Ostéochondroses chez l'enfant

Les ostéochondroses chez l'enfant

Qu'est ce que c'est ?

À la naissance les structures osseuses sont principalement constituées de cartilages, tissus mous qui vont progressivement être remplacés par de l’os dur. Ces remplacements se font sur des zones spécifiques au sein de chaque os appelées « noyaux d’ossifications » qui se propage avec la croissance à l’ensemble de l’os. Ce processus se fait à des âges osseux différents selon la localisation. Chaque os possède son propre rythme de croissance.

L’ostéochondrose correspond à une perturbation de la vascularisation de ce noyau d’ossification (nécrose). Celle-ci est causée par un stress mécanique généralement tendineux. En effet, nous pouvons résumer en disant que les tendons à cet âge étant plus solides de l’os et grandissant plus vite, un excès de sollicitation de ces tendons sur l’os viendra perturber sa vascularisation.

L’évolution est toujours bénigne bien qu’elle puisse exister pour certaines d’entres des complications a typé de déformations osseuses ou des tendinopathie chronique.

Les localisations sont variées. Nous avons détaillé ci-après les principales localisations rencontrées en podo-pédiatrie et podologie du sport chez l’enfant.

Symptomes

Les douleurs sont mécaniques, généralement  pendant ou après le sport. Si les sollicitations sont trop importantes et le repos insuffisant, les douleurs seront de plus en plus durables. Elles entraînent des boiteries antalgiques selon la localisation de l’atteinte. Dans de rares cas, les douleurs peuvent même être nocturne ou matinale mais seront toujours en relation avec l’effort de la veille.

Traitements

  • Le premier traitement consiste à un repos sportif relatif  à la douleur afin de passer sous le seuil de  douleur.
  • Des semelles orthopédiques peuvent soulager et traiter les dysfonctions mécaniques responsable d’un excès de sollicitation. En effet, tout excès de rotation interne (valgus ou valgum) va augmenter la contrainte tendineuse sur l’insertion
  • Les semelles sont particulièrement nécessaires dans la maladie de Sever puisqu’en plus de traiter les dysfonctions rotationnelles du membre inférieur, elles amortissent et soulagent la pose du talon au sol tout en stabilisant le pied, ce qui réduit le stress mécanique en regard.
  • La reprise du sport peut se faire après une période plus ou moins importante mais d’au moins 15 jours d’absence de douleur au quotidien
Maladie de Sever ou apophysite postérieur du calcanéus

Cette maladie d’évolution bénigne est un trouble de la croissance du noyau secondaire d’ossification du calcanéum. Cette ossification qui commence environ à 9 ans jusqu’à 15 ans est perturbée par un surmenage de l’os du calcanéus par le tendon d’Achille.

Le diagnostique est d’abord clinique (palpation) et peut se compléter d’une radiographie.

Causes et facteurs favorisants :

  • Sports multi-directionnels et à forte impulsion (tennis, foot, gymnastique…) 
  • Période de croissance où l’os grandit rapidement, ce qui augmente la traction musculaire sur l’os
  • Pieds creux ou valgus (hyper pronateur)
  • Surpoids

Traitements :

  • L’arrêt sportif est la première décision à prendre car plus il est précoce plus la reprise est rapide
  • Le port de semelles orthopédiques marche très bien. Elles amortissent les chocs et le contact, ce qui soulage le patient. Cela traite aussi l’instabilité vagissante du pied et limite l’excès de traction du mollet (gastrocnémiens) sur l’os
  • Étirements des gastrocnémiens (mollets)

La reprise de sport peut se faire avec des semelles orthopédiques adaptées et après une période de 15 jours minimum d’absence de douleur et d’étirements non douloureux. En cas de récidive, le même protocole est à répéter afin de reprendre une activité normale le plus rapidement possible.

Maladie de Kohler-Mouchet (os naviculaire)

La maladie de Kohler-Mouchet est une ostéochondrose atteignant l’os naviculaire, elle touche l’enfant entre 6 et 9 ans particulièrement chez les sportifs et hyperactifs avec prédominance masculine. Elle se manifeste par des douleurs de la face supérieure ou supéro-médiale du médio pied notamment lors d’activité sportive.

NB : une ostéochondrose est une anomalie du cartilage de croissance chez l’enfant se caractérisant par une interruption de la vascularisation (nécrose) du noyau d’ossification de l’os concerné.

Le diagnostic clinique est suffisant. Une radiographie peut être demandée sur laquelle nous retourverons une condensation de l’os avec un aplatissement et parfois une fragmentation dans les cas les plus extrêmes.

Causes :

Cette pathologie résulte d’un excès de traction excentrique du tibial antérieur sur un medio pied affaissé augmentant sa sollicitation. Mécaniquement, cet excès de sollicitation est donc en rapport avec :

  • Un pied plat et/ou valgus (hyper pronateur)
  • Une hypo-torsion tibial interne (pendant la croissance le tibia se tord vers l’extérieure, un retard de cette torsion force le pied en hyper pronation)
  • Toute insuffisance de la colonne interne (ou premier rayon) comme l’hyperlaxité est une cause d’excès valgisant qui entraînera une sollicitation supplémentaire du tibial antérieur

Traitements :

  • Le traitement consiste d’abord à un arrêt de l’activité sportive afin de soulager la contrainte musculaire
  • Des semelles orthopédiques permettront de contrôler l’excès de pronation du pied et de corriger les déséquilibres valgisants. Des chaussures à contrefort rigides et des chaussures résistantes à la torsion permettront de potentialiser le contrôle de la pronation des semelles et un retour rapide à l’activité sportive
Maladie de Freiberg (tête métatarsienne)

La maladie de Freiberg est une ostéochondrose (anomalie du cartilage causée par une interruption de sa vascularisation = nécrose aseptique) d’une tête métatarsienne.

Les rayons fixes (2ème, 3ème et 4ème têtes métatarsiennes) peuvent être concernés mais la 2ème tête est de loin la plus fréquente.

La cause est microtraumatique et donc mécanique.

Plusieurs facteurs mécaniques peuvent en être l’origine et ils devront être traités rapidement de manière orthopédique (semelles orthopédiques ou chirurgie) :

  • Métatarsien trop long
  • Surcharge métatarsienne par une mauvaise répartition des appuis plantaires
  • Tout déséquilibre du pied créant un hyper appui mécanique : pied plat ou creux, varus ou valgus (++)
  • Déformation de l’avant pied comme l’hallux valgus (surcharge de la 2ème tête), avant pied rond ou convexe et/ou triangulaire (hallux valgus + Quintus varus)

Le diagnostique est d’abord radiologique (aspect condensé et aplatie de la tête). Un IRM peut aussi être demandé en cas de doute.

Le traitement va dépendre du stade :

  • Au stade initial, le traitement consiste à mettre au repos la tête concernée par des semelles de décharge et de correction de l’hyper appui
  • Modification de la structure même de la tête à un stade plus avancé : le traitement sera d’abord chirurgical par résection-greffe de la zone nécrosée, voir une ostéotomie de Gauthier
Maladie d'Osgood-Schlatter (tuberosité tibiale antérieure)

La maladie d’Osgood-Schlatter appartient à la famille des ostéochondrite ou ostéochondrose. Ce groupe de maladie correspond à une interruption de la vascularisation du noyau d’ossification chez les enfants

La maladie d’Osgood-Schlatter se caractérise par une douleur située au niveau la tubérosité tibiale antérieure (partie supérieure du tibia). Elle apparaît entre 5 et 14 ans et est favorisée par un excès de traction musculaire sur cette zone en croissance.

Le traitement consiste d’abord à l’arrêt de l’activité sportive afin de soulager la contrainte mécanique. Le podologue, par l’intermédiaire des semelles, peut limiter une partie de contrainte mécanique notamment s’il existe un excès de rotation interne du membre inférieure.

L’hyperpronation du pied entraîne par exemple une rotation interne du tibia provoquant une traction excentrique du tendon sur son attache cartilagineuse.

Maladie de Sinding Larsen Johansson (appex de la rotule)

La maladie de Sinding Larsen-Johansson appartient à la famille des ostéochondrite ou ostéochondrose. Ce groupe de maladie correspond à une interruption de la vascularisation du noyau d’ossification chez les enfants.

Elle se caractérise par une douleur située au niveau de l’appex (partie basse) de la rotule. Elle apparaît entre 5 et 14 ans et est favorisée par un excès de traction musculaire sur cette zone en croissance.

Le traitement consiste d’abord à l’arrêt de l’activité sportive afin de soulager la contrainte mécanique. Le podologue, par l’intermédiaire des semelles, peut limiter une partie de contrainte mécanique notamment s’il existe un excès de rotation interne du membre inférieure.

L’hyperpronation du pied entraîne par exemple une rotation interne du tibia provoquant une traction excentrique du tendon sur son attache cartilagineuse.

Semelles orthopédiques pour le sport

Ostéochondroses chez l'enfant — questions fréquentes des parents

Votre enfant souffre du talon, du genou ou du pied pendant les entraînements ? Un médecin a évoqué une ostéochondrose ? Cette section répond aux questions les plus fréquentes des parents, avec un souci de clarté et d'exactitude médicale.

Les ostéochondroses sont des pathologies bénignes liées à la croissance. Leur prise en charge vise avant tout à soulager la douleur et à permettre le maintien d'une activité physique adaptée dans l'attente de la maturation osseuse.

Maladie de Sever Osgood-Schlatter Maladie de Köhler Maladie de Freiberg Podologue pédiatrique · Bron-Lyon

Les ostéochondroses surviennent lorsque les contraintes mécaniques répétées (sauts, course, charge) dépassent la capacité de tolérance des cartilages de croissance, encore immatures chez l'enfant en pleine puberté. Ce n'est ni une fracture, ni une arthrite — c'est une souffrance transitoire d'une zone de croissance osseuse, liée à un déséquilibre entre charge et capacité de régénération du tissu en croissance.

Le rôle du podologue est d'intervenir sur la composante mécanique de cette surcharge, en réduisant les contraintes exercées sur la zone douloureuse pendant la phase symptomatique, sans prétendre modifier la biologie de la croissance elle-même.

Questions des parents — sport, gravité, durée
Mon enfant a la maladie de Sever : doit-il arrêter le sport ?
L'arrêt complet du sport n'est pas la règle de première intention dans la maladie de Sever, ni dans la plupart des ostéochondroses. L'objectif est d'adapter la charge d'activité à la tolérance de l'enfant : réduire temporairement le volume ou l'intensité d'entraînement, éviter les surfaces dures ou les sauts répétitifs pendant les phases aiguës.

Le maintien d'une activité tolérée est généralement préféré à l'immobilisation, qui peut engendrer une déconditionnement musculaire et rendre la reprise plus difficile. L'arrêt total n'est envisagé que si la douleur est trop importante pour pratiquer sans boiter ni compenser — ce qui est à évaluer au cas par cas avec le médecin et le podologue.

La décision de reprise ou d'arrêt du sport se prend conjointement avec l'enfant, ses parents, le podologue et le médecin suivi — en tenant compte de la douleur, du contexte sportif et de l'importance de l'activité physique pour l'enfant.
La maladie de Sever est-elle grave ? Va-t-elle laisser des séquelles ?
La maladie de Sever est une pathologie bénigne dont l'évolution est spontanément favorable. Elle disparaît naturellement à la fin de la croissance, lorsque le cartilage de croissance calcanéen se ferme — généralement entre 12 et 15 ans. Elle ne laisse aucune séquelle articulaire ni osseuse.

C'est une pathologie liée à la croissance rapide et à la surcharge mécanique, pas à une lésion irréversible. Rassurer l'enfant et les parents sur ce pronostic favorable fait partie intégrante de la prise en charge.

Mon enfant peut-il continuer le football, la course, la danse ?
Dans la plupart des cas, oui — avec adaptation. L'objectif est de trouver le niveau d'activité que l'enfant supporte sans douleur significative pendant et surtout après l'effort. Des aménagements simples permettent souvent de maintenir la pratique :
Réduire le volume hebdomadaire Éviter les sauts répétitifs en phase aiguë Privilégier les surfaces souples Adapter les chaussures
L'activité physique reste bénéfique pour l'enfant en croissance — son maintien, même partiel, est un objectif en soi.
Combien de temps dure la maladie de Sever ou Osgood-Schlatter ?
La durée est très variable d'un enfant à l'autre. Dans la maladie de Sever, les symptômes durent de quelques semaines à plusieurs mois, avec des phases de recrudescence lors des périodes de croissance rapide ou d'intensification sportive. Osgood-Schlatter peut persister jusqu'à la fin de la puberté.

Dans les deux cas, la guérison complète est la règle à l'issue de la croissance. En l'absence de prise en charge adaptée, les douleurs peuvent récidiver à chaque poussée de croissance. C'est pourquoi un suivi régulier est recommandé pendant les phases symptomatiques.

Diagnostic et différences entre pathologies
Quelle est la différence entre Sever, Osgood-Schlatter, Köhler et Freiberg ?
Ce sont toutes des ostéochondroses — des pathologies de croissance touchant les zones de croissance osseuse — mais à des localisations et des âges différents :
Pathologie Localisation Âge typique
Maladie de Sever Apophyse postérieure du calcanéus (talon) 8–13 ans
Osgood-Schlatter Tubérosité tibiale antérieure (sous la rotule) 10–15 ans
Maladie de Köhler Os naviculaire / scaphoïde tarsien (pied) 3–10 ans
Maladie de Freiberg Tête du 2e métatarse (avant-pied) 10–18 ans

Chacune a sa présentation clinique propre et nécessite un diagnostic précis. Le podologue participe à l'identification clinique et oriente vers le médecin pour confirmation.

Faut-il faire une radio ou une IRM pour confirmer le diagnostic ?
Le diagnostic des ostéochondroses les plus fréquentes (Sever, Osgood-Schlatter) est essentiellement clinique. La radiographie peut être réalisée pour éliminer un autre diagnostic — fracture de stress, tumeur osseuse — ou pour visualiser des modifications apophysaires, mais elle n'est pas systématique.

L'IRM est réservée aux formes atypiques ou aux diagnostics différentiels difficiles. C'est le médecin (pédiatre, médecin du sport ou généraliste) qui juge de la pertinence de l'imagerie au cas par cas, en fonction du tableau clinique.

Si votre enfant présente une douleur nocturne intense, une tuméfaction chaude et importante, ou une fièvre associée, consultez rapidement un médecin — ces signes peuvent indiquer une autre pathologie nécessitant une investigation urgente.
Le podologue peut-il poser le diagnostic d'ostéochondrose ?
Le podologue réalise un examen clinique complet et poser un diagnostic tout comme votre medecin Nous pourrons également vous orienter et conseiller sur les bon gestes, étirement, modification de la charge d'entrainement et proposer des semelles si nécessaire. .

Traitement podologique — ce que la semelle peut et ne peut pas faire
À quoi servent les semelles orthopédiques dans une ostéochondrose ?
Les semelles ne traitent pas l'ostéochondrose au sens biologique — elles ne modifient pas la maturation du cartilage de croissance. Leur rôle est de réduire la contrainte mécanique sur la zone douloureuse pendant la phase symptomatique.

Dans la maladie de Sever, une talonnette amortissante diminue l'impact lors de la phase de contact au sol et réduit la traction du tendon d'Achille sur l'apophyse calcanéenne. Dans Osgood-Schlatter, une orthèse peut contribuer à réduire les contraintes transmises à la tubérosité tibiale. Il s'agit donc d'un traitement symptomatique, temporaire et complémentaire, permettant à l'enfant de maintenir une activité tolérable dans l'attente de la maturation osseuse.

La semelle sur mesure est adaptée à la morphologie et à la croissance de l'enfant. Un suivi régulier est nécessaire pour ajuster l'orthèse aux poussées de croissance.
Les étirements sont-ils recommandés pendant une ostéochondrose ?
La question est nuancée. Dans la maladie de Sever, la raideur du triceps sural (mollet et tendon d'Achille) est souvent associée et constitue un facteur aggravant documenté : elle augmente la traction sur l'apophyse calcanéenne. Un travail d'assouplissement progressif et doux peut être bénéfique — à distance de la phase aiguë douloureuse, et réalisé sans forcer.

En revanche, des étirements intenses ou forcés pendant une phase très douloureuse peuvent aggraver les symptômes. La kinésithérapie peut être précieuse pour guider ce travail de façon adaptée à l'âge et au stade de la pathologie.

La règle simple : si l'étirement provoque une douleur sur la zone symptomatique, il ne doit pas être réalisé ou doit être allégé.

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Le cabinet Olagnier, situé 8 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny à Bron, à 10 minutes de Lyon, Lyon 8, Saint-Priest et Chassieu, assure le suivi podologique des ostéochondroses chez l'enfant : maladie de Sever, Osgood-Schlatter, Köhler et Freiberg.

Nos 6 pédicures-podologues conventionnés, diplômés d'État, évaluent la composante mécanique et proposent des semelles orthopédiques pédiatriques sur mesure, adaptées à la croissance, en coordination avec le médecin traitant, le pédiatre ou le médecin du sport. Consultations sur rendez-vous au 04 72 37 17 31.