidement.
Le rôle des semelles orthopédiques
La podologie est au cœur du traitement conservateur de la TTP aux stades I et II. L’objectif est double : soulager le tendon en phase aiguë, puis contrôler la déformation à long terme.
Bilan podologique complet
Analyse de la marche en baropodométrie, mesure du valgus calcanéen, test de Jack (évaluation de l’intégrité du mécanisme de Windlass), bilan de l’inversion active. Permet de graduer la déformation et d’orienter la prise en charge.
Semelles orthopédiques sur mesure
Coin supinateur sous le talus et le calcanéum pour réduire le valgus. Soutien de l’arche médiale (sustentaculum tali). Décharge de la zone d’insertion naviculaire si nécessaire. Matériau adapté au niveau d’activité (semi-rigide pour le sport, mousse viscoélastique pour station debout).
Orthèse de cheville (si stade II)
En complément des semelles, une orthèse de cheville (type « Arizona » ou attelle de nuit) peut être prescrite pour limiter l’affaissement en charge et favoriser la cicatrisation tendineuse. Discussion avec le médecin prescripteur.
Conseils chaussage
Abandon des chaussures plates, des ballerines et des tongs. Chaussures avec un talon de 15-25 mm pour détendre le tendon, contrefort rigide pour limiter le valgus du talon. Éviction des chaussures de sport à drop zéro durant la phase aiguë.
Suivi et adaptation
Contrôle à 6 semaines pour évaluer l’évolution clinique et ajuster les orthèses si besoin. Coordination avec le kinésithérapeute pour le renforcement excentrique du tibial postérieur (protocole Alfredson adapté).
Ce que les patients demandent
Consulter avant que la déformation s’installe
Une prise en charge podologique précoce aux stades I-II permet d’éviter la chirurgie dans la grande majorité des cas. Cabinet Olagnier à Bron, près de Lyon.
Cabinet Olagnier · Podologue-pédicure · 69 Bron (Lyon) · 04 72 37 17 31