Bursite intermétatarso-phalangienne Lyon Bron — Podologue
④ Médio-pied · Bourse séreuse MTP

Bursite
intermétatarso-phalangienne

Inflammation de la bourse séreuse située à la jonction entre la tête métatarsienne et la base de la phalange proximale. Souvent confondue avec le syndrome de Morton, elle s’en distingue à l’échographie — et peut nécessiter une prise en charge rhumatologique en cas de polyarthrite sous-jacente.

2e–3e
Espaces les plus touchés
(jonction MTP)
Écho
Examen de référence
(hernie liquidienne dorsale)
PR
À évoquer systématiquement
si bilatéral et multiple
Anatomie

Une bourse séreuse à la jonction tête métatarsienne / phalange

Coupe — espace interdigital MTP M3 M4 Bourse enflammée Hernie dorsale Dorsal Nerf Plantaire ↓ Bourse enflammée Hernie dorsale (signe écho) Nerf interdigital Lig. métatarsien transverse Cartilage articulaire

Coupe de l’espace interdigital — hernie dorsale de la bourse en flexion MTP

Entre chaque paire de têtes métatarsiennes et bases de phalanges proximales se trouve une bourse séreuse interdigitale — petite poche de liquide synovial qui réduit les frictions lors de la marche.

Sous l’effet d’une compression répétée ou d’une inflammation systémique, cette bourse peut s’enflammer et se distendre. Son contenu liquidien croissant cherche le chemin de moindre résistance : elle hernie vers le dorsal à travers le ligament métatarsien transverse profond — créant un gonflement visible et palpable sur le dos du pied en flexion des orteils.

C’est ce signe — la hernie dorsale visible à l’échographie lors de la flexion MTP — qui permet de distinguer formellement la bursite du névrome de Morton, son principal concurrent diagnostique.

Le nerf interdigital plantar chemine à proximité immédiate de la bourse. Dans les formes volumineuses, la distension de la bourse peut comprimer secondairement le nerf et provoquer des paresthésies mimant un Morton — d’où la confusion fréquente.

Diagnostic différentiel

Bursite MTP vs Syndrome de Morton — comment les distinguer ?

Ces deux pathologies occupent le même espace, touchent les mêmes patients, et peuvent coexister. L’échographie tranche dans la quasi-totalité des cas :

🔵 Bursite MTP 🟡 Syndrome de Morton
Nature Poche liquidienne (bourse distandue) Nodule fibreux solide (fibrose périneurale)
Échographie Image anéchogène (noire) — hernie dorsale en flexion MTP Nodule hypoéchogène (sombre mais solide) — pas de hernie
IRM Hypersignal T2 (liquide) Signal mixte T1/T2 (tissu fibreux)
Signe de Mulder Possible mais peu spécifique Click caractéristique — spécifique
Irradiation neurologique Si compression secondaire du nerf Fréquente (brûlure électrique, paresthésies)
Cause inflammatoire Fréquente (PR, goutte — à rechercher) Rarement inflammatoire — surtout mécanique
Traitement podologique Barre métatarsienne + décharge MTP Barre métatarsienne + décharge métatarsienne

🔊 L’échographie — examen clé pour trancher

Bursite MTP à l’écho

Collection liquidienne anéchogène (image noire) entre les têtes métatarsiennes. En demandant la flexion des orteils pendant l’examen, la bourse hernie vers le dorsal : c’est le signe du « champignon » — pathognomonique.

Morton à l’écho

Nodule hypoéchogène (sombre mais pas anéchogène — tissu solide). Pas de hernie dorsale en flexion. Signe de Mulder reproductible pendant l’examen. Taille mesurée en mm (seuil 5 mm).

Étiologies

Trois grandes causes à identifier dès le bilan

L’orientation étiologique conditionne la prise en charge — notamment pour ne pas manquer une maladie inflammatoire sous-jacente :

🦶

Mécanique / surcharge

Hyperpronation, pied creux, hallux valgus (surcharge du 2e rayon), inégalité des métatarses. Chaussures à bout étroit ou talon élevé concentrant les contraintes sur les têtes métatarsiennes. Activité sportive répétitive (course, danse, football).

🔬

Inflammatoire systémique

Polyarthrite rhumatoïde (cause majeure — la bursite MTP est l’une des premières manifestations podologiques de la PR). Spondylarthropathie. Goutte (dépôts d’urate intra-bursaux). Rhumatisme psoriasique.

Traumatique

Microtraumatismes répétés par choc direct sur l’avant-pied (arts martiaux, sports de contact). Contusion métatarsienne aiguë. Surcharge brutale lors d’une reprise sportive trop rapide.

⚠️

Bursite MTP bilatérale ou multiple — penser à la PR

Une bursite intermétatarso-phalangienne touchant plusieurs espaces simultanément, ou de façon bilatérale et symétrique, doit faire évoquer une polyarthrite rhumatoïde débutante. Un bilan biologique (CRP, VS, facteur rhumatoïde, anti-CCP) est nécessaire avant de conclure à une cause mécanique. Le podologue ne pose pas ce diagnostic mais en signale la suspicion au médecin traitant.

Tableau clinique

Comment se manifeste la bursite MTP ?

🔴 Douleur plantaire métatarsienne

À la face plantaire des têtes métatarsiennes 2-3 ou 3-4. Douleur sourde à type de pression, parfois brûlante. Aggravée par la station debout prolongée et le port de chaussures serrées.

🔵 Gonflement palpable en dorsal

La hernie dorsale de la bourse peut former un relief palpable — et parfois visible — sur le dos du pied entre deux métatarses, particulièrement en flexion des orteils.

⚡ Irradiation possible vers les orteils

Si la bourse distandue comprime le nerf interdigital, des paresthésies (fourmillements, engourdissements) peuvent irradier vers les deux orteils adjacents — mimant un Morton secondaire.

🌡️ Signes inflammatoires locaux

Chaleur locale, rougeur discrète et sensibilité accrue à la palpation dans les formes inflammatoires actives (PR, goutte). Les formes mécaniques pures sont souvent moins bruyantes à la palpation.

Rôle du podologue

Décharger l’articulation MTP, corriger la biomécanique

Quelle que soit la cause (mécanique ou inflammatoire), la décharge podologique de l’articulation métatarso-phalangienne réduit les contraintes sur la bourse et peut moduler l’intensité douloureuse.

📊 Bilan podologique

  • Baropodométrie dynamique : cartographie des pressions, identification de la surcharge métatarsienne
  • Analyse morphologique : hallux valgus, pied creux, hyperpronation contribuant à la surcharge
  • Évaluation de l’index métatarsien (formule du pied, longueur M1/M2)
  • Observation du chaussage actuel (largeur avant-pied, profondeur, talon)

🦶 Semelles sur mesure

  • Barre métatarsienne positionnée en amont des têtes MTP : reporte la charge en proximal, décharge la bourse
  • Correction de la pronation si hyperpronation associée (surcharge 2e rayon)
  • Creusement local de l’empreinte en regard de la bourse douloureuse
  • Conseil chaussage : avant-pied large, profondeur suffisante, talon ≤ 3 cm
Stratégie thérapeutique

La cascade de prise en charge

La démarche dépend de l’étiologie identifiée. En cause mécanique, le traitement conservateur suffit dans la majorité des cas. En cause inflammatoire, le traitement de fond systémique est indispensable en parallèle :

1

Semelles sur mesure + correction du chaussage

Barre métatarsienne calibrée sur baropodométrie. Éviction des chaussures à bout étroit et talons hauts. Correction des facteurs morphologiques contribuant à la surcharge (hallux valgus, pied creux, pronation). Traitement de première intention dans toutes les formes.

Première intention — toutes formes confondues
2

Infiltration de corticoïdes écho-guidée ± AINS

Injection dans la bourse sous guidage échographique par le médecin. Très efficace à court terme pour réduire la distension de la bourse. AINS per os en complément sur courte durée si forme inflammatoire aiguë. En cas de suspicion de PR ou goutte : bilan biologique avant infiltration.

Forme résistante ou symptômes intenses
3

Traitement de fond (si cause inflammatoire systémique)

En cas de polyarthrite rhumatoïde, goutte ou spondylarthropathie confirmée : traitement de fond spécifique par le rhumatologue (méthotrexate, biothérapie, uricosuriques…). Le suivi podologique reste indispensable en complément pour maintenir le confort à la marche et prévenir les déformations secondaires.

PR / goutte confirmée — avis rhumatologique requis
Questions fréquentes

Ce que les patients nous demandent

Cliniquement, les deux pathologies se ressemblent beaucoup. La distinction se fait à l’échographie : la bursite apparaît comme une poche noire (anéchogène, liquide), tandis que le névrome de Morton est un nodule sombre mais solide. À l’examen, si le podologue demande la flexion des orteils et qu’un gonflement apparaît sur le dos du pied entre deux métatarses — c’est très évocateur d’une bursite (hernie dorsale). Les deux pathologies peuvent aussi coexister.
Rarement. La bursite MTP répond en général bien au traitement conservateur (décharge podologique + infiltration si besoin). La chirurgie (bursectomie) n’est envisagée qu’en cas d’échec prolongé de tous les traitements conservateurs, et uniquement si la cause mécanique ou inflammatoire a été traitée de façon optimale. Dans les formes liées à une PR, le contrôle de la maladie systémique est prioritaire.
Une bursite bilatérale et symétrique, surtout si elle touche plusieurs espaces, doit faire rechercher une maladie inflammatoire systémique — en particulier une polyarthrite rhumatoïde débutante. Ce n’est pas forcément grave si pris en charge tôt, mais il est important de consulter votre médecin traitant pour un bilan rhumatologique (CRP, facteur rhumatoïde, anti-CCP). Un traitement précoce de la PR empêche les déformations articulaires à long terme.
Oui, en complément du traitement médical de fond. Même dans les formes inflammatoires, la décharge podologique peut moduler la douleur fonctionnelle et préserver la mobilité articulaire. Les semelles ne traitent pas la maladie systémique, mais elles réduisent la surcharge mécanique sur des articulations déjà fragilisées. Chez les patients atteints de PR, le suivi podologique régulier est recommandé pour adapter les orthèses à l’évolution de la maladie.

Douleur ou gonflement entre les métatarses ? Consultez le cabinet

Le bilan podologique évalue la surcharge métatarsienne et oriente vers l’imagerie appropriée. Une semelle sur mesure avec barre métatarsienne peut moduler significativement la douleur fonctionnelle.

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